Test Plugin : Britson de Sonimus

9.7/ 10

Qualité sonore - 10

Fonctionnalités / Interface - 9

Rapport Qualité/Prix - 10

Acheter

POUR
La simulation analogique convaincante, la subtilité, le prix

CONTRE
Objectivement, rien.

Sonimus, c’est un éditeur de plugin qui depuis 2009 nous propose des plugins à des prix attractifs et toujours d’excellente qualité. Ainsi, leur compresseur TuCo a été utilisé dans la bande son du second opus des Gardiens de la Galaxie.

Aujourd’hui, c’est au tour de Britson, une simulation de console Neve 8014 vintage, de passer au banc d’essai de Projet Home Studio.

Vous allez voir : il s’agit d’un plugin très subtil mais en même temps très intéressant…

Fonctionnement de Britson

Britson contient en réalité deux plugins :

  • Britson Channel — qu’il convient de placer sur chaque piste pour reproduire la façon de travailler analogique par tranche de console ;
  • Britson Buss — qu’il faut positionner sur les buss ou plus logiquement sur le master. Celui-ci permettra notamment de contrôler, si on le souhaite, l’ensemble des autres instances du premier plugin.

Le concept, très simple, est le suivant : on ajoute Britson sur toutes les pistes pour un effet subtil mais cumulatif. Autrement dit, même si l’ajout de couleur est léger à l’échelle d’une seule piste, le mix tout entier sera impacté de façon plus marquée.

Toutefois, si on pousse l’effet, on peut bien sûr obtenir un son plus agressif en basculant au besoin dans une distorsion old-school.

Donc, une utilisation double dépendant du type de sonorité recherché.

L’interface

Britson Channel

L'interface de Britson ChannelL’interface utilisateur est complètement fonctionnelle mais je dois avouer que j’ai trouvé le design un peu austère. Ceci dit, il est accessible et facile à lire, donc ce n’est pas très grave.

Sur Britson Channel, on retrouve principalement un Fader qui va servir à faire du gain staging. La procédure complète est décrite dans le manuel de Britson, mais globalement il est conseillé de prérégler les niveaux de ses pistes à partir du plugin avant d’utiliser les faders du DAW.

En toute logique, Sonimus conseille de régler par défaut les pistes autour de 0 dBVU — comme sur les consoles analogiques.

Bien entendu, plus le fader est haut, plus il y a de saturation, celle-ci ayant un comportement non linéaire.

Pour obtenir un effet plus proche de l’overdrive, il suffit d’engager le mode « FAT ». Le son deviendra alors chaud et très saturé, avec un vrai feeling analogique. Ceci est notamment dû à une compression marquée rendant le son plus agressif.

A ceci s’ajoutent des filtres passe-haut et passe-bas, très musicaux et offrant une égalisation douce, idéale pour façonner le son.

Britson Buss

L'interface de Britson Buss

Lorsque l’on lance Britson Buss, on voit tout d’abord une interface épurée : les contrôles sont limités et c’est volontaire, puisque l’idée est simplement d’avoir une simulation de sommation analogique.

Toutefois, c’est aussi via ce plugin que va être géré le « grouping ».

Concrètement, chaque instance de Britson Channel peut être affectée à un groupe numéroté de 1 à 8.

Une fois ceci effectué, l’ensemble de ces plugins pourront être contrôlés de façon synchronisée dans Britson Buss. Ainsi, il sera possible en un seul clic :

  • d’ajuster le niveau du groupe ;
  • de contrôler la saturation ;
  • de désactiver de façon globale l’algorithme de saturation.

Au vu du principe de fonctionnement expliqué plus haut, cette option est vraiment idéale pour gérer facilement ses plugins, et ajuster aisément leur impact sur le mixage.

Une vraie console analogique

Contrairement à d’autres simulations existantes, Britson de Sonimus est particulièrement subtil.

Et c’est ce qui fait sa force, puisqu’il modifie le son de façon réaliste. En effet, les consoles analogiques n’affectent le son que de façon marginale — et c’est tout à fait ce que Britson fait.

