PreSonus Studio 24C Bundle : le Test Complet | Projet Home Studio

PreSonus Studio 24C Bundle : le Test Complet

9.2/ 10

Qualité sonore - 8.5

Fonctionnalités / Fabrication - 9.5

Rapport Qualité/Prix - 9.5

POUR
La qualité de fabrication globale, l'excellent rapport qualité/prix avec en plus un bundle logiciel plus qu'intéressant

CONTRE
Le manque de polyvalence du microphone (par contre idéal pour le streaming/podcasting),

Vous le savez sans doute : je suis depuis plusieurs années un utilisateur convaincu de Studio One, le DAW de PreSonus, qui est au centre de mon studio lorsque l’on parle d’enregistrement et de mixage.

Je vous en parle assez souvent 🙂

Cependant, je n’avais pas encore eu l’occasion de tester du matériel hardware de la même marque — enfin si, mais pas dans l’optique de vous faire un article détaillé.

Heureusement, notamment grâce à l’équipe Woodbrass que je remercie au passage, c’est désormais chose faite avec cette review du Studio 24C Bundle, un pack de matériel home studio plutôt orienté « streaming / podcasting » et contenant :

  • un casque HD9 ;
  • un microphone PD-70 ;
  • et bien sûr une interface audio Studio 24C (d’où le nom du bundle, vous l’aurez compris…).

Nous allons donc regarder tout ça en détail dans cet article !

N’hésitez pas à regarder également, peut-être en guise d’introduction, ma vidéo unboxing dans laquelle je vous présente également les différents produits du bundle :

Une petite interface audio bien efficace

Je commence par le plus important : l’interface audio.

Je dis « le plus important », parce que nécessairement, sans interface audio, il n’y a pas d’enregistrement. Pas de studio.

L'interface audio Studio 24C incluse dans le bundle

La PreSonus Studio 24C prend la forme d’une petite boîte métallique assez esthétique, avec des ailes de couleur bleue plutôt jolies et globalement une très bonne qualité de fabrication.

Tout semble solide, les potentiomètres n’ont pas de jeu : on a confiance instantanément.

Connectiques et Fonctionnalités

En façade avant, on retrouve avant tout deux connectiques combo jack/XLR qui vous permettront de brancher des microphones, des guitares ou encore n’importe quel appareil émettant un signal de niveau ligne.

En position centrale, des indicateurs de niveau à LEDs vous permettent de suivre d’un coup d’oeil le niveau de sortie mais surtout le niveau de vos enregistrements pour vous assurer qu’il n’y ait pas de clipping.

Enfin, sur la droite, différents potentiomètres vous donnent la possibilité :

  • de contrôler le gain individuel de chaque entrée (de 0 à +50dB) ;
  • de régler le niveau de votre écoute casque et de vos enceintes ;
  • de définir si vous souhaitez entendre le signal en entrée de votre interface audio en plus de celui émis par votre ordinateur (tout simplement, il s’agit d’un contrôle de ce qu’on appelle le « direct monitoring »).

Un petit switch (de couleur bleue lorsqu’il est allumé, on appréciera la cohérence du design) permet enfin d’activer l’alimentation fantôme sur vos deux entrées.

A l’arrière de la PreSonus Studio 24C, on retrouve bien sûr la prise USB-C à relier à votre ordinateur avec les câbles fournis, mais aussi des sorties au format jack pour les enceintes, un couple d’entrées/sorties MIDI (très appréciable pour le prix) ainsi que la sortie casque.

Personnellement, j’aurais préféré que celle-ci soit en position frontale car je trouve ça plus pratique, mais au final on s’y habitue assez vite. Tout dépend de la fréquence à laquelle vous débranchez votre casque et de l’endroit où vous avez installé votre interface audio dans votre home studio.

Performances

En termes de son, je trouve que la Studio 24C s’en sort plutôt très bien dans la gamme de prix.

Les sorties casques et enceintes fournissent un son assez clair et précis — aucun soucis de ce côté là.

Les préamplis quant à eux se comportent bien et sont plutôt transparents, avec un bruit de fond bas sauf en fin de course des potentiomètres de gain, ce qui n’est pas une surprise sur ce type d’interface.

On notera toutefois que la quantité de gain est un peu juste pour le microphone PD-70 livré avec, bien qu’il soit possible de booster le gain en post-production sans trop de problème (c’est-à-dire sans que le bruit de fond ne ressorte de façon désagréable).

En termes de latence, globalement tout va bien avec des performance honorables sur ma machine (i7-9700k) :

Nombre d’échantillonsLatence entréeLatence sortieLatence totale
162,00 ms2,47 ms4,47 ms
322,36 ms2,47 ms4,83 ms
643,08 ms2,47 ms5,55 ms
1284,54 ms4,47 ms9,01 ms
2567,44 ms7,46 ms14,9 ms

Comme toujours, suivant la puissance de votre ordinateur, la latence que vous obtiendrez pourra être différente.

