6 Façons d’Utiliser l’Automation dans un Mix

On pense souvent à l’automation pour faire varier le volume d’une piste. Ou bien, à la limite, pour un effet de fade-out à la fin d’une chanson.

Pourtant, cette technique permettant de modifier certains réglages au fur et à mesure d’un morceau et présente dans tous les DAWs peut être beaucoup plus utile dans de nombreuses autres situations.

Voici donc une liste de 6 astuces de mixage s’appuyant sur cette méthode. Attention toutefois à ne pas en abuser : trop d’automation peut rendre le mixage vraiment complexe voire même le déséquilibrer complètement.

Automation d'une piste de voix

L’automation de volume pour l’arrangement

Commençons par le plus simple : l’automation de volume avec un objectif d’arrangement musical.

Dans une chanson, les instruments ne jouent pas tous en même temps. Et suivant le passage de la chanson (intro, couplet, refrain…), vous n’avez pas nécessairement envie d’entendre les mêmes choses — ou du moins pas au même niveau.

Une technique utile et facile à mettre en place consiste donc à automatiser le volume de certaines pistes. Par exemple, en faisant varier le volume des synthétiseurs qui jouent des lignes d’harmonie ou, de façon plus évidente, en ajoutant +1 ou +2 dB à la voix sur le refrain pour faire ressortir les paroles.

C’est l’utilisation la plus courante de l’automation.

Une aide à la compression

Toutefois, le volume d’une piste peut être automatisé pour des besoins autres que ceux d’arrangement.

Regardez par exemple la piste de voix ci-dessous :

Une piste de voix qui pourrait utiliser l'automation

Quelque chose vous interpelle ?

Oui, la première partie de cette piste a un niveau clairement plus faible que la seconde. Bien sûr, la compression pourrait aider à corriger cela, mais il est probable que seuls les passages forts seraient compressés.

En effet, ce seront les premiers à taper dans le compresseur, tandis que les passages de chants au niveau faible ne seront presque pas affectés par la compression.

Résultat, il est fort à parier que l’intelligibilité des paroles ne soit pas identique sur la totalité du mix. De même, le caractère du compresseur (si vous utilisez un plugin de compression coloré par exemple) ne s’appliquera pas de façon homogène à toute la piste.

C’est là que l’automation va vous aider : vous allez pouvoir relever les parties faibles de quelques décibels de façon à homogénéiser le niveau de la piste, et donc le niveau de volume qui entrera dans le compresseur. Le résultat sera ainsi plus cohérent.

Gardez la sibilance sous contrôle

Dernière astuce concernant l’automation de volume, le de-essing.

Par défaut, pour éliminer la sibilance, on a tendance à utiliser un de-esser. Et dans bien des cas, il faut le dire, cela suffit.

Ceci dit, dans certaines situations extrêmes, seule l’automation du volume faite manuellement vous aidera à maintenir la sibilance sous contrôle. En effet, cela permet de contrôler précisément l’énergie de chaque syllabe.

Autrement dit, au lieu de pousser votre plugin de de-esser de façon peut naturelle, il vous suffit de corriger localement le niveau des syllabes posant problème.

Automation d’un égaliseur

Bien entendu, il n’y a pas que le niveau des faders qui puisse faire l’objet de réglages d’automation, mais bien sûr l’ensemble des paramètres des différents plugins.

Une technique que j’utilise assez souvent consiste à automatiser un EQ.

Par exemple, on peut imaginer une situation où vous souhaitez donner un peu plus de puissance à une piste de chant sur un refrain. Dans ce cas là, un léger boost (1 dB, 2 dB grand maximum…) sur les médiums s’avérera sans doute très utile — juste sur le refrain bien sûr.

Astuce : pour simplifier l’automation, vous pouvez utiliser un EQ dédié à cette tâche et automatiser le bypass du plugin (ON/OFF) plutôt que de faire varier le gain d’une bande de fréquences.

Automation de l’image stéréo

De même, on peut très bien faire varier l’image stéréo d’un morceau.

Ca m’arrive de le faire lors du mastering, bien qu’il soit également possible d’utiliser cette technique dans le mix.

Au moins deux options sont alors à votre disposition :

  • Automatiser un plugin d’élargissement d’image stéréo (comme Ozone Imager d’iZotope)
  • Automatiser un égaliseur Mid/Side en changeant l’égalisation ou le volume respectif des canaux Mid et Side.

Encore une fois, la subtilité est de mise. L’idée est simplement d’apporter de légères variations qui prendront du sens sur certaines parties du mix uniquement.

Varier le niveau des effets SEND

Enfin, on peut également imaginer d’automatiser le fader de volume des effets send.

Par exemple pour obtenir plus ou moins de réverbe suivant les parties d’une chanson.

Ainsi, si la guitare joue quelque chose de lent (quelques notes égrainées sur une intro…) peut-être qu’une ambiance 3D marquée sera préférable.

Mais si elle devient plus agressive et plus rapide sur un couplet ou un refrain, alors baisser le niveau de la réverbe (ou du delay) temporairement permettra de ne pas noyer le son de la guitare.

En conclusion

Comme vous pouvez le voir, on peut faire énormément de choses avec l’automation. Et pas seulement en l’utilisant pour des variations de volume, même si c’est sans doute son application la plus évidente.

Ce qui est important, c’est surtout d’expérimenter tout en restant suffisamment subtil : l’idée est en effet d’apporter des modifications légères tout en évitant de déstabiliser un mix.

A essayer sur votre prochain mixage 😉

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