Focusrite Scarlett 18i8 : Le Test Complet

8.3/ 10

Qualité sonore - 8.5

Fonctionnalités / Fabrication - 8

Rapport Qualité/Prix - 8.5

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POUR
Le design et la fabrication, le nombre d'entrées, le son plutôt neutre des préamplis

CONTRE
Le gain un peu faible des préamplis, le manque d'une boucle d'effets pour utiliser du matériel hardware durant le mixage

La marque britannique Focusrite est connue notamment pour ses préamplis de qualité (Red, ISA One…) mais également pour les Scarlett, une série d’interfaces audio USB au prix accessible très prisées des home studios et dont fait bien sûr partie la Scarlett 18i8.

Possédant moi-même ce modèle, j’ai pensé écrire ce test pour vous donner mon avis sur cette interface audio résolument orientée vers les petits groupes ou producteurs souhaitant enregistrer leurs morceaux en utilisant plusieurs entrées à la fois (batterie, prise de voix ou de guitare acoustique avec plusieurs microphones…).

Voici donc ce que j’en pense… 😉

L'interface audio USB Focusrite Scarlett 18i8

Une interface solide

Mon premier contact avec la Scarlett 18i8 a été en demi-teinte avec un modèle fonctionnel mais présentant un petit défaut au niveau de l’alignement des diodes en façade, heureusement rapidement remplacé par Thomann. Probablement un soucis isolé, au vu des commentaires en ligne qui ne font pas part de la même expérience.

Une fois le nouveau modèle reçu, mon feeling a toutefois été celui d’un objet de bonne qualité et solide.

Le boitier en métal brossé, rouge cramoisi, est très esthétique et professionnel — sauf bien sûr si vous n’aimez pas la couleur.

Les connexions sont solides, les matériaux de qualité, tout est bien assemblé et je trouve que cela donne plutôt confiance dès le départ. Bon, le câble d’alimentation est peut-être un petit peu court, mais ça ne pose pas vraiment de problème : on est face à une interface intelligemment usinée, robuste et « design ».

En façade

Sur la face avant, on retrouve tout d’abord 4 entrées mixtes Jack/XLR, avec 4 préamplis micro. Ces préamplis sont entourés d’un halo lumineux dont la couleur change : en vert, tout va bien — en rouge, les convertisseurs sont surchargés.

Chaque canal possède un pad de -10 dB, et l’alimentation fantôme est activable pour chacune de ces quatre entrées mais par groupe de deux. C’est-à-dire que si vous l’activez pour l’entrée #1, l’entrée #2 sera également alimentée.

Les deux premières entrées font également office de DI (Direct Input), puisqu’elles acceptent le branchement direct d’instruments type guitares à haute impédance.

En termes de son, les préamplis se défendent plutôt bien pour le prix :

  • ils restent assez silencieux, même si on entend du souffle en fin de course des potentiomètres ;
  • ils fournissent un son bien plus transparent que ce qu’on pourrait entendre sur des modèles bas de gamme.

Par contre, vous manquerez un peu de puissance pour amplifier le signal de certains microphones dynamiques type SM7B ou des microphones à ruban. Aucun soucis par contre pour tout ce qui est microphones statiques ou pour les guitares/basses branchées en direct.

A noter que, si vous avez besoin de plus de gain, d’autres modèles de la même marque comme ceux de la série sur la série Clarett vous intéresseront sans doute (57dB pour la Clarett 4Pre au lieu de 50dB pour la Scarlett 18i8).

Enfin, on retrouve également en façade un large bouton gris argenté, accessible et maniable, qui vous permettra de gérer le niveau de sortie de vos enceintes de monitoring, ainsi que deux sorties casque disposant chacune d’un ampli dédié.

Je trouve ça très pratique, car grâce à cela, il sera possible pour deux personnes d’écouter en même temps un mix au casque tout en gérant indépendamment le volume. Parfait lors du tracking ou bien pour écouter un mix avec un ami, surtout si les casques utilisés n’ont pas la même impédance.