Universal Control

Pour contrôler les paramètres de votre interface audio, il vous faut bien sûr un petit logiciel utilitaire.

Pour les outils de la marque PreSonus, il s’agit de « Universal Control », que vous pouvez télécharger directement depuis votre compte PreSonus une fois le numéro de série de votre matériel enregistré sur celui-ci.

Globalement, il est simple à utiliser même s’il faut, sur Windows en tous cas, cocher le bon driver parmi une dizaine d’options (en l’occurence, il faut choisir « Studio USB Driver »).

Une fois le programme installé, vous pouvez facilement ajuster la fréquence d’échantillonnage de la Studio 24C (de 44.1 à 192 kHz), la taille du buffer ou encore activer la fonctionnalité de « loopback », essentielle notamment pour les streamers qui souhaitent diffuser le son de leur ordinateur en même temps que celui de leur microphone — on appréciera nécessairement la présence de cette option.

Bundle logiciel

Enfin, il est important de préciser que l’interface est livrée avec un bundle logiciel assez impressionnant.

En effet, en achetant ce matériel, vous avez tout d’abord gratuitement accès à la version « Artist » de Studio One, qui coûte en elle-même une centaine d’euros.

Comme je le disais en introduction, Studio One est mon DAW favori et vous pouvez lire ma review de la version complète ici.

Si la version « Artist » contient bien sûr un peu moins de fonctionnalités, elle n’en reste pas moins complètement fonctionnelle pour un usage home studio — et je dirais même largement suffisante pour la plupart des débutants.

A ceci s’ajoute toutes sortes de plugins d’effets et d’instruments de grande qualité.

On se demande presque comment il est possible que PreSonus propose tout ça gratuitement avec ses interfaces :

  • Ableton Live Lite ;
  • des synthétiseurs de chez Arturia ou Cherry Audio ;
  • un piano de chez UVI et une basse de chez UJAM ;
  • des effets de chez iZotope, Klanghelm, Lexicon, Plugin Alliance, Native Instruments… ;
  • des packs de samples ;
  • etc.

Bref, tout ce qu’il faut pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions, que vous soyiez grand(e) débutant(e) ou amateur(-trice) plus éclairé(e).

Un microphone orienté broadcast

Au déballage (et vous le verrez sur ma vidéo unboxing en haut de l’article), j’ai été impressionné par la qualité de fabrication du microphone PD-70 livré dans le bundle.

Au vu du prix du bundle, c’est vraiment surprenant.

Le corps est lourd, en métal, bien usiné, et est maintenu sur un arceau métallique qui vous permet de le faire pivoter à volonté.

Le PD-70 de PreSonus, inclus dans le bundle

Il vous suffit de brancher votre câble XLR (fourni dans le bundle) à l’arrière, et vous êtes prêt(e) à enregistrer — surtout que la bonnette en mousse fixée par défaut sur le micro joue plutôt bien son rôle de filtre antipop, en contrôlant efficacement les plosives (les « p », les « b »…).

Par ailleurs, comme son design l’indique puisqu’il ressemble à un microphone connu, le PD-70 est un microphone dynamique. Il rejette très bien les sons à l’arrière et sur les côtés, ce qui le rend très directionnel — idéal dans un contexte de radio ou dans une pièce dont l’acoustique n’a pas été traitée.

En termes de son, on retrouve quelque chose de très typé broadcast, qui sera donc parfait pour le streaming ou le podcasting.

Les basses sont bien développées avec un effet de proximité important lorsque vous rapprochez le microphone, ce qui peut aider à donner de la densité à une voix.

Les aigus, quant à eux, sont corrects mais je les trouve un peu agressifs.

La sibilance, ceci dit, est naturellement bien contrôlée par le microphone, même si en post-production il sera sans doute utile, suivant votre voix, d’ajouter un petit de-esser.

Voici un exemple audio type « voix-off », sans traitement, enregistré directement sur la Studio 24C avec un boost de +18 dB en post-production.

Texte : L’Étrange Maison haute dans la brume, H.P. Lovecraft

Dans l’absolu, vous pouvez aussi l’utiliser pour le chant, mais je trouve qu’il offre un son un peu trop fermé (trop « broadcast » justement), et donc ce ne serait pas mon premier choix pour cette application. J’irais plutôt sur les bundles avec le microphone à condensateur M7 de la même marque, si tel était le besoin.

Par contre, par exemple sur des amplis guitare, le PD-70 peut être intéressant en produisant un son précis, compact et puissant qui n’aura pas de problème à ressortir dans le mix.

