Test Plugin : Le Clipper/Limiteur Magnus MK2 de HoRNet

9.0/ 10

Qualité sonore - 9

Fonctionnalités / Interface - 8

Rapport Qualité/Prix - 10

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POUR
Le prix, la qualité du son, le design, la simplicité d'utilisation, le fonctionnement du release bien pensé

CONTRE
Pas de bouton "Bypass", pas de possibilité de désactiver l'un des deux étages de traitement, pas d'alerte en cas d'ISP

Magnus MK2, c’est un plugin made in Italy conçu par la marque HoRNet célèbre pour ses plugins à bas prix mais de haute qualité.

Magnus MK2, c’est aussi, comme son nom l’indique, le remake d’un plugin sorti initialement en 2014. De nombreuses fonctionnalités ont été ajoutées, et un redesign complet a été effectué.

L’objectif ?

Proposer un outil fonctionnel et pratique pour le mastering, de façon à faire sonner vos pistes « le plus fort possible » sans dénaturer le son, et ainsi les amener au niveau des productions commerciales en termes de volume.

J’ai donc décidé de le tester, pour voir si oui ou non il était à la hauteur de ses promesses…

Un outil en deux parties

Le principe de base de Magnus MK2 est assez simple, car il s’agit de la combinaison de deux effets :

  • Un clipper
  • Un limiteur

L’outil est donc bien évidemment orienté pour une utilisation dans un contexte de mastering : le son du mix passe d’abord par le clipper, qui tronque les pics les plus forts. Cette étape permet notamment d’éviter que le limiteur soit trop sollicité.

En effet, celui-ci vient juste après. Il va compresser les sons supérieurs à 0 dBFS pour vous donner le volume général souhaité.

A noter que, bien sûr, ce plafond (ceiling) de 0 dBFS peut être ajusté grâce au réglage de gain de sortie.

(Au passage, avant d’aller plus loin et si vous avez des doutes, n’hésitez pas à jeter un œil sur mon article concernant la différence entre clipping et limiting 😉 )

Interface et Fonctionnalités

L’interface est beaucoup plus jolie que la version 1. Elle a subit un lifting appréciable, adoptant désormais une charte de couleur gris clair/orange très « design ».

Un peu plus de contraste aurait peut être été le bienvenu pour certains écrans, mais sur la machine de mon home studio le rendu visuel est très bon.

Le seul vrai problème : pas de bouton Bypass 🙁

L'interface du Clipper et Limiteur Magnus MK2

La partie « Effets »

Sans surprise, l’interface est organisée autour des deux boutons permettant de régler les niveaux du Clipper et du Limiteur.

Malheureusement, il n’est pas possible de désactiver l’un ou l’autre pour s’assurer qu’il n’affecte pas le son, mais ce n’est pas très grave en soit.

Pour chacun de ces deux effets, il est possible d’ajuster individuellement l’oversampling (OFF, 2x ou 4x). L’algorithme est plutôt efficace, avec un impact assez faible en termes de charge CPU (charge du processeur).

Pour le clipper, un simple bouton permet de passer de Hard Clipping à Soft Clipping.

Pour le limiteur, des réglages vous permettent d’ajuster le release. Si celui-ci est réglé en mode automatique, il est alors basé sur le tempo du DAW et adopte une enveloppe en trois étapes, cadencée de la façon suivante :

  • Un temps
  • Une demi-mesure
  • Une mesure

Autrement dit, l’enveloppe de retour du limiteur est plus rapide sur le premier temps, et ralentit au fur et à mesure jusqu’à la fin de la mesure.

Enfin, le ceiling (niveau maximum) est ajusté dans la partie « Output ».

A noter un outil pratique : celui-ci peut être automatisé pour atteindre un niveau spécifié en dBFS, RMS ou LUFS. Pour l’instant le fonctionnement de cette fonctionnalité peut être un peu déroutant suivant votre workflow, mais après avoir posé la question au développeur il semblerait qu’une mise à jour soit prévue dans le futur pour le rendre un peu plus simple.

Outils de mesure (metering)

En plus de l’effet à proprement parler, plusieurs outils de mesures sont disponibles pour vous aider à faire vos choix de compression et vous éviter de trop écraser la plage dynamique de vos morceaux.

