Comment Enregistrer une Guitare Electrique ?

Vous êtes guitariste, vous souhaitez enregistrer votre guitare électrique mais vous n’êtes pas sûr(e) de la procédure à suivre ?

Tout va bien — vous êtes tombé(e) sur le bon article ! 🙂

En effet, j’ai compilé sur cette page un maximum d’informations pour vous expliquer comment enregistrer votre guitare électrique sur PC ou Mac, que vous possédiez déjà un home studio ou bien que vous soyez sur le point de débuter cette aventure.

Un microphone enregistrant un ampli de guitare électrique

De même, peu importe que vous souhaitiez simplement enregistrer quelques riffs « pour le fun » ou pour vous entraîner, enregistrer vos compositions ou encore produire une démo complète pour votre groupe : toutes les principales techniques d’enregistrement de guitare électrique sont regroupées dans cet article.

Parce que, bien sûr, il ne suffit pas de brancher sa guitare sur son PC pour pouvoir l’enregistrer… 😉

Plus concrètement, voici les différents points que nous allons aborder ensemble :

  1. Les bases de l’enregistrement de guitare électrique
  2. Méthode n°1 : Repiquer un ampli guitare
  3. Méthode n°2 : Enregistrer une guitare sans ampli
  4. Méthode n°3 : La méthode idéale
  5. Méthode n°4 : Utiliser un enregistreur portable
  6. FAQ de l’enregistrement de guitare électrique

Les bases de l’enregistrement de guitare électrique

Enregistrer une guitare, ce n’est pas si différent que ça de l’enregistrement de voix, si vous êtes familier(-ère) avec l’univers du home studio.

Si c’est le cas, vous pouvez peut-être sauter cette partie, qui est surtout dédiée aux plus débutants.

Si par contre vous n’avez jamais enregistré quoi que ce soit ou que vous n’êtes pas sûr(e) de bien maîtriser les bases, voici un premier chapitre qui devrait vous éclairer suffisamment pour comprendre la suite.

Capter un signal

Il existe un certain nombre de méthodes différentes pour enregistrer une guitare électrique, mais globalement toutes sont basées sur les mêmes concepts.

Tout d’abord, il y a la notion de signal source : c’est le signal que l’on souhaite enregistrer. Le signal brut.

Pour la guitare électrique, il y a deux types de signal source possible :

  • le signal émanant des micros de la guitare en elle-même — à savoir un signal électrique mesurable en millivolts (mV) ;
  • le signal émanant de l’ampli guitare — à savoir une onde sonore dont on peut mesurer l’intensité en décibels (dB).

De plus, peu importe la façon dont vous enregistrerez votre guitare : vous allez toujours utiliser un système de captation.

Typiquement, un microphone qui va vous permettre d’enregistrer un son.

Le rôle de l’interface audio

Une fois que votre signal est capté, il va par contre falloir l’enregistrer, par exemple sur votre PC ou sur votre Mac.

Pour cela, impossible d’espérer avoir une bonne qualité en se branchant sur la prise micro jack de 3.5mm de votre ordinateur : il vous faut un matériel dédié à une utilisation home studio.

Ce matériel, c’est ce que l’on appelle une interface audio.

Une interface de bonne qualité couramment utilisée par les débutants, la Scarlett 2i2 de Focusrite

En gros, une sorte de carte son que l’on branche souvent en USB et qui va, en quelque sorte, faire le lien entre le monde physique et le monde numérique.

Pour débuter, une simple Focusrite Scarlett 2i2 (cf. photo ci-dessous) peut largement suffire.

Pour en savoir plus sur le sujet, rendez-vous sur mon article dédié aux interfaces.

Quel logiciel utiliser pour enregistrer ma guitare ?

Bien entendu, que vous soyez sur PC, sur Mac, ou encore sur tablette, il va vous falloir un logiciel pour traiter et gérer les pistes que vous aurez enregistrées.

Pour une édition vraiment basique de vos prises de son, vous pouvez utiliser un outil gratuit.

Ainsi, sur Windows, un outil comme Audacity peut remplir ce rôle.

Sur Mac, vous pouvez également décider d’enregistrer votre guitare électrique sur Garage Band — qui est basique mais très bien pour débuter.