En face arrière

Connectiques de l'interface Scarlett 18i8

Sur la face arrière, on retrouve bien sûr des branchements pour le câble USB et l’alimentation, puisque cette interface audio n’est pas alimentée via le port USB (ce qui lui permet de gagner légèrement en plage dynamique au niveau des préamplis).

De plus, quatre entrées non préamplifiées, au format jack, sont présentes. Elles permettent de connecter facilement du matériel hardware au niveau ligne tel que d’autres préamplis.

A ceci s’ajoutent deux connecteurs de sortie (gauche/droite) pour brancher vos enceintes de monitoring.

Mais pourquoi seulement deux ?

Je trouve ça un peu surprenant : vu que les enceintes monopoliseront ces deux sorties, cela signifie qu’il sera impossible de brancher en même temps un compresseur ou un égaliseur externe pendant le mixage ! Ou alors, il faudra débrancher les enceintes… ce qui ne sera probablement pas souhaitable !

Pas très pratique — et je dois bien avouer que c’est pour moi le principal point négatif de cette interface. Ceci dit, si vous n’utilisez pas de matériel hardware externe pour le mixage, ce détail sera pour vous un non-problème. Et puis, si la 18i8 vous intéresse mais que ce point vous dérange, vous pourrez bien sûr vous orienter vers la 6i6 ou la 18i20 de la même marque, toutes deux identiques en qualité mais différentes en termes de connectiques.

Pour finir, quelques autres connectiques utiles sont disponibles sur la 18i8, ce qui lui permettra de s’adapter à de nombreux contextes différents de (home) studios :

  • un port d’entrée ADAT pour augmenter le nombre d’entrées, par exemple via l’Octopre de la même marque ;
  • une Entrée et une Sortie MIDI ;
  • une Entrée et une Sortie S/PDIF (connectique RCA).

Latence et logiciels

Focusrite Control et latence

En termes de logiciels, on retrouve tout d’abord « Focusrite Control » qui est un outil permettant comme son nom l’indique de contrôler l’interface. Par exemple, c’est depuis ce logiciel que vous activerez ou désactiverez les pads sur les entrées, ou que vous choisirez le niveau d’impédance selon que vous enregistrez un instrument en direct ou via un microphone.

Le logiciel Focusrite Control livré avec la 18i8

Focusrite Control permet également de faire tout ce qui est routing.

S’il est parfaitement fonctionnel et relativement simple à utiliser, il propose toutefois moins d’options que certains équivalents d’autres marques.

Enfin, c’est aussi depuis ce logiciel que vous contrôlerez la fréquence d’échantillonnage, qui impactera la latence.

Cette dernière est d’ailleurs plutôt très bonne. A titre d’exemple, sur mon PC fixe (Core i5-3570K et 14 GB de RAM), je peux atteindre :

  • 7.89 ms avec un buffer de 64 samples, à 44100 Hz
  • 3.90 ms avec un buffer de 64 samples, à 96000 Hz

(à noter qu’il s’agit de la latence aller/retour)

Aucun soucis, donc, pour utiliser les plugins d’effets de votre DAW tout en jouant de la guitare…

Séquenceurs et plugins

Par défaut, la Scarlett 18i8 de Focusrite est livrée avec tout un package de logiciels et plugins tous très intéressants.

Vous aurez ainsi des licences pour :

  • Ableton Live Lite et Pro Tools | First, deux séquenceurs en version allégée ;
  • une license pour le clavier/piano virtuel Addictive Keys de la marque XLN Audio (il convient de choisir entre les modèles suivants : Modern Upright, Studio Grand, Electric Grand ou Mark On) ;
  • le package Time and Tone de l’excellent développeur Softube, qui inclut
    • la réverbe TSAR-1R
    • l’effet d’écho Tube Delay
    • le compresseur multi-bande Drawmer S73 Intelligent Master Processor
    • le Saturation Knob (autrement accessible gratuitement)
  • des plugins Focusrite, qui sans être excellents restent complètement utilisables, surtout pour les débutants ;
  • 2 gigabits de samples Loopmasters.

