Test Plugin : preQursor 2 de PSP

9.2/ 10

Qualité sonore - 9

Fonctionnalités / Interface - 9

Rapport Qualité/Prix - 9.5

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POUR
L'égalisation chaude et très musicale, la facilité d'utilisation, le prix correct

CONTRE
Le réglage de simulation analogique un peu trop subtil, le traitement mid/side qui ne s'applique sur le mid ou le side (une instance du plugin par canal)

PSP est tout sauf un nouveau venu sur la scène des plugins audio.

Au contraire, c’est une marque ancienne connue pour les plugins de qualité qu’elle propose, tels que le célèbre VintageWarmer ou le récent compresseur FETpressor.

PreQursor 2, l’effet testé dans cet article, est avant tout un remake d’un plugin plus ancien du même nom, incluant désormais la technologie Advanced Analog Modelling de la marque. Une version améliorée, en quelque sorte.

Le résultat ? Eh bien, un égaliseur fortement coloré possédant un certain feeling analogique — et surtout, très musical.

Regardons-donc (et écoutons) ce dont il s’agit…

Interface et Fonctionnement

L’interface de preQursor 2 est assez classique, avec des contrôles positionnés à l’horizontale. Elle est plutôt claire et facile à utiliser.

Même si trois boutons ne portent pas d’étiquette, un bref coup d’œil dans le manuel, concis mais suffisant, permet de s’assurer qu’on ne manque pas d’informations.

L'interface de PSP preQursor2

En premier à gauche se trouve un réglage de saturation analogique, qui est activé lorsque le voyant ANALOG est allumé. Tout simplement, il permet de contrôler la couleur du son, générant des harmoniques de façon plutôt subtile (un peu trop, à mon avis).

Ensuite, on retrouve les 5 bandes de l’égaliseur sous la forme d’un premier filtre passe-haut plutôt doux pouvant être positionné de 20 à 250 Hz, puis de quatre filtres en cloche (bell EQ) assez similaires dans leur fonctionnement.

Tout d’abord, leur facteur Q est réglable, mais seulement selon une logique binaire : soit large, soit resserré. Il n’y a pas d’options intermédiaires, ce qui facilite les choix. A noter que le Q est progressif en fonction de l’intensité de l’égalisation.

De plus, les sélecteurs de fréquences n’autorisent eux aussi qu’un choix restreint, car les valeurs qu’ils peuvent prendre sont fixes et réparties de la façon suivante :

  • LF (basses) — 30 à 120 Hz
  • LMF (bas médiums) — 200 à 900 Hz
  • HMF (hauts médiums)— 1.5 à 7.2 kHz
  • HF (aigus) — 10 à 16 kHz.

Certes, on pourrait se dire que ça ne fait pas beaucoup d’options, qu’il serait bien d’avoir plus de contrôle.

Si vous voulez mon avis, je pense qu’au contraire le fait d’avoir moins d’options permet une approche très productive : on se concentre sur le son, avec les outils que l’on a à disposition, plutôt que de passer des heures à ajuster une bande de fréquences entre 320 et 325 Hz.

De plus, à la droite de la fenêtre de preQursor 2, un autre réglage permet d’ajuster du gain de sortie, de -15 à +15 dB.

Juste en-dessous, un bouton portant la mention « SAT » active un second algorithme de saturation lorsqu’il est sélectionné, beaucoup plus sensible que le premier. Dans la chaîne de traitement, cet effet se situe après le gain de sortie, et possède un plafond à 0 dBFS qui ne pourra alors être dépassé.

Au final, comme vous pouvez le voir, le plugin est assez simple à utiliser.

Toutefois, il ne faut pas oublier qu’il peut également fonctionner sur un canal au choix, qu’il s’agisse de canaux stéréos (gauche ou droite) ou encore de séparation Mid/Side du son (centre et côtés) ce qui démultiplie le nombre de situations de mixage ou de mastering sur lesquelles il peut être utilisé.