Voici un exemple audio de riff hard-rock/metal joué avec une Yamaha RGX A2 sur un Marshall 8240 (enregistré bien sûr avec la Studio 24C) :

4 mesures avec 1 seule guitare, 4 mesures avec une deuxième prise en stéréo, et 8 mesures avec 2 guitares en stéréo et un peu d’égalisation

Un casque fermé efficace

Enfin, après avoir vu l’interface et le microphone, il nous reste à parler du casque HD9, le casque fermé également inclus dans le bundle.

De même que pour le micro, on est tout de suite agréablement surpris par la qualité de fabrication.

Le design est sobre, de couleur noire, avec juste le logo PreSonus sur chaque oreillette.

La forme rappelle la série des M50X d’Audio-Technica — et si c’est bien cette marque qui l’a fabriquée pour PreSonus, cela donne plutôt confiance de prime abord.

L’arceau est bien entendu réglable, les coussinets des oreillettes épais et confortables bien qu’ils tiennent peut-être un peu chaud sur la durée.

Le casque fermé HD9 de PreSonus, inclus dans le bundle

Mais comment tout cela sonne-t-il ?

Eh bien, comme d’habitude pour mes reviews de casques ou d’enceintes, je vous propose quelques commentaires basés sur quatre morceaux de référence.

(Remarque : les liens ci-dessous sont des liens YouTube, mais les morceaux sont bien entendu écoutés en version FLAC.)

Ed Sheeran – I See Fire

I See Fire, extrait de la bande-son du Hobbit, est toujours intéressant à écouter au vu de la qualité de la production.

Avec le HD9, on constate une bonne articulation de la guitare, avec un niveau de détail appréciable.

La réponse dans les basses est profonde, avec du punch et un bon niveau de précision.

On regrettera par contre des aigus pas assez ouverts et une séparation imparfaite des différents instruments.

L’image stéréo, par contre, est correcte, et le final du morceau est toujours très appréciable avec ce casque.

Daft Punk – Get Lucky

Sur cette chanson de Daft Punk, on est instantanément marqué par le punch du kick et de la ligne de basse, retranscrit avec clarté et de manière suffisamment détaillée.

Les médiums sont par contre un peu durs / résonants, ce qui peut être gênant sur la voix — qui ceci dit ressort bien dans le mix.

On note enfin un bon détail dans les hauts-médiums sur les claps, ainsi qu’une bonne perception de la réverbe et des détails de la guitare funk.

Rage Against The Machine – Killing In the Name

Sur ce morceau emblématique des années 90 qu’est Killing In The Name, la ligne de basse est détaillée, agréable à écouter, et présente une bonne séparation par rapport à la grosse caisse dans la totalité du morceau.

La voix peine un peu à se séparer, voire est un peu en retrait au profit des guitares, dont la réponse dans les médiums est vraiment mise en avant (agréable en termes de son, mais avec du coup un petit déséquilibre).

Au global, le morceau est toutefois agréable à écouter avec le HD9.

J.B. Lully – Marche pour la cérémonie des Turcs (Jordi Savall)

Enfin, bonne surprise pour cette composition de Lully : la dureté sur les médiums repérée sur les autres morceaux ne gêne pas ici. Au contraire, les cordes sont mises en valeur de façon agréable.

Les tambours ressortent avec une vraie profondeur, notamment grâce à la réponse étendue du casque dans les basses.

On aimerait peut-être une image 3D un peu plus large et un peu plus d’air dans les aigus, mais n’oublions pas que le HD9 est un casque fermé.

Donc, plutôt un casque orienté pour l’enregistrement que pour le mixage fin.

Et à ce titre, il s’en sort donc très bien sur les morceaux de référence ci-dessus — surtout au vu du prix du bundle.

En conclusion

Au final, ce bundle est pour moi une très bonne surprise.

Avant de le tester, j’étais un peu réservé sur le micro et le casque au vu du prix, mais ces craintes se sont vite dissipées lors de mes premiers tests.

L’interface, tout d’abord, est tout à fait performante pour une utilisation home studio ou streaming : le son est bon, les drivers sont stables et le package de logiciels fourni avec est plus que qualitatif.

Le microphone, quant à lui, ressort par la qualité de sa fabrication. En termes de son, certaines choses sont améliorables bien sûr mais pour un usage broadcast/streaming il fera le job sans problème.

Enfin, le casque HD9 est largement suffisant pour débuter. Ce n’est pas un casque ouvert de mixage, mais un casque fermé — donc plutôt utile pour l’enregistrement, et à ce titre là il fait, lui aussi, très bien le job.

Bref, un bundle intéressant à un prix très honnête !

Le bundle Studio 24 C de PreSonus

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