Comment Enregistrer une Batterie : le Guide Complet

Vous souhaitez enregistrer votre batterie acoustique ou électronique ? Peut-être vous demandez-vous de quel matériel vous avez besoin pour cela ? Ou bien souhaitez-vous savoir comment positionner vos microphones autour de votre batterie ?

Parfait, vous êtes au bon endroit : nous allons voir tout cela dans ce guide, que j’ai construit de façon à concentrer un maximum d’informations sur le sujet de l’enregistrement de batterie.

Enregistrement d'une batterie acoustique

C’est une thématique complexe : il y a de nombreuses options possibles pour faire une bonne prise de son (et ainsi éviter d’avoir une caisse claire qui sonne comme sur St Anger) — en fonction du matériel à disposition, du type et du nombre de microphones ou encore de leur position autour du kit.

Voici donc les sujets que nous allons aborder ensemble :

  1. Le matériel nécessaire pour enregistrer une batterie acoustique
  2. La pièce, élément essentiel de l’enregistrement de batterie
  3. Préparez votre batterie pour l’enregistrement
  4. Comment positionner ses microphones pour enregistrer une batterie ?
  5. Pour aller plus loin…
  6. Comment enregistrer une batterie électronique ?
  7. Une option : faites enregistrer votre batterie

Remarque : Ce guide est surtout axé sur l’enregistrement en studio / home studio. Cependant, si vous souhaitez sonoriser une batterie pour un concert par exemple, un certain nombre d’informations (comme le positionnement des microphones) vous sera sans aucun doute utile.

Le matériel nécessaire pour enregistrer une batterie acoustique

Bien entendu, pour pouvoir enregistrer votre batterie, il va vous falloir du matériel — souvent un peu plus, d’ailleurs, que pour enregistrer une voix ou une guitare.

Si vous êtes déjà sachant(e) sur le matériel standard de (home) studio, n’hésitez pas à passer directement au 2ème chapitre de l’article.

Toutefois, si vous débutez ou si vous souhaitez vous assurer que votre compréhension est la bonne — alors je vous conseille de lire ce qui suit pour éviter de faire une erreur dans vos achats.

Des microphones pour capter le signal source

Un microphone souvent utilisé pour l'enregistrement de batterie
Un microphone haut de gamme souvent utilisé pour l’enregistrement de batterie, le Coles 4038

Le processus d’enregistrement est assez simple : vous avez ce qu’on appelle un signal source que vous allez enregistrer sur votre ordinateur.

Dans notre cas, le signal source, c’est le son de votre batterie acoustique.

Celui qui est produit lorsque vous tapez avec vos baguettes sur vos fûts et vos cymbales (sauf si vous utilisez des triggers, mais nous reparlerons de cela un peu plus loin…).

Pour capter ce signal source, il va donc bien entendu vous falloir des microphones.

Mais pas n’importe quel microphone : selon que l’on souhaite enregistrer la grosse caisse, la caisse claire ou les cymbales, par exemple, on ne va pas nécessairement choisir le même modèle de micro.

Tout d’abord, parce que certains microphones sont plus adaptés à l’enregistrement de batterie : il faut en effet faire attention à la caractéristique « SPL Max » des microphones pour s’assurer que ceux-ci puissent encaisser les hauts niveaux de volume.

Mais aussi parce qu’il existe différents types de microphones (dynamique, statique ou à ruban) et que selon le style du morceau / la couleur sonore que l’on veut obtenir, on va potentiellement s’orienter vers des outils différents.

► Sur le sujet, je vous donne rendez-vous sur ma sélection des meilleurs microphones pour l’enregistrement de batterie.

L’interface audio, un outil central

Vos microphones doivent bien sûr être reliés à quelque chose qui va faire le lien avec votre ordinateur.

Ce « quelque chose », c’est une interface audio généralement reliée à votre PC ou à votre Mac via USB et qui va contenir :

  • des préamplis pour amplifier le signal capté par les microphones (très faible par défaut) ;
  • des convertisseurs pour transformer le signal analogique capté en un signal numérique compréhensible par l’ordinateur.

Le problème avec l’enregistrement de batterie, c’est que l’on utilise généralement pas mal de microphones.

Hors, 1 microphone = 1 entrée micro sur l’interface audio.

