Test Plugin : Dopamine d’Overloud

9.3/ 10

Qualité sonore - 9.5

Fonctionnalités / Interface - 9.5

Rapport Qualité/Prix - 9

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POUR
Le son excellent, la facilité d'utilisation, l'originalité

CONTRE
Rien

Dopamine n’est pas le premier plugin d’Overloud, et plus particulièrement de leur série d’effets vintage Gems, que je teste sur ces pages : je m’étais déjà penché il y a quelques temps sur EQ84 et le très sympathique Tapedesk.

Si ces deux effets étaient intéressants, Dopamine m’intriguait encore plus de par son caractère presque unique et en tous cas original dans le monde des plugins audio.

En effet, il s’agit d’une émulation de réducteurs de bruits vintage à bandes magnétiques, utilisés en studio de façon parfois détournée pour rehausser le contenu harmonique des pistes — et notamment de lignes de chant.

La technique étant somme toute peu connue, en particulier des utilisateurs home studio, et n’ayant en toute honnêteté jamais eu l’occasion de tester le matériel hardware par moi-même, j’étais impatient de voir ce que Dopamine réservait…

Le concept

Dopamine est un plugin double, dans le sens où il simule deux encodeurs à bandes très différents :

  • Dolby 361-A
  • TEAC AN-180 Dolby Noise Reduction unit
Le Dolby 361 émulé par Dopamine
Un Dolby 361 (CC BY-SA 3.0 PJ)

Ces deux appareils, initialement conçus comme des suppresseurs de bruits, se sont rapidement avérés comme intéressants en tant qu’effets de mixage puisqu’ils permettaient par exemple :

  • d’ajouter de l’air et de la présence dans les aigus des morceaux, d’une façon dense qui tranchait dans le mix ;
  • à l’occasion, d’ajouter un certain effet de cohésion sympathique grâce à l’utilisation de bandes magnétiques.

On pouvait d’ailleurs charger différentes cartouches dans le cas du Dolby 361-A, lesquelles étaient parfois modifiées manuellement pour obtenir tel ou tel effet.

La technique d’utiliser ces appareils pour faire gagner en clarté les mix est employée depuis les années 80. On peut notamment l’entendre sur des albums de Queen ou d’AC/DC.

Et c’est ce qu’Overloud a souhaité modéliser avec Dopamine.

Interface / Design

L’interface est on ne peut plus simple, à l’image du hardware d’origine.

Comme d’habitude sur les récents plugins Overloud, elle est d’ailleurs très esthétique avec un design solide et inspirateur.

L'interface de Dopamine

Comme je l’indiquais plus haut, Dopamine nous donne accès à deux simulations différentes :

  • 361 — avec un design clair
  • 180 — avec un design foncé.

A chaque fois, les niveaux du son « dry » (brut) et du son « wet » (avec effet) peuvent être ajustés indépendamment, car l’effet est à mon goût trop marqué pour être utilisé seul.

Si la simulation « 180 » est assez simpliste, le 361 offre deux options supplémentaires:

  • Un compresseur à un seul bouton, simple mais suffisant ;
  • Deux cartouches au choix, qui peuvent être alternées en cliquant sur le lecteur situé à droite du plugin :
    • A Type — une cartouche standard
    • Noise Stressor — plutôt dédiée à l’ajout d’air sur les voix grâce à un rendu concentré sur les aigus.

Au final, comme vous pouvez le voir, l’interface est assez minimaliste. Mais c’est uniquement parce que la puissance de Dopamine réside avant tout dans l’algorithme audio employé.

Ajoutez de l’air

J’ai été très agréablement surpris par la qualité du son et la facilité d’utilisation du plugin d’Overloud.

Les deux simulations sont très efficaces, bien que j’ai une préférence pour la 361 qui me semble plus polyvalent.

Concrètement, Dopamine permet principalement d’ajouter de l’air, de la présence aux pistes en ajustant leur contenu harmonique. C’est donc bien sûr pour les voix leads et pour les chœurs qu’il s’avère le plus utile : en quelques secondes on peut gagner en clarté et faire ressortir une piste de chant dans le mix.

Prenons tout de suite un exemple réel avec un extrait du morceau « Outer _ » du groupe new-yorkais Woodfire (merci à eux d’avoir accepté que j’utilise leurs sons !).

Voici la piste de chant traitée avec de la saturation, un EQ et de la compression (type 1176/LA-2A), mais sans Dopamine :

Ajoutons maintenant Dopamine (modèle 361, cartouche Noise Stressor) et réglons le plugin de façon à n’obtenir que le son wet :

Bien entendu, comme je l’indiquais un peu plus haut, l’effet est très marqué et ne peut être utilisé en l’état : il faut le remixer plus subtilement au son dry pour vraiment en profiter. Comme ici, avec 30% de son wet :

Sympathique, n’est-ce pas ? On gagne clairement en présence, sans complexifier le travail avec des courbes d’égalisation complexes.

Et l’avantage, c’est que ce traitement aide à faire ressortir le chant dans le mixage sans toutefois interférer outre mesure avec les fréquences des autres instruments.

Par exemple, voici un mix rapide du même morceau, d’abord sans Dopamine puis avec :

Enfin, en testant le plugin, je me suis rendu compte qu’il pouvait également être pratique dans de nombreuses autres situations. Vous pouvez par exemple imaginer ajouter du claquant à une guitare acoustique, ou bien renforcer un mix complet en ajoutant Dopamine sur le mix buss.

Voici donc un dernier fichier audio avec la simulation 361 et la cartouche A Type affectant de façon « subtile » la totalité du mixage (et que vous pouvez comparer au fichier audio précédent) :

Étonnamment, on gagne en cohésion et en puissance : le son se renforce et devient plus net.

En Conclusion

Dopamine est un excellent plugin, relativement unique en son genre et donnant accès à une technique old -school bien spécifique et possédant un son caractéristique.

En quelques secondes, vous donnez vie à vos pistes. Notamment pour tout ce qui est pistes de chant, car le plugin permet d’ajouter facilement de l’air en générant des sons qui tranchent à travers le mix.

Une vraie réussite d’Overloud, que j’utiliserai sans aucun doute régulièrement sur mes propres mixages. Vous l’aurez compris : j’adore 🙂 !

Verdict : à tester d’urgence…

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