Et en plus de tout ça, l’enregistrement de votre interface audio Scarlett sur le site internet de Focusrite vous donnera accès au Plugin Collective. En gros, chaque mois, vous pourrez obtenir une licence gratuite ou bien une grosse réduction pour un plugin audio (AAS, Sugar Bytes, Fabfilter, Eventide, AudioThing, iZotope…).

En conclusion

A l’utilisation, je trouve que la Focusrite Scarlett 18i8 est une interface audio USB de bonne qualité, très solide et permettant d’enregistrer en toute confiance ses morceaux dans un contexte home studio.

Si les préamplis manquent un peu de gain pour certains microphones, ils restent suffisamment neutres et fournissent, conjointement avec les convertisseurs, un son précis et agréable.

Si les utilisateurs avancés verront quelques limites ou chercheront un son encore plus détaillé, la Scarlett 18i8 fera sans aucun doute le bonheur des home studios à la recherche d’une interface audio fiable de milieu de gamme, possédant un nombre d’entrées permettant d’enregistrer des instruments avec une certaine flexibilité.

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10 commentaires sur “Focusrite Scarlett 18i8 : Le Test Complet

  1. Anthony Répondre

    Pourtant d’aprés Audiofanzine,

    « …gain allant jusqu’à 60 dB, ce qui est beaucoup mieux qu’avant (plutôt aux alentours de 47 dB)…. »

  2. Clyde Répondre

    Bonjour Anthony, Je cherche actuellement une carte son pour faire à la fois du live et du studio (ableton live 9). Mon set se compose de trois micros voix, une guitare électrique et un clavier midi. Cette carte son serait-elle suffisante pour une telle configuration ou dois-je plutôt m’orienter vers la 18i20 ? Merci d’avance, et bonne journée.
    Clyde

    • Adrien Post authorRépondre

      Bonjour,

      Le clavier MIDI est-il USB ou bien est-ce qu’il y a juste une sortie MIDI ? Dans tous les cas, oui, au vu de ce que vous expliquez la 18i8 suffira. Une recommandation toutefois : en studio, mieux vaudra enregistrer chaque piste séparément plutôt que tous les instruments ensemble.

      Bien cordialement,

      Adrien

  3. Thiebault Répondre

    Bonjour,

    Petite question au sujet de cette interface, comment fonctionnent les entrées à l’arrière vis-à-vis du DAW ?
    Je me rappelle sur une ancienne interface et pour fl studio par exemple, je n’avais accès dans le mixer qu’aux entrées avant, les arrières servant de loop du coup.
    Je me demandais donc comment cela fonctionne sur la scarlett ?
    (Je ne sais pas si ce que je souhaite exprimer est clair)

    Merci d’avance,

    Cordialement,

    • Adrien Post authorRépondre

      Bonjour,
      Pour comparaison, quelle était l’ancienne interface en question ?
      Je ne suis pas 100% sûr de comprendre la question, mais les entrées arrières sont toutes accessibles depuis le DAW. Donc on peut enregistrer directement le signal entrant sur l’une des entrées arrières 🙂
      Adrien

  4. Thiebault Répondre

    Re bonjour, merci pour votre réponse rapide !
    J’avais une Akai EIE Pro, bon peut-être que je m’y prennais mal aussi !
    En tous cas je pense que vous avez répondu à ma question !

    Cordialement,

  5. Karl Répondre

    Salut, merci pour ces commentaires utiles.
    J’avais une EDIROL FA-66, avec 2 entrées, achetée en… 2008 je crois, mais j’ai été surpris avec la Scarlett car avec les mêmes câbles, le même ordi, le même micro, les mêmes enceintes, bref tout pareil, j’ai un souffle assez fort qui apparaît à mi-course du potentiomètre !
    Auriez-vous une idée d’où cela peut venir ?
    Merci d’avance, et merci pour le partage d’expérience

    • Adrien Post authorRépondre

      Bonjour,
      Effectivement, il peut y avoir un peu de souffle en fin de course mais rien d’aussi marqué que ce que tu sembles décrire. Est-ce que ça se produit sur toutes les entrées ? Avec un micro ou un instrument ?
      Adrien

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