Interface audio Scarlett 18i20 de Focusrite
La Scarlett 18i20 de Focusrite, une interface audio avec de nombreuses entrées

A partir de ce constat là, vous avez plusieurs options.

Si vous débutez et que vous n’avez pas encore de matériel, ça vaut le coup de regarder tout de suite les interfaces audio avec beaucoup d’entrées, comme la Focusrite Scarlett 18i20 visible sur l’image ci-dessus ou par exemple, en plus haut de gamme, la RME Fireface 802.

Si par contre vous disposez déjà d’une interface audio mais qu’elle n’a pas assez d’entrées pour brancher tous vos micros, vous pouvez :

  • soit réduire le nombre de microphones (je vous proposerai un peu plus loin dans l’article quelques solutions pour enregistrer votre batterie avec un ou deux microphones) ;
  • soit, si vous avez une entrée ADAT sur votre interface audio, ajouter un rack de préamplis supplémentaires comme les Focusrite Octopre ou encore les Audient ASP800.

► Pour bien choisir votre interface, je vous conseille de regarder mon guide complet sur le sujet.

Quel logiciel utiliser pour enregistrer une batterie ?

Un DAW pour enregistrer sa musique

De façon logique, une fois que vous récupérez les signaux audio captés par vos microphones sur votre ordinateur par le biais de votre interface, vous allez avoir besoin d’un logiciel dédié pour faire l’enregistrement à proprement parler.

Ce logiciel s’appelle un DAW (ou STAN, Station de Travail AudioNumérique en français).

Au-delà de l’enregistrement, c’est sur cet outil que vous allez pouvoir éditer vos pistes et les mixer ensemble en ajoutant toutes sortes d’effets (égalisation, compression, réverbe…).

Il existe de nombreux DAWs différents, et certains sont mêmes gratuits comme Cakewalk by Bandlab.

En ce qui me concerne, j’utilise Studio One (en photo plus haut) donc c’est sans doute celui que je vous recommanderais de tester en premier si vous ne savez pas lequel choisir.

► Pour en savoir plus et voir mes autres recommandations, rendez-vous sur mon dossier complet sur les DAWs.

Des préamplis pour un meilleur son ?

Vous avez peut-être déjà entendu parler de préamplis, et du fait qu’ils sont indispensables pour enregistrer.

C’est vrai, mais techniquement vous en avez déjà dans votre interface sur chacune de vos entrées microphones. Ce n’est donc pas un achat indispensable pour enregistrer votre batterie.

Cependant, si vous manquez d’entrées sur votre interface audio — on l’a dit un peu plus haut — vous pouvez rajouter des préamplis dans certaines conditions, comme les Octopre.

Mais aussi, il est possible que souhaitiez apporter plus de couleur à vos enregistrements de batterie.

En effet, les préamplis intégrés aux interfaces audio sont souvent « transparents », c’est-à-dire qu’ils se bornent à amplifier le signal audio, sans y ajouter de caractère.

Ajouter des préamplis plus colorés à votre home studio peut donc être une option pour personnaliser un peu plus votre son et obtenir des enregistrements de meilleure qualité (ceci dit, concentrez-vous d’abord sur la qualité de la prise de son et des microphones, c’est bien plus important…).

► Rendez-vous sur ma sélection de préamplis microphones.

La pièce, élément essentiel de l’enregistrement de batterie

Qui dit utilisation de microphones, dit capture d’un son émis dans l’air.

Et donc, influence de la pièce dans laquelle se trouve l’instrument.

Il est donc essentiel de prêter attention à l’acoustique de la pièce dans laquelle vous allez enregistrer votre batterie.

(Photo CC-BY Jason Lander)

La taille de la pièce

La taille de la pièce influe directement sur le son.

C’est vrai, bien entendu, pour n’importe quel enregistrement.

Si la pièce est grande, vous allez avoir un « gros son », large, qui prend de la place dans le mix. Vous aurez une vraie dimension perçue dans vos prises de son.

A l’inverse, si la pièce est toute petite, vous aurez un son plus intimiste — souvent associé à un certain nombre de contraintes : si la pièce est vide, vous risquez de générer des problèmes de filtrage en peigne dans vos enregistrements. Pour faire simple, le son direct des éléments de votre kit de batterie capté par vos microphones va se mélanger de façon peu souhaitable avec les réflexions sur les murs, trop proches.

