Comment Mixer des Cymbales et Overheads

Aussi surprenant que ça puisse paraître, le mixage des cymbales et charlestons est en règle général extrêmement simple.

C’est vrai qu’on a parfois tendance à vouloir ajouter à tout prix des effets. Des égaliseurs, des compresseurs, etc. Cependant, pour les cymbales, il est souvent mieux de ne rien faire.

Ou presque.

En partant de ce constat, j’ai compilé dans cet article les techniques que j’emploie la plupart du temps pour ces instruments ou pour les overheads (microphones placés au-dessus de la batterie pour une prise de son stéréo).

Vous allez voir, c’est tout simple 😉

Cymbale
D’après une photographie de LongitudeLatitude sous licence CC BY 2.0

L’égalisation des cymbales

Un premier nettoyage classique

Comme pour la caisse claire par exemple, la première étape va consister à nettoyer votre piste de cymbales ou overheads.

Autrement dit, retirer avec un filtre passe-haut (HPF) les fréquences inutiles qui polluent le bas du spectre audio. Vous allez ainsi filtrer les basses, ce qui sera particulièrement utile pour faire ressortir correctement votre piste de grosse caisse (si elle est bien égalisée, bien sûr).

La plupart du temps, je me retrouve à couper entre 300 et 400 Hz, ce qui est plutôt un bon compromis.

Si vous souhaitez avoir un son un peu plus organique en laissant passer un peu le son des autres instruments de votre kit de batterie, vous pouvez couper un peu plus bas. Si vous voulez un son moderne et précis, vous pouvez monter vers 500-600 Hz, mais attention à ne pas trop faire perdre d’énergie à vos cymbales !

De la place pour la voix

Bien entendu, les cymbales ont un spectre audio principalement centré sur les haut-médiums et les aigus. Du coup, si vous n’y prêtez pas garde, elles risquent de couvrir la voix de votre chanteur/euse.

Pour éviter ça, il vous sera bien souvent utile de couper quelques décibels entre 1.5 et 6 kHz avec une égalisation en cloche.

Dans la mesure du possible, essayez de ne pas avoir la main trop lourde avec l’EQ. Autrement, si vous faites un gros trou dans votre spectre de fréquences, vos cymbales sonneront de façon bien peu naturelle.

Plus clair ? Plus sombre ?

Et enfin, le réglage le plus intéressant : celui de la présence.

Suivant vos cymbales, les microphones ou les samples que vous avez utilisés, votre son sera plus ou moins brillant.

Pour en contrôler la couleur, je vous conseille d’utiliser un filtre high-shelf avec une pente douce. Si vous voulez plus d’aigus et un son plus aérien, ajoutez quelques décibels au-dessus de 6-8 kHZ. Pour un son plus sombre et un peu vintage, au contraire, n’hésitez pas à couper largement autour des mêmes fréquences.

Exemple d'EQ High-Shelf sur une piste de cymbales
Un exemple d’égalisation high-shelf sur une piste de cymbales. On ajoute de la clarté et de l’air avec une pente douce et naturelle. Attention, faites bien attention à l’échelle horizontale : le filtre ne commence à être actif qu’au dessus de 3-4 kHz

De la compression sur les cymbales ?

Ah, c’est un grand sujet – et il faut le dire, tout le monde n’est pas d’accord.

Vous vous ferez votre propre avis, mais si vous débutez dans le mixage, je vous conseille de garder les choses simples. Notamment en ce qui concerne la compression.

La plupart du temps, compresser les pistes de cymbales/overheads s’avère inutile. Ou du moins, non nécessaire.

En effet, vous risquez de dénaturer votre son au lieu de l’améliorer.

(Toutefois, si malgré cela vous tenez toujours à utiliser un compresseur, essayez plutôt de compresser votre bus de batterie complet ou bien testez la technique de compression parallèle.)

Le plugin Spitfish de Digital Fish Phones
Spitfish, un de mes De-Essers favoris

Par contre, il est beaucoup plus intéressant de ses pencher du côté des De-Essers.