Enregistrement de guitare électrique sur Studio One, un DAW professionnel.
Par exemple, voici le DAW Studio One de la marque PreSonus

Ceci dit, dans la plupart des home studios (et bien sûr dans les studios professionnels), on utilise plutôt un logiciel d’enregistrement que l’on appelle DAW (Digital Audio Workstation), STAN (STation Audio-Numérique) ou encore séquenceur.

A partir du moment où vous souhaitez vous enregistrer un minimum sérieusement, vous aurez absolument besoin d’avoir un tel outil.

N’hésitez pas à consulter mes recommandations sur les DAW pour en savoir plus.

Méthode n°1 : Repiquer un ampli guitare

La première technique pour enregistrer votre guitare électrique est sans doute la plus évidente, puisqu’elle consiste simplement à enregistrer le son qui sort de l’ampli.

Branchement

Enregistrement d'une guitare électrique en utilisant un ampli guitare

Dans ce scénario, le branchement à faire est assez logique :

  1. vous branchez votre guitare sur votre ampli et vous jouez ;
  2. un (ou plusieurs) microphone(s) capte(nt) le son qui est émis par l’ampli ;
  3. Le son capté est préamplifié au niveau de l’interface puis envoyé vers votre ordinateur (en passant par le convertisseur intégré).

Bien entendu, si la qualité de vos enregistrements dépend de nombreux facteurs, elle va avant tout dépendre de la qualité de l’ampli et du microphone.

Si votre ampli est un petit 10 watts d’entraînement, vous n’aurez nécessairement pas le son d’un gros ampli à lampes Marshall avec son baffle 4×12.

Astuce : Ceci dit, en (home) studio et contrairement à un enregistrement live, le meilleur ampli n’est pas toujours le plus gros.

Comment placer le microphone ?

Lorsque vous enregistrez un ampli guitare en le repiquant avec un micro, la position du microphone est cruciale.

Oui, cruciale.

Quelques millimètres peuvent vous faire passer d’un son parfait à un son médiocre.

Bien souvent, la position de base va consister à placer le microphone au plus près de la grille du baffle ou de votre ampli combo.

Plus le microphone est près de la grille, moins vous capterez l’ambiance et la réverbération naturelle de la pièce. Et inversement.

Astuce : Si l’acoustique de votre pièce n’est pas terrible, mieux vaut positionner votre microphone au plus proche de l’ampli et ajouter une légère réverbe durant le mixage.

Au-delà de la distance micro-baffle, il est absolument essentiel de bien positionner le micro en termes de distance par rapport au cône du haut-parleur :

  • si vous le placez pile au centre du HP, le son sera brillant et agressif. Rarement une bonne idée ;
  • mais plus vous l’éloignerez latéralement en allant vers le bord du HP, plus le son sera sombre, au profit de basses bien plus détaillées.

Enfin, l’angle du microphone joue également sur la texture. N’hésitez pas à faire varier celui-ci.

Quel microphone choisir pour repiquer un ampli ?

De nombreux microphones permettent de repiquer un ampli guitare, mais ils ont tous un son différent.

Bien choisir le micro avec lequel vous allez travailler est donc tout aussi important que la façon dont vous allez le positionner.

Mon guide des microphones pour ampli guitare devrait sans doute vous guider pour faire ce choix.

Cependant, pour moi le modèle incontournable est le célèbre SM57 de chez Shure, qui est juste LA référence pour tout ce qui est ampli guitare.

Microphone SM57 enregistrant un ampli
Un SM57 en train de repiquer un ampli guitare

N’hésitez pas cependant à le coupler à un second microphone.

En effet, il est souvent intéressant d’additionner le son de deux micros dont on ajustera la balance durant le mixage.

On peut ainsi imaginer, par exemple :

  • avoir deux micros (deux SM57 ou non) proches du haut-parleur, mais l’un positionné au bord du cône tandis que l’autre est plus central ;
  • avoir un SM57 collé à la grille, et un microphone statique plus éloigné qui capterait l’ambiance de la pièce.

Avantages et inconvénients de cette méthode

Le gros avantage de cette technique d’enregistrement d’ampli guitare, c’est le son.

Puisque vous repiquez le son de votre ampli directement, il n’y a aucun simulation numérique qui pourrait nuire au réalisme.

C’est peut-être aussi la technique la plus logique : vous avez déjà votre ampli, vous prenez un micro et une interface, et voilà vous pouvez enregistrer.