C’est presque déroutant, en fait. Il faut prendre le temps de bien écouter et comparer les pistes, avec et sans effet, pour entendre la légère touche analogique du plugin.

Ceci dit, les bénéfices sont multiples et fortement appréciables.

Exemple 1 : Guitare basse

Commençons par un exemple avec une ligne de basse extraite de la chanson Eliza Jane de James May (http://www.thatjamesmay.com).

Voici la piste sans effet :

Et avec Britson :

Ici, j’ai utilisé le mode « FAT » pour ajouter de la distorsion et réduire la dynamique de la basse pour qu’elle ait un niveau plus constant. L’effet est marqué et le son gagne nettement en chaleur, donnant un caractère assez spécifique à l’instrument qui le rendra un peu plus facile à mixer.

Exemple 2 : Batterie

Sur les pistes de batterie, Britson se montre également très performant en altérant subtilement les caractéristiques des transitoires.

Voici donc un export du buss de batterie de la même chanson, sans effet :

Et avec Britson :

Cette fois-ci, l’effet est beaucoup plus léger.

Une coloration assez audible se retrouve tout d’abord sur la grosse caisse, qui sature dans les basses et semble légèrement compressée.

La caisse claire et les cymbales ressortent quant à elles un peu plus. Ecoutez par exemple la façon dont le craquement de la caisse claire change, ou le léger changement de dynamique de la cymbale ride.

Globalement, Britson semble donner de la cohésion aux aigus tout en les réhaussant légèrement. Résultat : le son gagne en punch et en clarté.

Exemple 3 : Mixdown

Ce gain de clarté est d’ailleurs encore plus audible sur un mix complet.

Je vous laisse comparer :

Sur cet exemple, j’ai utilisé les deux versions du plugin détaillées dans les paragraphes précédents, à savoir Channel et Buss.

On constate tout d’abord une altération de l’image stéréo : la voix ressort un peu mieux, la position des instruments semble plus naturelle et surtout le mix gagne réellement en cohésion. Le son est plus « 3D ».

Les aigus sont aussi raffermis, embellis, et légèrement écrasés. Certains détails ressortent plus, notamment au niveau des cymbales.

D’une façon générale, le morceau semble plus vivant et développe une sonorité analogique particulière et agréable, comme on pourrait s’attendre d’un mix 100% hardware effectué sur une console de mixage.

En conclusion

A l’issue de ce test, j’avoue avoir été bluffé par la qualité de Britson.

J’ai notamment apprécié le fait que l’amélioration sonore apportée par le plugin de Sonimus soit aussi subtile : ce n’est pas un effet spécial, mais bien un outil que l’on règle avant le mixage puis que l’on oublie, pour recréer un workflow de console analogique.

En termes de son, Britson est vraiment très performant et apporte une couleur fort appréciable que l’on remarque en particulier dans les aigus. Toutefois, il impacte en réalité la totalité du spectre, et pourra même être utilisé au besoin comme overdrive sur des kicks ou des pistes de basse.

On cherche des défauts, mais il n’y en a pas. Disponible de surcroît à un prix attractif de 39 dollars, on ne peut que féliciter Sonimus ! 🙂

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page officielle de Britson.

4 thoughts on “Test Plugin : Britson de Sonimus

    • Adrien Auteur ArticleRéponse

      Non je n’utilise que très peu de plugins Waves donc je n’ai pas fait la comparaison.

      Au vu des plugins Waves en général, j’aurais tendance à penser que le NLS sera moins subtil que Britson.

      Mais en termes de qualité tu peux avoir confiance en Sonimus, qui est une marque très solide je trouve. Les deux auront certes des sons « différents », mais je ne pense pas qu’il sera possible de départager un  » meilleur » 🙂

  1. Misere Réponse

    Franchement la différence est tellement subtil (j’ai teste en blind test pas vu de dif) pour moi ça n’a pas d’intêret…

    • Adrien Auteur ArticleRéponse

      Effectivement, c’est très subtil. Après si l’effet est utilisé sur l’ensemble des pistes d’un mix, c’est là qu’il prend plus son sens car il apporte une coloration globale.

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