De fait, pour l’enregistrement de batterie, je vous conseillerais par défaut de vous placer dans la pièce la plus grande possible.

Ceci dit, je suis un grand partisan de l’expérimentation : si ça sonne mieux dans une pièce plus petite, pas de soucis.

Typiquement je préférerais sans doute enregistrer une batterie dans une petite pièce mais avec des meubles, des rideaux et un sol en parquet plutôt que dans une grande pièce recouverte de carrelage…

Mais tout dépend du style sonore que vous recherchez.

Maîtriser les bruits de fond

L’avantage de la batterie, c’est que c’est un instrument qui fait souvent beaucoup de bruit.

De fait, vos enregistrements vont nécessairement être moins sensibles aux différents bruits de fond qui peuvent souvent polluer les enregistrements :

  • Bruit de la climatisation allumée ;
  • Bruit d’appareils électriques dans une pièce proche ;
  • Bruit de véhicules à l’extérieur .
  • etc.

Cependant, notamment sur les passages les plus doux de vos morceaux, vos microphones sont susceptibles de capter ce genre de bruits — qui peuvent du coup ressortir de façon désagréable lors du mixage, après traitement (je pense notamment à la compression audio).

En conséquence, avant d’enregistrer, c’est plutôt une bonne pratique que de réduire ces bruits tant que faire se peut.

Utilisez des traitements acoustique

De la même façon qu’il convient de traiter acoustiquement une pièce pour le mixage, il est généralement nécessaire de traiter la pièce dans laquelle on enregistre.

Cela permet d’avoir des prises de son de meilleure qualité, moins brouillonnes.

Dans la mesure du possible, je vous conseille ainsi d’installer des bass traps dans les coins de votre pièce pour que vos basses fréquences soient les plus précises possibles (notez au passage que les grandes pièces ont l’avantage d’avoir souvent moins de problèmes dans les basses).

De plus, vous pouvez également ajouter des panneaux absorbants pour limiter/contrôler les réflexions aux endroits clefs.

Dans ce dernier cas, travailler avec des traitements acoustiques amovibles peut être une bonne idée : cela vous permettra d’ajuster l’acoustique de votre pièce en fonction de vos besoins. Vous pouvez par exemple utiliser des panneaux absorbants fixés sur des supports à roulettes, ou au contraire positionner des panneaux en bois pour augmenter le nombre de réflexions si votre son vous semble trop étouffé.

Préparez votre batterie pour l’enregistrement

Après la pièce vient l’instrument, qui a de façon évidente un vrai impact sur le son.

Typiquement, vous aurez du mal à faire du metal extrême avec une grosse caisse de 14″x13″.

La première étape est donc de définir avec suffisamment de précision le son que vous recherchez — et d’adapter votre kit de batterie en conséquence.

Bien sûr, les options sont souvent réduites en contexte home studio, puisque mine de rien il faut un vrai budget pour avoir le luxe du choix des fûts de batterie.

Cependant, il est important d’avoir en tête que justement ce choix des fûts, des peaux ou des cymbales est structurant pour la qualité de vos enregistrements.

Difficile d’avoir un son moderne avec un kit qui sonne très vintage, difficile d’avoir un son brillant si tous les éléments du kit sont ternes.

Astuce : pour des enregistrements plus intéressants, n’hésitez pas à panacher les cymbales pour créer du contraste, par exemple avec une crash sombre et une ride très claire.

Par ailleurs, la préparation de la batterie est également essentielle pour obtenir un bon son lors de l’enregistrement :

  • utilisez des peaux neuves dans la mesure du possible, et n’oubliez pas de les accorder ;
  • mettez un coussin dans la grosse caisse pour réduire la durée des résonances et gagner en précision ;
  • utilisez des moongels pour réduire les résonances de votre caisse claire (qui peuvent vite être horribles à égaliser lors du mixage…) ;
  • si le style le nécessite, atténuez votre caisse claire ou vos toms en utilisant des serviettes à thé, comme Ringo Starr des Beatles dans la photo ci-dessous) ;
  • etc.
Vous cherchez à avoir le son des Beatles ?

Comment positionner ses microphones pour enregistrer une batterie ?