Ainsi, plusieurs valeurs sont affichées. Certaines sont simplement au format texte :

  • Niveau (en LUFS)
  • Plage Dynamique (en LU)
  • Niveau RMS (en dB)

…et d’autres sous une forme graphique :

  • Niveau de crête (peak level)
  • Niveau RMS (mesure moyenne sur 600 millisecondes)

C’est très pratique, mais il manque quelque chose d’essentiel : l’affichage des ISP (Inter-Sample Peaks) dépassant le ceiling du limiteur, autrement dit des crêtes potentiellement mal reproduites lors de l’écoute (à cause de la conversion numérique/analogique).

Sachant que lorsque l’oversampling est activé, ce type d’anomalie peut facilement se produire, il aurait été souhaitable d’avoir un moyen de le mesurer, d’autant plus qu’il est souvent difficile de les entendre. Mais bon, au pire, il existe d’autres outils pour ça, tels que la Metering Suite d’IK Multimedia présentée dans ma liste d’utilitaires.

Un son de qualité

Que ce soit pour le clipper ou le limiteur, Magnus MK2 délivre d’une façon générale un son de qualité.

Le clipper

Le clipper est très simple mais aussi très utile. Il coupe efficacement les crêtes.

Comme d’habitude avec ce genre d’effets plutôt extrêmes, la distorsion arrive assez vite. Toutefois, en activant le mode « soft clipper », qui simule une réponse de type analogique, le niveau de saturation baisse drastiquement, autorisant un peu plus de marge de manœuvre.

Le limiteur

Le limiteur, lui, est très transparent. C’est d’ailleurs cette qualité qui est mis en avant sur le site officiel d’HoRNet, et à juste titre.

En effet, même lorsqu’il est poussé assez fort, il a tendance à laisser une certaine dynamique au mixage sans écraser aveuglément les transitoires.

De plus, aucune coloration n’affecte les fréquences, à l’inverse de ce qu’on peut parfois retrouver sur certains limiteurs « vintages ».

En conséquence, il ne modifie le son que par compression, générant au passage des harmoniques de 3ème ordre.

Enfin, le fonctionnement du release (en trois étapes comme décrit précédemment) est également très sympathique, musical, et facilitera la tâche du mastering, tant que le tempo du DAW aura bien été paramétré.

Le limiteur fait donc excellemment bien son job, ni plus ni moins.

Un exemple d’utilisation

Difficile de parler d’effets sans mettre d’exemple audio. Et ce, même si le fonctionnement même des limiteurs biaise la comparaison, puisqu’ils altèrent le volume perçu.

J’ai donc sélectionné pour ce test un mix d’une reprise humoristique de la chanson « Eurovision » (Telex, 1980) faite par le groupe de métal Unseelie (il y a même un clip), avec leur aimable autorisation.

Voici, l’une après l’autre, la version non masterisée (j’ai juste mis un léger EQ et une légère compression/saturation à bande) et la version avec utilisation de Magnus mk2.

J’ai relativement poussé le plugin, en coupant jusqu’à 3 dB avec le clipper et 3 dB avec le limiteur sur les parties les plus fortes.

Ce n’est pas non plus un réglage extrême, mais c’est quand même au moins deux fois plus que ce que j’aurais fait d’habitude dans un contexte de mastering.

Qu’en pensez-vous ?

Si vous faites attention, vous pourrez entendre une légère distorsion apparaître. Toutefois, le son est à mon goût très correct, d’autant plus que les transitoires restent clairs.

En conclusion

Magnus MK2 est donc un outil puissant, permettant d’atteindre des volumes conséquents sans nécessairement annihiler la dynamique du morceau.

Il est de plus très simple à utiliser, permettant grâce à une prise en main rapide d’aller droit à l’essentiel. Et ce, qu’il soit réglé uniquement à l’oreille ou bien à l’aide des nombreux indicateurs de niveau inclus.

Si quelques petites fonctionnalités manquent, c’est tout de même un plugin d’excellente qualité — et au vu du prix il n’y a vraiment aucune hésitation à avoir ! 🙂

Pour plus d’informations sur Magnus MK2, rendez-vous sur la page officielle d’HoRNet.

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