Par contre, il y a de nombreux inconvénients à travailler comme cela.

Tout d’abord, une fois que la prise de son de votre guitare est effectuée, vous ne pouvez plus y toucher.

Alors certes, vous pouvez ajouter des effets durant le mixage, comme des égaliseurs, mais en soi la piste brute n’est pas modifiable — sauf à tout réenregistrer.

Autrement dit, si vous avez utilisé le mauvais réglage sur votre ampli ou mal positionné le microphone, eh bien c’est trop tard ! 🙁

Deuxième inconvénient de cette méthode, c’est que les conditions en home studio ne sont pas toujours parfaites, et que ça peut donc nuire à vos enregistrements.

Typiquement, l’acoustique de la pièce va influencer le son capté par votre microphone.

Et puis, si vous êtes en appartement, vous ne pourrez probablement pas pousser votre ampli à fond, ce qui peut être un vrai problème pour l’enregistrement de guitare metal.

Méthode n°2 : Enregistrer une guitare sans ampli

Une autre option pour enregistrer votre guitare électrique, c’est de ne pas utiliser d’ampli mais d’employer à la place des simulations d’ampli.

De par sa facilité de mise en place, cette technique est très prisée en home studio (ou par les guitaristes souhaitant s’enregistrer de façon simple).

C’est également une bonne idée si vous êtes en appartement, et que vous voulez enregistrer votre guitare sans déranger les voisins…

En termes de branchement, il existe deux scenarii possibles qui sont relativement équivalents :

Branchement (cas de base)

Enregistrement d'une guitare électrique sans ampli (via une interface)

Le schéma ci-dessus présente le cas le plus simple, qui est également le plus couramment utilisé dans les home studios :

  1. la guitare est branchée directement via un câble jack mono sur une entrée instrument (Hi-Z ou haute impédance) de l’interface audio
  2. le signal brut de la guitare est alors préamplifié puis converti au format numérique pour être enregistré sur le PC.

Branchement (autre option)

Maintenant, il existe une deuxième option assez similaire qui consiste à utiliser ce qu’on appelle un boîtier de direct ou plus vulgairement « une DI », et qui est représenté sur le schéma ci-dessous :

Enregistrement d'une guitare électrique sans ampli (via une DI Box dédiée)

Du coup, à quoi est-ce que ça sert et quelle est la différence avec le scénario juste au-dessus ?

Eh bien, le fait est que lorsque vous branchez votre guitare sur une entrée instrument de votre interface, le signal passe par un circuit électrique permettant notamment de corriger l’impédance et équivalent à une DI, puis par un préampli.

Lorsque vous branchez votre guitare d’abord dans une DI et que vous reliez celle-ci à un préampli, cela revient donc à ne pas utiliser le circuit DI intégré à votre interface audio.

Au final, les deux branchements sont globalement équivalents, si ce n’est que le fait d’utiliser un boîtier de DI externe permet souvent d’avoir un son un peu meilleur que si vous vous branchiez directement sur la DI intégrée à votre interface.

Du moins, c’est surtout vrai pour les interfaces entrée de gamme.

Et puis, la DI offre aussi quelques options supplémentaires dont nous reparlerons un peu plus loin dans l’article…

Simulations d’ampli et de baffles

Que vous utilisiez le premier ou le second schéma de branchement, vous obtiendrez un son complètement brut, sans effet, qui ne sera pas totalement exploitable.

Ca ressemblera à quelque chose comme ça :

Ce n’est pas terrible et c’est normal, puisqu’il s’agit juste du signal émis par la guitare. Et celui-ci n’est passé ni par un ampli, ni par un baffle.

Heureusement, comme le signal est enregistré sur un ordinateur, vous avez accès à toutes sortes de plugins que vous allez pouvoir charger dans votre DAW et qui vont, justement, simuler les amplis et les baffles.

Pour ce qui est des amplis, il existe un certain nombre de simulations gratuites, mais je vous recommande également de jeter un œil sur les simulations payantes, pour lesquelles voici quelques recommandations :

  • toutes les simulations de chez Mercuriall Audio, qui sont juste excellentes ;
  • toutes les simulations de chez Neural DSP (plutôt orientées gros son) ;
  • Amplitube de chez IK Multimedia ;
  • Bias FX de chez Positive Grid

(et non, je ne recommande pas vraiment Guitar Rig de Native Instruments : certaines simulations sont correctes mais il y a beaucoup mieux sur le marché.)