Il existe à peu près autant de configurations possibles de microphones pour la prise de son de batterie que d’ingénieurs du son.

Ceci dit, il existe différents setups « standards » qui peuvent être de bons points de départ — voire des façons assez simples d’obtenir un bon son sans trop se prendre la tête.

Chaque configuration est illustrée par un exemple audio, grâce aux bons soins de Cédric de Allo Drums, batteur professionnel proposant ses propres services d’enregistrement de batterie (albums, musique à l’image…). Merci à lui ! 😉

Téléchargez les pistes audio

Pour que vous puissiez bien entendre à quoi sert chaque microphone, et qu’éventuellement vous fassiez vos propres tests de mixage, tous les exemples audio de cet article sont téléchargeables en cliquant sur le lien ci-dessous :

[LIEN DE TELECHARGEMENT]

Remarque : ces pistes sont réservées à un usage privé et ne peuvent être utilisées, en totalité ou partiellement, pour une production musicale. Leur distribution est également prohibée : partagez plutôt l’article si vous souhaitez en parler à quelqu’un 🙂

Enregistrer une batterie avec un seul microphone

Enregistrement d'une batterie avec un seul microphone

Contrairement à ce que l’on peut penser, il n’est pas toujours nécessaire de mettre 1000 microphones pour bien enregistrer un kit de batterie.

Avec un seul micro, on peut déjà faire des choses très intéressantes et obtenir une prise de son respectueuse du jeu du batteur.

Pour cette situation, on va plutôt utiliser un microphone statique que l’on va positionner droit devant le kit de batterie (comme sur le schéma juste au-dessus), à peu près à mi-hauteur.

Ensuite, tout est une question d’équilibre — c’est pour cela que je ne pourrai pas vous dire exactement à combien de mètres du kit vous devrez placer votre micro.

Plus vous allez vous éloigner du kit, plus vous récupérerez le son de la pièce. Plus vous vous en approcherez, plus la réponse dans les basses sera précise et plus vous aurez une impression de proximité avec le batteur.

Et cela sonne comme ceci :

Liste du matériel utilisé sur cette prise de son :

SourceMicroType de microPréampli
1Kit completMojave MA 301 FetStatique à large membraneAML ez-1073-pre

Notez toutefois qu’il existe une alternative intéressante, surtout si vous ne disposez que d’un seul tom au-dessus du kick : essayez en effet d’approcher votre microphone juste au-dessus de la grosse caisse, en l’orientant plus ou moins vers la caisse claire.

Souvent, le résultat très intéressant et très réaliste.

Vous trouverez un exemple audio dans les pistes brutes à télécharger gratuitement.

Enregistrer une batterie avec 2 microphones

Enregistrement d'une batterie avec deux microphones

Avec deux microphones, on commence à pouvoir construire des prises de sons avec un peu plus de détails.

Dans cette configuration, je vous propose de garder le microphone (#1) devant le kit tel qu’on l’avait positionné dans la configuration à un microphone, mais d’ajouter un second microphone (#2 — souvent un dynamique) devant la grosse caisse pour la faire ressortir avec plus de précision.

Ecoutons ce que ça donne en conditions réelles :

Liste du matériel utilisé sur cette prise de son :

SourceMicroType de microPréampli
1Kit completMojave MA 301 FetStatique à large membraneAML ez-1073-pre
2Grosse CaisseAKG D12DynamiqueUA 610

Remarquez que le kick est désormais plus défini et un peu plus punchy.

Suivant le microphone et suivant la grosse caisse, on peut bien sûr avoir des résultats très différents.

Aussi, je vous recommande de tester différentes positions pour ce micro kick, que ce soit en termes de distance ou en termes de position par rapport au centre de la peau. Un ou deux centimètres peuvent faire toute la différence !

Enregistrer une batterie avec 3 microphones (Technique Glyn Johns)

Pour ce setup à 3 microphones, je vous propose d’utiliser une célèbre technique du non moins célèbre producteur/ingé-son Glyn Johns, connu pour avoir notamment travaillé avec Led Zeppelin, les Rolling Stones ou Bob Dylan.

La méthode est très simple à mettre en place, et permet véritablement d’obtenir un bon son facilement.

Elle consiste à utiliser un microphone grosse caisse et deux microphones en overhead.

