Test PSP Infinistrip : la Channel Strip à Latence Zéro

8.7/ 10

Qualité sonore - 8.5

Fonctionnalités / Interface - 8.5

Rapport Qualité/Prix - 9

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POUR
Le workflow intuitif, les fonctionnalités toutes bien pensées, le son sympathique

CONTRE
L'oversampling absent, les restrictions sur la sélection des modules (qui eux sont par contre très variés)

PSP Audioware fait partie des marques que je considère comme fiables sur le marché des plugins.

Depuis sa fondation à la fin des années 90, PSP n’a eu de cesse que de sortir des plugins à chaque fois intéressants, dont certains testés ici-même sur les pages de Projet Home Studio.

Mais parmi la totalité du catalogue de la marque, il n’y avait jusqu’à présent aucune channel strip.

Ce manque est donc désormais corrigé avec Infinistrip, dont je vous propose un test détaillé dans cet article… 🙂

L'interface de PSP Infinistrip

Concept & Interface

Commençons par regarder à quoi ressemble cette Infinistrip et sur quels concepts elle est basée.

Le principe du plugin est assez simple : il s’agit d’une channel strip modulaire. C’est-à-dire que tous les traitements sont accessibles au sein d’une même fenêtre, et que vous pouvez choisir les modules d’effets qui vous intéressent et agencer l’ordre dans lequel ils interviennent.

Certes d’autres fabricants font la même chose, mais la channel strip de PSP se démarque notamment par le fait qu’elle ne génère strictement aucune latence : tous les traitements sont appliqués en temps réels.

Bien entendu, théorie du traitement du signal oblige, cela a obligé la marque à faire quelques compromis (dont notamment le manque d’une option Oversampling, ce qui est plutôt dommage) — mais cela n’empêche absolument pas l’Infinistrip de se positionner de façon intéressante sur le marché des plugins.

Bref, au sein du plugin, nous avons donc 7 créneaux spécifiques réservés à un type d’effet (par exemple, un créneau est réservé aux EQ, un autre aux compresseurs, etc…) plus 2 créneaux pouvant être utilisés pour n’importe quel type. Malgré cette restriction qui dans de rares cas peut être un peu gênante (j’ai eu le cas sur une piste de voix), l’ordre des effets est complètement paramétrable ce qui donne une vraie flexibilité.

Diverses fonctionnalités sont proposées pour chaque module. Ainsi, il est possible de désactiver un effet ou de le mettre en solo ; et par ailleurs PSP a mis en place une option très sympathique permettant de basculer d’effet en effet en conservant les réglages définis au sein d’un même groupe d’effet.

Je m’explique avec un exemple :

  1. vous ajoutez un EQ ;
  2. vous le réglez comme vous souhaitez ;
  3. vous changez le type d’EQ pour avoir accès à une autre couleur sonore ;
  4. et vos réglages sont conservés.

Très pratique à l’utilisation, notamment pour tout ce qui est préamplis.

Enfin, niveau interface, le plugin vous propose trois visualisations différentes correspondant donc à trois tailles très différentes. Ainsi, vous avez le choix :

  • de voir tous les slots de modules disponibles ;
  • de voir uniquement les slots sur lesquels des modules ont été ajoutés ;
  • de ne voir qu’un module à la fois (pratique pour les petits écrans).

Concernant le design, l’esthétique est similaire à ce qu’on peut retrouver sur les plugins récents de la marque : on n’est donc pas nécessairement sur l’interface la plus réaliste qui soit mais elle reste néanmoins très claire et facile à manipuler.

Les préamplis

PSP Infinistrip vous propose 4 simulations de préamplis, auxquelles s’ajoute un module de gain staging simple n’offrant lui aucune coloration.

Le préampli Neve de la channelstrip
La simulation de préampli Neve de PSP Infinistrip

On retrouve ainsi :

  • un préampli « années 60 » très coloré et simulant sans doute un son « à lampes »
  • un préampli « années 70 » à transistors et transfo type Neve
  • un préampli « années 80 » à transistors mais sans transfo
  • un module simulant un convertisseur 12 bits analogique/numérique des années 90

Le premier propose un son assez sombre, mais avec un surplus d’énergie dans les basses. La coloration est agréable, notamment lorsqu’il est poussé un peu fort sur des pistes de basse.

Avec le préampli Neve, le son est plus punchy, mais en restant musical voire parfois un peu lent en raison de la façon dont les transitoires sont adoucis — tandis que sur le « préampli années 80 » ces derniers sont mis en valeur avec un son plus précis et plus frontal.

Enfin, la simulation de convertisseur est plus spécifique en termes d’utilisation, mais je vous conseille de la tester sur des synthétiseurs ou sur des réverbes : si vous aimez les sons des vieux convertisseurs type ce qu’on retrouve sur les Yamaha DX7, eh bien vous serez comblé(e) !

Bref, tous ces préamplis sont plutôt très efficaces et colorent le son de manière intéressante. A chaque fois, des réglages Drive et Noise séparés des réglages de Gain permettent d’ajuster la quantité de saturation et le bruit de fond (attention au léger impact sur les aigus > 10kHz lorsque vous activez le bruit de fond).

Prenons un exemple rapide avec une piste de grosse caisse (tirée de la chanson ‘On The Link’ de James May) :

Les égaliseurs

Dans la même idée que les préamplis, Infinistrip propose 3 EQ différents : ChannelQ, PreQursor et RetroQ.