Bien entendu, comme « dans la vraie vie », il faut par contre y adjoindre une simulation de baffle.

Cette fois-ci, la technologie est assez différente : si les simulations d’amplis sont surtout basées sur des algorithmes, les simulations de baffles se basent le plus souvent sur des « Impulse Responses ». Ces Impulse Responses ou IR sont en fait des sortes d’enregistrements des propriétés sonores de baffles.

Sur le principe, pour simuler un baffle, il vous faut donc :

  • une IR ;
  • un plugin (loader) pour charger cette IR.

A noter que, parfois, les deux sont regroupés au sein d’un même plugin.

Pour plus d’informations sur le sujet, rendez-vous sur cet article.

Au final, si l’on reprend notre exemple audio un peu plus haut et qu’on lui ajoute une simulation d’ampli et de baffle (en l’occurence Euphoria de Mercuriall), on peut par exemple obtenir quelque chose comme ça :

Quelle DI utiliser

La Radial JDI, une des DI les plus connues

Si vous débutez dans l’enregistrement de guitare électrique sans ampli, je vous recommande de brancher directement votre instrument dans l’entrée adéquate de votre interface audio.

Toutefois, si vous souhaitez investir dans une DI dédiée, je vous recommande les modèles de chez Radial — certes un peu plus chers que ceux de la concurrence, mais très qualitatifs.

Mon guide sur les boîtiers de direct vous donnera toutes les infos nécessaires pour choisir votre DI.

Avantages et inconvénients de cette méthode

Il y a deux gros avantages à enregistrer sans ampli sa guitare.

Le premier, c’est la simplicité d’enregistrement. Il suffit de brancher la guitare et de cliquer sur « enregistrer ».

Difficile de faire plus simple : pas besoin de se prendre la tête avec le positionnement du micro ou avec les réglages de l’ampli.

Après, le coût du dispositif est beaucoup plus faible : pas besoin d’ampli, pas besoin de microphone, pas besoin de pied de micro : il suffit de se procurer l’interface audio, qui dans tous les cas sera indispensable — peu importe la méthode d’enregistrement que vous choisissez.

En contrepartie de tout ça, il y a quand même un inconvénient : même si les simulations d’ampli sont aujourd’hui excellentes, on peut entendre des différences avec le son d’un vrai ampli.

Dans un mix, cette différence ne sera pas toujours détectable, mais les simulations pourront être reconnaissables par exemple sur des morceaux où votre jeu sera particulièrement expressif.

En effet, la réaction des amplis par rapport aux variations dynamiques fait partie des choses les plus complexes à modéliser.

Heureusement, lors du mixage, certaines techniques permettront de pallier ce problème en améliorant le son de ces simulations.

Méthode n°3 : La méthode idéale

Au-delà des deux premières stratégies de branchement présentées précédemment, il existe une approche permettant d’enregistrer de façon optimale la guitare électrique, et qui est basée à nouveau sur l’utilisation d’une DI.

Que vous travailliez en contexte studio ou home studio, cette approche me semble être la meilleure car la plus flexible, bien que les deux premières soient tout à fait valables et je dirais même : éprouvées.

Branchement

Tout à l’heure, nous avons parlé des DI ou boîtiers de direct comme des outils permettant d’enregistrer le signal brut de la guitare.

Bon.

Le fait est que les DI ont en réalité deux sorties :

  • une sortie est dédiée à être branchée sur un préampli micro (comme ceux intégrés aux interfaces)
  • et une autre sortie, souvent nommée THRU, qui permet d’envoyer le signal de la guitare vers un ampli. Comme si on branchait directement la guitare sur l’ampli.

Cela veut dire que vous pouvez enregistrer le signal brut de votre guitare directement via votre interface audio, et en même temps enregistrer le son qui sort de l’ampli via un microphone.

Enregistrement d'une guitare électrique à la fois avec une DI Box et en repiquant un ampli

Ce type de branchement vous donne donc la possibilité de profiter aussi bien des avantages de la méthode n°1 que de ceux de la méthode n°2 détaillés au-dessus.