Enregistrement d'une batterie avec trois microphones

Pour le microphone grosse caisse (#1), un peu dans la même idée que précédemment, à vous de juger où le positionner en fonction du son que vous recherchez.

Par contre, la position des deux microphones overheads (typiquement des micros statiques ou à ruban) est cruciale.

Le premier overhead (#2 sur le schéma) doit être placé entre 1m et 1m50 au-dessus de la caisse claire — et en plein centre de celle-ci.

Suivant que vous voulez plus de toms, plus de grosse caisse ou plus de hihat dans votre son, vous pouvez bien sûr incliner légèrement ce microphone en conséquence.

Ensuite, le deuxième overhead (#3) est quant à lui positionné plus bas, sur la droite du kit, environ 10 à 15 centimètres au-dessus du floor tom (tom basse) et est orienté en direction de la charleston.

Voici comment tout cela peut alors sonner :

Liste du matériel utilisé sur cette prise de son :

SourceMicroType de microPréampli
1Grosse CaisseAKG D12DynamiqueUA 610
2 & 3OverheadsColes 4038RubanAML ez-1073-pre

Point critique de cette technique : il est absolument essentiel que les deux microphones overheads soient en phase.

Pour cela, il convient de s’assurer que la distance entre le centre de la caisse claire et les deux overheads soit strictement la même.

A mesurer le plus précisément possible, donc, idéalement avec un mètre ruban — mais vous pouvez également utiliser une ficelle ou un câble qui traîne dans votre studio…

Enfin, lors du mixage, il vous suffira d’ajuster la panoramique de façon à ce que le premier overhead soit complètement à droite, et le second complètement à gauche.

Et puis plus qu’à profiter du son ! 🙂

Enregistrer une batterie avec 4 microphones

Enregistrement d'une batterie avec quatre microphones

Une variante de la technique Glyn Johns.

Avec un quatrième microphone sur notre kit de batterie, on peut enfin s’intéresser un peu plus à la caisse claire pour mieux capter son côté claquant.

Comme vous pouvez le voir sur le schéma juste au-dessus, nous avons conservé à l’identique les trois microphones de la technique Glyn Johns de base (#1, #2, #3) mais nous avons ajouté un micro juste au-dessus de la caisse claire (#4), pointant vers le centre de la peau.

Généralement, ce type de microphone n’est pas trop mis en valeur dans le mix car le son est plutôt agressif. Il permet cependant de compléter le son de caisse claire obtenu avec les overheads.

Voici un exemple audio avec cette configuration :

Liste du matériel utilisé sur cette prise de son :

SourceMicroType de microPréampli
1Grosse CaisseAKG D12DynamiqueUA 610
2 & 3OverheadsColes 4038RubanAML ez-1073-pre
4Caisse ClaireShure SM57Dynamique AML ez-1073-pre

Enregistrer une batterie avec 5 microphones

Enregistrement d'une batterie avec cinq microphones

Bien sûr, il est possible de continuer à compléter la technique Glyn Johns présentée plus haut en ajoutant toutes sortes de microphones.

Toutefois, pour une configuration à 5 micros, je vous recommande de tester ce setup un peu plus classique.

Tout d’abord, on garde le microphone sur la grosse caisse (#1) : mine de rien, sauf dans certains genres, il est assez rare de ne pas avoir de micro kick lorsque l’on enregistre une batterie — quitte à ne pas l’utiliser lors du mixage si ce n’est pas nécessaire.

Ensuite on ajoute deux microphones sur la caisse claire (#2 et #3) : un micro « top » et un micro « bottom », tel que représenté sur le diagramme ci-dessous :

Positionnement de deux microphones sur une caisse claire (snare drum)

Bien souvent, il s’agit tout simplement de Shure SM57.

Le micro « top » sera souvent celui qui produira le son le plus intéressant et le plus exploitable directement. Toutefois, le micro « bottom » va quant à lui capter la vibration du timbre de la caisse claire, ce qui permettra au besoin de gagner en brillance et en agressivité lors du mixage.

Ce micro « bottom » ne va donc jamais être utilisé tout seul : il viendra compléter subtilement le son de kit complet de batterie.

Astuce : de fait, ces deux microphones sur la caisse claire sont orientés dans des directions opposées. A chaque coup de baguette sur l’instrument, leur membrane va alors vibrer de façon opposée.