Les EQ de PSP Infinistrip

Au global, tous ces EQ sont construits de la même façon autour de 4 bandes, désactivables au besoin. Mais bien entendu, chaque égaliseur apporte ses propres spécificités et sa propre attitude.

Le premier, ChannelQ, est pour moi l’égaliseur de base de la channel strip. C’est celui que vous devriez prendre par défaut si vous souhaitez égaliser une piste de façon classique. Les courbes sont plutôt musicales et en tous cas efficaces.

Ensuite, il y a PreQursor, dont le nom devrait vous rappeler cette review que j’avais écrite sur PSP PreQursor 2. Toutefois, il semblerait que PSP n’ait pas juste fait un copier/coller du code de cet EQ et l’ait vraiment complètement adapté à Infinistrip, offrant par là-même 4 filtres en cloche tout en retirant les filtres shelf.

Enfin, le dernier EQ proposé est RetroQ, un EQ plutôt utile si vous avez besoin de courbes d’égalisation amples pour mettre en valeur tel ou tel élément du mix. Typiquement, si vous voulez densifier les basses ou donner de l’air à une piste ou à un groupe — c’est l’EQ qu’il vous faudra prendre au sein de l’Infinistrip.

Écoutons un exemple d’égalisation utilisant en l’occurrence le ChannelQ, sur une piste de voix issue du même morceau que précédemment :

Les effets dynamiques

Différents modules permettant une gestion précise de la dynamique du signal sont intégrés à la PSP Infinistrip.

Gate & Expansion

Trois modules permettant l’expansion du signal sont présents.

On retrouve bien sûr une gate, mais aussi un expandeur dédié ainsi qu’un « ducker », permettant comme son nom l’indique de ducker le signal.

Chacun peut être utilisé en mode sidechain externe, et ils partagent tous les mêmes réglages ce qui facilite l’appropriation des fonctionnalités.

Si vous avez l’habitude de travailler avec des gates, vous ne serez pas perdu(e) puisque ces modules intègrent les réglages usuels d’attaque, de release, de hold et de seuil — mais on notera toutefois la présence d’un sympathique bouton « Shape » permettant d’ajuster plus précisément le comportement de la gate (ou de l’expandeur) vis-à-vis du release de l’instrument.

Compression

Niveau compression, 3 modules dédiés sont intégrés à l’Infinistrip.

Les compresseurs de PSP Infinistrip

Ils permettent de couvrir la plupart des situations de mix que vous puissiez rencontrer, puisque vous avez à disposition :

  • un compresseur opto pour une compression un peu douce qui passera bien sur les pistes de voix ;
  • un compresseur FET très rapide et idéal sur les pistes de batterie ;
  • un compresseur VCA assez punchy et sympathique sur les batteries ou la basse.

Niveau son, je dois avouer que je n’ai pas eu « d’effet waouh » mais que cela n’empêche pas les trois compresseurs de proposer un son plutôt solide et précis. C’est-à-dire que les algorithmes sont plutôt bons, mais qu’ils n’apportent pas nécessairement d’élément nouveau qui les feraient ressortir comme indispensables.

Ceci dit ils font parfaitement le job — surtout le compresseur VCA qui permet d’ajouter facilement du punch.

Voici un exemple du FET et du VCA sur une piste de batterie :

Limiting

Enfin, deux limiteurs viennent parfaire le set d’outils de gestion de la dynamique mis à disposition par PSP : un limiteur Opto et un limiteur VCA.

Peut-être un peu plus faciles à régler que les compresseurs puisqu’on ne va que rarement les utiliser pour retirer au mieux quelques décibels, j’ai plutôt apprécié ces deux modules durant mes tests : l’opto aide à donner de la couleur et à ajouter une texture analogique à vos enregistrements, tandis que le VCA est plus dédié à l’ajout de punch.

Autres modules

Pour clore ce test, parlons un peu des quelques modules que je n’ai pas encore cités mais qui n’en demeurent pas moins des outils indispensables au sein de toute channel strip qui se respecte.

Tout d’abord, Infinitrip vous met à disposition plusieurs modules de filtres, qui vous permettront de nettoyer assez facilement votre signal (typiquement, juste après l’étage de préamplification et avant toute compression).

Ensuite, un module « Master Control » permet d’ajuster le niveau global, la panoramique ainsi que la largeur stéréo (ce dernier réglage est d’ailleurs très efficace !).

Et enfin, un de-hummer et de-esser viennent parfaire l’attirail de fonctionnalités proposé par le plugin.

Et franchement, le de-esser est vraiment magnifique car particulièrement efficace. En quelques secondes, vous pouvez facilement atténuer la sibilance d’une de vos pistes avec plus de facilité que la plupart des autres plugins du marché. L’effet est bluffant, et on appréciera son intégration au set d’outils de l’Infinitrip.

En conclusion

Pour finir, je vous propose d’écouter tout d’abord un mix rapide du morceau de James May utilisant uniquement le plugin de PSP :

Le contraste est clair, ce qui me permet d’affirmer que l’Infinistrip de PSP est un très bon plugin qui joue bien son rôle, malgré les quelques compromis évoqués tout au long de l’article.

Le plugin est flexible, facile à utiliser (notamment grâce à quelques fonctionnalités intéressantes telles que la possibilité de basculer entre deux EQ en gardant les mêmes réglages) et pourra sans problème vous amener à un mix finalisé sans l’aide d’autres effets.

N’hésitez pas, du coup, à tester la version démo pour voir à votre tour ce que vous en pensez ! 🙂

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