Typiquement, dans ce genre de situation, il est courant d’utiliser par défaut le signal de l’ampli — et si jamais celui-ci n’est pas bon, il reste toujours le signal brut en secours pour une utilisation avec une simulation d’ampli, ou bien avec la technique que l’on va voir tout de suite…

La technique du reamping

A partir du moment où vous avez un enregistrement brut du signal d’une guitare électrique, vous pouvez utiliser la technique du reamping.

De quoi s’agit-il ?

Tout simplement, puisque vous avez à disposition le signal brut de la guitare sur votre PC ou sur votre Mac, vous pouvez le renvoyer vers l’ampli de votre choix et enregistrer ce dernier.

Imaginez la situation : vous avez enregistré votre morceau sur un Marshall, mais finalement vous préférez le son plus moderne d’un ENGL. Si vous avez enregistré en même temps le signal DI de la guitare, vous pouvez grâce au reamping refaire votre enregistrement sans aucun problème ! 🙂

Du moins, je dis « sans aucun problème », mais il y a quand même un petit soucis : votre ampli, il attend un signal ressemblant à celui d’une guitare.

C’est-à-dire, avec un niveau (millivolts) correspondant à celui d’une guitare, et avec une impédance élevée.

Sauf que ce ne sont pas les caractéristiques par défaut du son qui sort de votre interface audio.

Du coup, il vous faut utiliser ce qu’on appelle un boîtier de reamping, ou reamp box, qui ressemble à ceci :

Boîtier de reamping pour guitare électrique (ou autre)

Ce boîtier de reamping, vous allez le positionner entre votre interface et votre ampli.

Une fois ce branchement effectué, vous pourrez réamper le signal de votre guitare, et donc ré-enregistrer votre piste de guitare en changeant d’ampli, de position de micro ou bien simplement en modifiant les réglages de l’ampli.

Avantages et inconvénients de cette méthode

Objectivement, pour moi il n’y a que des avantages en enregistrant une guitare de cette façon.

Si l’enregistrement de l’ampli suffit, alors vous pouvez le prendre pour faire votre mixage.

Mais si jamais il y a un problème, le fait que vous ayez à disposition le signal brut vous permet aussi bien d’utiliser des simulations d’amplis que d’employer la technique du reamping pour produire un nouvel enregistrement.

Difficile, dans ce cas, de trouver des inconvénients, si ce n’est que le branchement devient un petit peu plus compliqué (et encore…).

Méthode n°4 : Utiliser un enregistreur portable

Enfin, il existe une ultime option pour enregistrer votre guitare électrique, à savoir utiliser un enregistreur portable.

Concrètement, il s’agit d’un appareil avec des microphones intégrés que vous pouvez placer, par exemple, devant votre ampli.

Vous cliquez sur « enregistrer », et tout est stocké sur une carte SD ou équivalent.

Le modèle le plus connu, et celui que je vous recommande si vous souhaitez partir dans cette direction, c’est le Zoom H4N. C’est juste LA référence des enregistreurs portables.

Enregistrement d'un ampli avec un Zoom H4N
Mon Zoom H4N (qui a un peu vécu) devant un ampli

Ceci dit, même s’il est parfois possible de brancher d’autres microphones dessus, utiliser un enregistreur portable n’est une bonne idée que si vous vous retrouvez dans les cas suivants :

  • Je souhaite enregistrer les répètes de mon groupe, juste en souvenir ;
  • Je souhaite m’enregistrer en étant sur la route / de façon ultra-portable ;
  • Je souhaite garder quelques idées de riff avec une meilleure qualité que mon téléphone ;
  • Je suis allergique à la technologie et je ne veux rien enregistrer via mon ordinateur.

Autrement, je vous recommande très fortement d’utiliser les autres méthodes d’enregistrement mentionnées plus haut : vous obtiendrez des résultats de bien meilleure qualité.

FAQ de l’enregistrement de guitare électrique

Les chapitres que vous venez de lire devraient d’ores et déjà vous donner un maximum d’informations sur l’enregistrement de guitare électrique.

Toutefois, pour aller plus loin, voici quelques réponses aux questions les plus courantes sur le sujet.

Faut-il un préampli pour enregistrer une guitare électrique ?

Les interfaces audio ont toutes des préamplis intégrés.

Du coup, que vous branchiez votre guitare en direct dessus ou bien que vous utilisez un micro pour repiquer votre ampli, vous allez toujours passer par un circuit de préamplification.