Lors du mixage il convient donc d’inverser la phase du microphone « bottom » pour éviter des problèmes de filtrage de fréquences (perte d’impact dans les basses notamment…).

Enfin, il ne vous reste plus qu’à positionner vos overheads (#4 et #5).

La plupart du temps, on va utiliser :

  • soit une configuration XY, avec deux microphones superposés (souvent des statiques à petite membrane) avec un angle de 90° à 120° ;
  • soit une configuration AB avec deux microphones espacés, positionnés au-dessus des cymbales.

Contrairement à ce que l’on peut voir assez souvent, je vous recommande toutefois de ne pas positionner ces overheads dans l’axe du kit, mais au contraire de les répartir de part et d’autre d’une ligne imaginaire reliant la caisse claire et la grosse caisse (observez bien le schéma un peu plus haut pour comprendre).

Cela vous permettra d’avoir une caisse claire plus localisée au centre de l’image stéréo et facilitera nécessairement le mixage.

Voici comment sonne cette configuration avec des microphones en configuration AB (Coles 4038) :

Liste du matériel utilisé sur cette prise de son :

SourceMicroType de microPréampli
1Grosse CaisseAKG D12DynamiqueUA 610
2 & 3Caisse Claire Top / BottomShure SM57DynamiqueAML ez-1073-pre
4 & 5OverheadsColes 4038RubanAML ez-1073-pre

Enregistrer une batterie avec 7 microphones

Enregistrement d'une batterie avec septmicrophones

Pour terminer cette série, je vous propose une dernière configuration avec cette fois-ci 7 microphones.

La logique est assez simple : on repart de la configuration précédente à 5 micros, mais on y ajoute deux micros « room » (#6 et #7).

Là où les overheads vont vraiment capter le son du kit de batterie dans son entièreté, les micros « room » vont comme leur nom l’indique capter l’ambiance de la pièce.

Ils vont vous aider, durant le mixage, à rendre plus large et plus réaliste le son de la batterie.

Voici comment cela peut sonner, toujours grâce au talent de Cédric d’Allo Drums (à noter que dans un vrai mix, j’aurais sans doute mixé les micros « room » de façon plus subtile, mais pour l’exemple ça m’a semblé intéressant qu’on les entende bien…) :

Liste du matériel utilisé sur cette prise de son :

SourceMicroType de microPréampli
1Grosse CaisseAKG D12DynamiqueUA 610
2 & 3Caisse Claire Top / BottomShure SM57DynamiqueAML ez-1073-pre
4 & 5OverheadsColes 4038RubanAML ez-1073-pre
6 & 7RoomXaudia « The Beeb »RubanAML ez-1073-pre

Si votre pièce n’est pas très grande, vous pouvez essayer de les orienter vers le mur du fond plutôt que vers la batterie pour augmenter la sensation d’espace.

Par contre, si l’acoustique de votre pièce n’est pas terrible, je vous conseille d’abandonner l’idée de mettre des micros de ce type et de resimuler l’espace acoustique lors du mixage avec une réverbe à convolution.

Ce n’est pas parfait, mais ça fait souvent le job.

Rappel : n’oubliez pas de télécharger les pistes brutes correspondant aux exemples de cet article pour les manipuler, les mixer, et bien entendre la différence entre toutes les configurations proposées.

Pour aller plus loin…

Ca peut être sans fin.

On peut ajouter toujours plus de microphones pour toujours plus de détails, de flexibilité lors du mixage ou de personnalisation du son.

Toutefois, pour aller plus loin que les configurations présentées juste avant dans l’article, voici quelques idées supplémentaires ou pistes d’expérimentation…

Complétez la prise de son de grosse caisse

Précédemment, nous n’avons utilisé qu’un seul microphone pour la grosse caisse.

Toutefois, vous pouvez imaginer en utiliser plusieurs pour avoir une prise de son plus complète.

Deux microphones sur une grosse caisse
Deux microphones positonnés sur une grosse caisse : l’un est à l’intérieur, et l’autre à l’extérieur.

Par exemple, si vous ajoutez un microphone à l’intérieur du kick sur un petit stand ou posé sur un coussin, celui-ci va capter plus clairement l’attaque de la batte :

Plus il est près de la batte, plus il y aura d’attaque. Plus il en sera éloigné, plus la grosse caisse semblera douce.