Et ça sonne comment ?

Lors de mes tests, j’ai véritablement adoré preQursor 2, pour un certain nombre de raisons.

Tout d’abord, c’est un égaliseur particulièrement efficace et en même temps simple à approcher, ce qui facilite son intégration dans n’importe quel workflow de mix.

Il est également très musical, en ceci que les filtres en cloche sont suffisamment larges pour fournir une égalisation harmonieuse, qui ne dénature jamais le son d’origine, sauf bien sûr si l’on pousse les réglages à fond (et encore…).

Je l’ai trouvé aussi très utile pour sculpter le son d’une façon générale. Il possède en effet un caractère chaud et soyeux qui ajoute beaucoup de couleur au mixage et permet au besoin de renforcer les qualités de prises de sons qui seraient initialement un peu plates.

Prenons par exemple cet enregistrement de guitare acoustique, tiré de la chanson « All Souls Moon » de James May (avec son aimable autorisation) :

Comme vous pouvez l’entendre, l’enregistrement n’est pas parfait du tout. Le son est plutôt sourd, étouffé : il manque de clarté et on peut entendre une résonance pas très agréable.

Voici maintenant la même guitare, mais avec preQursor 2 réglé à la volée en une ou deux minutes :

Bien sûr, avec les quatre principales bandes du plugin, il n’est pas possible de corriger le son à 100% : comme je le soulignais plus haut, on est sur une égalisation large, et non pas sur un outil dédié à la correction chirurgicale de détails. D’ailleurs, je trouve le plugin plus efficace sur les boosts de fréquences que sur les coupures.

Quoiqu’il en soit, le son est déjà pas mal amélioré, et je suis sûr que dans un mix complet la guitare serait désormais beaucoup plus audible. Elle a en effet gagné en clarté et perdu en partie les résonances désagréables qui la caractérisaient.

Regardons maintenant ce qu’on peut faire en faisant travailler preQursor 2 en configuration Mid/Side.

Voici le buss de batterie du même morceau, sans effet puis avec un boost assez important des aigus sur le canal « Side » (= sur les côtés) :

Ici, on obtient sans aucun problème une véritable dimension 3D, un peu forcée dans le cas présent mais tout de même très efficace.

On peut d’ailleurs très bien imaginer utiliser preQursor pour le mastering, pour ajouter avec parcimonie de la dimension stéréo sur des refrains.

Seul petit bémol : il n’est pas possible de gérer avec la même instance du plugin le mid et le side : il faut une instance par canal. Pas très pratique, mais on s’y habitue plutôt rapidement.

Saturation Analogique

Enfin, le réglage « ANALOG », bien qu’utile, m’a semblé toutefois trop subtil, ce qui est un peu dommage. Ce n’est pas très grave, mais j’aurais aimé pouvoir le pousser un petit peu plus pour un effet vraiment marqué.

Par contre, en couplant cette fonctionnalité avec l’option de saturation en sortie du plugin, on peut obtenir un certain nombre de textures intéressantes avec un vrai feeling analogique, notamment sur les kicks.

En voici un exemple rapide :

En conclusion

A l’issue de ce test, PSP preQursor 2 apparaît comme une excellente simulation d’égaliseur analogique, produisant un son soyeux et musical, mais avec un caractère variable selon les réglages de saturation sélectionnés.

Facile à utiliser, il permet de moduler à volonté l’ambiance de vos pistes, que ce soit en stéréo ou par le biais du mode d’égalisation Mid/Side.

Au final, s’il possède une sonorité assez vintage, il reste tout de même très polyvalent et embellit le son. Après quelques semaines d’utilisation, je me dis qu’on pourrait presque faire un mix complet avec !

Bravo à l’équipe de PSP pour ce plugin ayant un très bon rapport qualité/prix 🙂 !

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page officielle de preQursor 2.

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