Il n’est donc pas nécessaire d’acheter un préampli analogique supplémentaire.

Toutefois, en studio, des préamplis externes sont souvent utilisés, pour colorer ou renforcer certains aspects du son, et in fine obtenir des enregistrements de meilleure qualité.

Si vous débutez, utiliser de tels préamplis est clairement inutile et va même complexifier votre processus d’enregistrement. Et donc votre apprentissage.

Si par contre vous êtes déjà un peu expérimenté(e), acheter un préampli externe pourra potentiellement être un upgrade pour votre home studio…

Faut-il un boîtier DI pour s’enregistrer ?

Il est possible de brancher une guitare directement sur toutes les interfaces audio du marché : elles contiennent toutes un circuit DI.

L’entrée correspondante peut être signalée par un symbole de guitare ou être nommée Hi-Z (haute impédance), Instr (instrument), DI…

Il n’est donc pas indispensable d’avoir un boîtier DI dédié pour enregistrer une guitare — mais bien sûr ça dépend de la configuration d’enregistrement que vous avez choisie.

Peut-on utiliser des microphones statiques ?

Il est possible d’utiliser aussi bien des micros dynamiques que des microphones statiques.

Par défaut, je vous recommande toutefois d’avoir au moins un SM57, qui est dynamique : c’est le micro de référence pour repiquer les amplis.

Mais pour aller plus loin, vous pouvez très bien le coupler à un micro statique. Attention cependant : suivant le volume de l’ampli, il sera préférable de reculer un peu le microphone statique pour éviter qu’il ne sature.

Faut-il utiliser deux microphones ?

Non, il ne FAUT pas utiliser deux microphones : c’est juste une option.

De nombreux albums ont été enregistrés avec un seul microphone, sans aucun problème.

Aussi, si vous débutez, préférez l’utilisation d’un seul microphone dans un premier temps (quoi qu’on puisse parfois lire sur certains forums).

Une fois que vous maîtrisez l’enregistrement avec un micro, vous pourrez en ajouter un deuxième si besoin.

Peut-on utiliser une pédale de delay / réverbe, ou un autre effet durant l’enregistrement ?

Oui, c’est possible, mais c’est plutôt une mauvaise pratique.

En effet, une fois que votre enregistrement est terminé, vous ne pourrez plus modifier, par exemple, la quantité de réverbe ou de delay.

Du coup, il est largement préférable d’enregistrer sans effets et d’ajouter ceux-ci lors du mixage.

En conclusion

Voilà, vous savez désormais tout ou presque de l’enregistrement de guitare électrique.

S’il vous reste des questions, n’hésitez pas à les poser en laissant un commentaire ci-dessous… 🙂

Continuez à lire : Le matériel nécessaire pour monter un home studio.

Commentaires (14)

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  1. Fabrice Répondre

    Bonjour, merci pour cet article très complet. J’enregistre ma guitare en utilisant la Two Notes Torpedo Captor, dans Repaer. J’ai testé les simulateurs de haut-parleur du plug-in Wall of Sound de Two Notes et plusieurs silu d’amplis (Mercurial). Quel ordre est préférable dans le chaînage des plug-ins ? Ampli puis cab sim puis Eq et autres effets ou un autre chaînage ?

    • Adrien Administrateur / Répondre

      Bonjour,
      Effectivement, l’ordre des plugins est le même ordre que celui qu’on utiliserait « dans le monde physique » : imulations pédales overdrive => ampli => cab sim => EQ si on parle d’EQ après la prise
      Adrien

  2. groslezard Répondre

    Encore un très bon article.

    La méthode 3 est en effet idéal, de plus sur des groupes légers (genre power trio), cela permet d’avoir du gros son en mixant son clair + son ampli + son émulé (à la butch vig) pour obtenir le saint graal du « Wall of Sound ».

    Niveau DI passive, radial est une référence, ils ont les meilleurs transformateurs -> très peu de perte même sur une basse; accessoirement ça peut servir de boitier de reamping (Pro DI). Leur Stage Bug est aussi très bonne… Niveau matos c’est increvable, solide et fiable… après il y a le prix, mais ça le vaut largement.

    Sur les cabs ouverts (panneau arrière ajouré), il peut être intéressant d’enregistrer l’arrière en inversion de phase.