Par comparaison, une prise de son à l’extérieur du kick vous permettra en complément d’avoir quelque chose de plus centré sur les fréquences basses — et logiquement, plus vous reculerez le microphone, plus vous capterez l’ambiance de la pièce :

Ajoutez un micro sur la charleston

Par défaut, on récupère le son de la charley (hihat) directement dans les overheads.

Aussi, il peut sembler bien inutile de dédier un micro (et donc un canal de préampli) uniquement pour la repiquer.

Ceci dit, si vous avez le budget / le temps / l’entrée microphone disponible sur votre interface, avoir l’option est je trouve intéressant. Cela vous permettra de bien gérer l’impression de proximité du hihat lors du mixage en ajustant le niveau du micro charleston et des overheads.

Et au pire, si ça ne convient pas après coup, n’oubliez pas que vous n’êtes pas obligé(e) de l’utiliser dans le mix !

Utilisez un micro « mono room »

Plutôt que d’utiliser deux microphones « room », vous pouvez également décider de n’en utiliser qu’un seul.

Par exemple, un beau microphone à ruban.

Si du coup ça ne participera pas à la sensation d’une image stéréo 3D (puisque mono), le micro va tout de même jouer un rôle de liaison entre les éléments du kit de batterie — un peu à la manière de la compression parallèle.

N’hésitez pas, d’ailleurs, à compresser fortement cette piste…

Utilisez un « trash mic »

Deux magnifiques Fuzzyphones de Griffon Microphones, made in France

Pour colorer la prise de son de batterie, il est courant d’utiliser un « trash mic » comme disent nos amis anglophones.

Typiquement, il s’agit d’un microphone qui va donner un son saturé, lo-fi, et que l’on va souvent compresser fortement pour niveler le son.

Beaucoup d’expérimentations sont possibles (comme convertir un vieux téléphone en micro ou utiliser un magnétophone à cassettes), mais vous pouvez aussi utiliser un microphone sympa mais lo-fi, comme le fameux Shure Silver Bullet.

Ou, si vous aimez ce qui est fabriqué en France, le Fuzzyphone de Griffon Microphones est une option intéressante que je vous recommande chaudement (en photo ci-contre).

Essayez les micros PZM (de surface)

Le microphone de surface Shure Beta 91A

Utiliser des microphones de surface (dits PZM) est également une option, notamment comme microphones « room ».

En effet, comme ils sont généralement collés à un mur, ils sont un peu moins sensibles aux réflexions de la pièce — ou du moins pas de la même façon que les microphones standards.

Vous pouvez également les insérer à l’intérieur de votre grosse caisse.

Ajoutez des triggers

Certains trouveront « que c’est tricher », mais en complément d’un enregistrement classique avec des microphones, vous pouvez utiliser des triggers.

Je pense notamment à la grosse caisse et à la caisse claire en disant cela.

Le principe des triggers est assez simple : il s’agit de capteurs que vous fixez sur vos instruments, et qui envoient un signal à un module à chaque fois que les fûts sont joués.

Ce module, ensuite, permet généralement de récupérer un signal MIDI que vous allez enregistrer, et que vous allez pouvoir assigner à un sample audio préenregistré.

Ainsi, à chaque coup, le sample sera joué.

C’est une technique très utilisée dans le metal moderne notamment, pour gagner en précision sur le son de la grosse caisse qui est très sollicitée avec la double pédale.

Comment enregistrer une batterie électronique ?

Si vous possédez une batterie électronique, peut-être souhaitez-vous l’enregistrer directement plutôt que d’aller louer un studio pour enregistrer sur une batterie acoustique.

Cependant, par défaut, utiliser une batterie électronique n’est pas tout à fait ce que je recommanderais car il est plus difficile d’obtenir un « vrai son » de batterie.

Ceci dit, cela reste une option — mais dans ce cas il y a deux configurations possibles.

Une batterie électronique

1er scénario : utiliser les sons du module (non recommandé)

Votre batterie électronique consiste en différents pads rattachés à un module qui génère des sons.

Généralement, ces sons préenregistrés sont très orientés « jeu » et non pas « production / enregistrement » — ce qui fait que je ne vous recommande plutôt pas de travailler avec.