Certes, les De-Essers sont avant tout conçus pour retirer la sibilance d’une voix, c’est-à-dire les sons de sifflements comme ceux émis lorsque l’on prononce la lettre « S ».

Mais en réalité, il s’agit de compresseurs agissant uniquement sur une bande de fréquences donnée.

Dans le cas de notre piste d’overheads, vous verrez qu’ils vous aideront souvent à contrôler l’agressivité des cymbales et vous éviteront d’avoir un son trop criard.

La magie de la saturation

Comme vous l’avez compris grâce à la première partie de cet article, très peu d’effets sont nécessaires pour les cymbales/overheads – à part un peu d’EQ.

Plugin Saturation Knob de Softube
Saturation Knob, un excellent plugin de saturation de l’éditeur Softube

Cependant, il y a tout de même une technique que j’utilise très souvent.

Suivant l’enregistrement, et en particulier si vous utilisez des samples, le son des cymbales ou des hi-hats peut parfois sembler un peu plat. Il manque de ce côté « scintillant », organique et réaliste qui lui donnera vie.

Si l’égalisation ne vous permet pas d’atteindre le son que vous voulez, alors je vous conseille d’ajouter de la saturation.

Attention, je ne parle pas du tout de grosse distorsion, mais bien de plugins de saturation réglés subtilement. En plus, il en existe plein de gratuits.

Surtout, ne poussez pas l’effet à fond. Montez le niveau de saturation jusqu’à ce que vous l’entendiez, puis rebaissez-le un tout petit peu.

Et hop ! C’est fait ! En quelques secondes, vous avez donné de la couleur à vos cymbales. 🙂

Un exemple audio

Pour que ça soit plus clair, je vous ai fait un petit mix rapide d’une chanson de James May, All Souls Moon – avec son aimable autorisation. Vous trouverez plus d’infos sur lui sur son site, www.thatjamesmay.com

J’ai simplifié un peu la piste, en retirant certains instruments. Pour la batterie, j’ai gardé la grosse caisse, la caisse claire et les overheads.

Vous l’aurez compris : c’est sur ces derniers que nous allons nous concentrer.

Voici la piste sans aucun effet :

En suivant les idées expliquées dans cet article, j’ai décidé (en écoutant le mix complet) d’ajouter :

Voici le résultat :

« C’est le jour et la nuit. »

Cependant, en dehors du contexte d’un mix, ça ne parle pas vraiment. Voire même, ça sonne un peu moins naturel (bon, je vous l’accorde, j’ai un peu forcé l’effet volontairement).

Alors, pour que l’exemple soit plus complet, vous trouverez ci-dessous un mix entier (avec mastering), d’abord sans effet puis avec EQ et Saturation.

Tout de suite, les overheads ressortent beaucoup mieux et la batterie prend vie. J’en ai d’ailleurs profité pour ajouter du claquant à la caisse claire grâce aux overheads.

Sans effet par contre, les cymbales restent vraiment en retrait et ont moins de texture…

En conclusion

Voilà voilà, j’espère que ça vous a aidé à voir un peu mieux comment vous pouviez traiter une piste de cymbales ou overheads.

En résumé :

  1. Egalisation : à utiliser de façon simpliste pour filtre un peu les fréquences non voulues et pour gérer la sonorité des cymbales
  2. Compression : uniquement si vous en avez vraiment absolument besoin, et plutôt grâce à un De-Esser
  3. Saturation : la petite botte secrète pour donner un côté organique à votre enregistrement

Et c’est tout ! Pas besoin de se prendre la tête… 🙂

 

3 thoughts on “Comment Mixer des Cymbales et Overheads

    • Adrien Auteur ArticleRéponse

      Merci pour ton commentaire Bruno 🙂 Tu me diras si ça t’a été utile !

  1. Julien Réponse

    Je connaissais le coup de la légère saturation sur la caisse claire pour la faire ressortir dans les médiums, mais j’avoue ne jamais y avoir pensé pour les cymbales, c’est à tester 😉

    Y a pas mal d’applications avec la saturation en fait!

    Pour les cymbales, rares sont les cas où j’ai dû faire bien plus que: accordage et égalisation (batteries à base de samples).

    Merci Adrien pour cet article!

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