    En complément (et/ou) du SM57, le Sennheiser e609 est intéressant: même prix, mais le son est un peu plus rond et chaud.

    Sur les micros statiques j’ai quelques bémols : en studio avec instruments isolés pas de soucis; sur des configs semi-live, les micros dynamiques sont plus propres. Après tout dépend du style du groupe (et du volume des amplis) ! 😉

    • Adrien Administrateur / Répondre

      Merci pour ton commentaire – tout à fait d’accord avec ton message.
      Radial est une référence niveau DI passives oui, pas testé le Stage Bug par contre. Mais mieux vaut investir dans du Radial que dans du bas de gamme.
      Concernant l’enregistrement de cabs ouverts, oui mais ça reste une technique « avancée ». J’ai prévu d’autres articles plus détaillés sur le sujet des guitares ceci dit, donc ça rentrera sans doute dedans.
      Et pour les micros statiques, oui on parle bien d’enregistrement studio – en live je prendrais des dynamiques par défaut ! 🙂
      Adrien

      • groslezard Répondre

        J’utilise la stagebug SB-6 de radial comme isolateur sur mon PC MAO en sortie de ma focusrite (avant les enceintes). J’en avais marre d’entendre un léger ronflement dans les enceintes chaque fois que je bougeais la souris ! 😉

        Comme elle est assez polyvalente, elle peut servir dans pas mal de configurations pour enlever buzz et hum.

  3. BiBiFox Répondre

    Merci pour cet article clair et pédagogique.
    Je constate que beaucoup de « puristes » du blues/rock n’utilisent que la méthode 1 car il est impossible de simuler « numériquement » un ampli guitare tout lampe* (syn. tube/valve); les amplis lampes ont une sonorité dite « chaude » et les amplis à transistors sont dits « froids » et cela se ressent aussi dans les prix de ces amplis… il n’y a pas de miracle, même en numérique !
    * pré-amplification à tube ET amplification de puissance à tubes

    • Adrien Administrateur / Répondre

      Bonjour,
      Alors, oui la méthode 1 est plutôt celle privilégiée des puristes. Je trouve aussi qu’un ampli sonne toujours mieux (après il faut aussi avoir la bonne pièce et le bon matos pour le repiquer…).
      Par contre sur le principe tout peut être simulé, et les simulations sont de mieux en mieux (je pense à Mercuriall par exemple) — mais effectivement on peut entendre une petite différence 🙂
      Adrien

  4. Nico Répondre

    Encore un article très intéressant et facile d’accès! Il serait intéressant de le compléter, avec la méthode des Loadbox pour ampli guitare, qui une alternative trais convaincante, pour ceux qui ne supportent pas les simulations d’ampli.

    • Adrien Administrateur / Répondre

      Merci du retour – oui c’est vrai, je n’ai pas mentionné les loadbox ! Je me le note comme un update à faire à un moment

  5. ALVES Répondre

    Personnellement après avoir testé un très grand nombre de plugin (guitare rig, bias fx… ), le seul que je trouve convainquant et qui me donne l’impression de jouer sur un ampli c’est les simu neural dsp…pour les sons saturés c’est une tuerie…une dynamique de folie et c’est précis et chaud pour un plugin…jamais je ne pourrai avoir ce sont dans mon home studio en passant par un micro…;-)

    • Adrien Administrateur / Répondre

      C’est vrai que toutes les marques ne se valent pas.
      Neural DSP met la barre très haut, de même que Mercuriall à mon goût.
      Adrien

  6. ALVES Répondre

    Je n’avais jamais testé mercuriall car je n’aimais pas les plug gratuits…chose faite ce week…c’est en effet du même niveau que neural avec des plus et moins!!..les sons claires et crunchs sont top, ça claque comme j’aime…pour les sons saturés je préfère neural car sans trop de réglage ça sonne de suite avec un son bien équilibré dans le mix …avec mercuriall j’ai l’impression qu’il faudra travailler le son (eq..pedal OD..) c’est moins plug and play…en tout cas belle découverte, la simu du triaxis est vraiment bonne, on retrouve le grain mesa mark! Sans retrouver une saturation boueuse de la Simu bias fx… Merci!!!

    • Adrien Administrateur / Répondre

      Ah, content de vous avoir fait découvrir ça 🙂 ! Effectivement leurs plugins payants sont top !
      Adrien

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