Ceci dit, si vous voulez tout de même les utiliser (par exemple pour une démo), il faut que vous utilisiez les sorties audio du module pour vous brancher sur les entrées de votre interface.

Souvent, dans cette configuration, vous ne pourrez récupérer qu’un signal stéréo. Tous les éléments du kit seront donc mélangés, ce qui complexifiera nettement la phase de mixage.

2ème scénario : utiliser un signal MIDI (recommandé)

Autre scénario possible : récupérer un signal MIDI depuis votre module (la plupart des batteries électroniques le permettent, sauf quelques modèles entrée de gamme).

Le principe est simple :

  1. vous tapez sur un élément du kit ;
  2. le module convertit cette information en signal MIDI ;
  3. puis il le transmet via USB ou via une interface MIDI à votre ordinateur.

Cela vous permet alors d’utiliser des bibliothèques de samples plus ou moins haut de gamme, comme par exemple EZdrummer de Toontrack — et donc d’avoir des sons de batterie de qualité.

Difficile cependant d’avoir le réalisme et le côté naturel d’une vraie prise de batterie, qui restera souvent un choix idéal.

Remarque : l’un des avantages à l’utilisation d’une batterie électronique, lorsque vous enregistrez le signal en MIDI, c’est que vous pouvez le corriger si jamais vous avez fait une erreur. Par exemple, vous pouvez quantifier légèrement vos coups de grosse caisse pour ajuster les petites erreurs de rythme qu’il pourrait y avoir…

Une option : faites enregistrer votre batterie

Enregistrement de batterie chez Allo Drums
Une image de la session d’enregistrement des exemples audio de cet article, chez Allo Drums.

En contexte home studio, il peut être difficile d’avoir un bon son de batterie.

Et puis, peut-être êtes-vous plus guitariste que batteur, ce qui peut complexifier d’autant la prise de son du kit de batterie, qui peut devenir assez angoissante.

Une option à avoir en tête, dans ce cas et si vous ne souhaitez pas aller en studio, c’est de faire enregistrer vos pistes par un batteur professionnel.

Typiquement, comme Allo Drums qui a fait les exemples audio que vous avez pu entendre dans cet article.

Artistiquement, cela vous gênera peut-être, mais la qualité des prises et le côté carré d’un batteur pro peut être un vrai plus pour votre production / votre CD — aussi je trouve qu’il s’agit d’une option intéressante à avoir en tête.

En conclusion

Voilà, vous avez désormais un maximum d’informations sur l’enregistrement de batterie, qu’il s’agisse de batterie acoustique avec différentes configurations de micros ou de batterie électronique.

► Continuez à lire avec mon guide des meilleurs microphones pour l’enregistrement de batterie

Commentaires (2)

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christian fontaine / Répondre

Hello Adrien, je n’ai pas tout lu dans le détail, mais j’ai parcouru attentivement ! Depuis mes débuts en « Home Studio », j’ai progressé, mais ne suis pas spécialiste en batterie. néanmoins je regarde attentivement ce que font les preneurs de son lors de concert. Avec mon groupe jazz New Orleans on vient (enfin !) de reprendre et nous avons joué hier dans une salle à Clermont-Ferrand, et j’ai pu voir le placement des micros de la batterie !
Pour ma trompette, j’utilise une cellule shure sur le pavillon avec une liaison wifi sur le récepteur. La batterie de mon émetteur a rendu l’âme à 2 morceaux de la fin, mais « l’ingénieur » m’a illico basculé sur un micro qui était à ma disposition … au cas où.
Je reste toujours aussi attentif à tes publications. Amitiés, à mon prof de mixage qui m’a initié à ce « sport » !!

Monsieur Bidet / Répondre

Bonjour Adrien,

Merci pour cet article détaillé !

Il serait intéressant que tu complètes ton article par des recommandations sur le placement des différents microphones dans l’image stéréo du mix: Faut-il impérativement laisser la snare et le kick au centre ? Faut-il paner les overheads à fond à droite ou à gauche ? Etc
Perso j’ai souvent des problèmes avec les morceaux riches en hit-hat ou ride car mon image stéréo batterie a tendance à être décalée à droite ou à gauche, ce qui déséquilibre mon mix global

Encore merci pour ton travail !

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