Mercuriall Euphoria, la Simulation d’Ampli Ultime ?

9.5/ 10

Qualité sonore - 10

Fonctionnalités / Interface - 8.5

Rapport Qualité/Prix - 10

Acheter

POUR
La simulation de haute qualité, la très grande polyvalence, le système de simulation de baffle

CONTRE
L'interface un peu grande, le choix de pédales de distorsion (même si la disto de l'ampli suffit largement)

Certes, j’aime beaucoup la marque Mercuriall.

D’une part, leurs simulations d’amplis et de pédales d’effets (et même celles gratuites) sont généralement excellentes — mais d’autre part je trouve leur approche marketing particulièrement saine et orientée vers la qualité du son.

Je n’avais toutefois pas encore testé leurs plugins sur les pages de Projet Home Studio, alors c’est désormais chose faite avec cette review d’Euphoria, le tout dernier plugin sorti par la marque que nous allons regarder en détail ensemble.

Il s’agit d’une émulation du Bogner XTC Ecstasy 101B, une célèbre tête d’ampli américaine au son magnifique et aux caractéristiques sympathiques :

  • 6 lampes 12AX7 dans le circuit de préamplification ;
  • 4 lampes EL34 dans le circuit de puissance ;
  •  3 canaux ;
  • 100 watts…

…et surtout un prix tout autant sympathique de 3700€ environ.

Regardons et écoutons donc ce que Mercuriall a conçu pour nous éviter de débourser cette somme. 🙂

L'interface de la simulation d'ampli Euphoria de Mercuriall

Une interface simple d’utilisation et « design »

J’aime beaucoup commencer mes reviews par essayer de retranscrire mon impression lorsque j’ouvre un plugin pour la première fois.

Avec Euphoria, j’ai tout d’abord été surpris : l’interface est très grande. Vraiment grande, ce qui donne une impression de place perdue, comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessus. Heureusement, trois tailles différentes sont disponibles via un réglage, ce qui permet tout de même de réduire la taille du plugin (mais du coup les textes sont plus petits).

Mais en même temps, l’interface est très esthétique avec une magnifique modélisation 3D de la tête d’ampli et du haut d’un baffle — ce qui donne un peu l’impression de déballer un nouvel ampli.

Et puis, trois designs différents sont disponibles pour la tête, ce qui satisfera aussi bien les adeptes de design moderne, vintage, ou les aficionados des lampes (en plus du design ci-dessus, vous pourrez voir les autres sur les différentes captures d’écran intégrées à cet article).

D’une façon générale, l’interface est séparée en plusieurs parties.

Dans la barre du haut, on retrouve une sélection de presets de très bonne qualité, ainsi qu’un accordeur précis et une option d’oversampling (sans/2X/4X/8X).

Au centre, on a la modélisation 3D d’ampli dont je parlais juste avant, avec un accès direct aux différents réglages dont on reparlera un peu plus loin.

Et enfin, sur la gauche, on peut sélectionner différents modules, ou plutôt pédales d’effets, qui vont bien sûr vous permettre de régler le son que vous voudrez.

A noter que ces pédales, activables ou désactivables, s’affichent dans des fenêtre flottantes au sein de l’interface du plugin, ce qui n’est pas nécessairement facile à manipuler voire donne parfois une impression de surcharge. Mais bon, ce n’est pas un gros problème.

Les pédales avant l’ampli

Quatre types de pédales peuvent être positionnées avant l’ampli.

Bien entendu, on retrouve tout d’abord une Gate qui est à la fois simple à utiliser (comme une gate, quoi) et très efficace.

Ensuite, Euphoria nous met à disposition une pédale wah-wah très complète. Celle-ci peut-être activée à la souris ou directement via votre DAW (par exemple en utilisant un contrôleur MIDI). Différents réglages sont intégrés à la pédale, permettant d’ajuster son comportement assez facilement (range d’égalisation, facteur Q, niveau de boost et courbe de vélocité).

Les pédales d'effets intégrées à Euphoria

De plus, trois pédales de saturation/overdrive sont sélectionnables (1 maximum par session) :

  • une simulation de Tubescreamer TS808 ;
  • une simulation de Mesa/Boogie Grid Slammer ;
  • et une simulation de Boss SuperDrive SD-1.

A noter que les deux premières sont déjà disponibles en tant que plugins individuels gratuits via le site de Mercuriall.

D’une façon générale, lors de mes tests, j’ai vraiment apprécié ces trois pédales d’overdrive, qui permettent de contrôler la tonalité de l’ampli et surtout sa capacité à délivrer un son plus ou moins précis.

Enfin, une unique pédale de distorsion est disponible, à savoir la Metal Area, émulation de la célèbre Metal Zone.

Je dois avouer que ce choix de pédale de distorsion m’a particulièrement étonné. Autant je suis un fervent défenseur de cette pédale qui n’est pas si mauvaise que beaucoup le disent (si bien réglée et appairée au bon ampli, bien sûr), mais pour un plugin simulant un ampli aussi polyvalent que le Bogner, je trouve ça surprenant voire mal pensé.

Du moins, j’aurais bien vu quelques pédales en plus, comme une MXR Distortion ou une Big Muff… peut-être mes rêves seront exaucés dans une mise à jour ultérieure ?

La simulation d’ampli

Dotée d’une brique de préamplification et d’une autre d’amplification de puissance, Euphoria reproduit la totalité des boutons et réglages du Bogner XTC, ce qui est très appréciable — et on a même accès en bonus au « Cameron Mod », une modification de l’ampli plutôt courante.

Bien entendu, cela implique de passer du temps pour comprendre ce à quoi sert chaque bouton, car ce n’est pas tout à fait intuitif.

Mais heureusement, le manuel aide bien sur ce sujet, avec des explications très détaillées.

L'ampli d'Euphoria

Pour faire simple, l’Euphoria vous propose avant tout deux circuits d’amplification, un Classe A (plus de headroom) et un Classe AB (plus de contenu harmonique, plus musical).

A ceci s’ajoutent trois canaux de préamplification (vert/bleu/rouge), un mode old/new permettant au besoin d’avoir accès à un son plus vintage, des réglages de présence (très efficaces !) ainsi que des options de boost dont l’utilité dépendra, je trouve, des micros de la guitare que vous brancherez dessus (humbuckers vs. simple bobinage).

Au global, avant de vous plonger dans les réglages et surtout si vous testez la démo du plugin (ce que je vous encourage fortement à faire), je vous conseille de parcourir avant tout les presets disponibles, qui vous donneront un bon aperçu des sons possibles.

La simulation de baffle

Euphoria intègre un système efficace de simulation de baffle, à l’instar de plusieurs autres plugins de la marque.

Les Impulse Responses proposées, créées en partenariat avec Redwirez, correspondent à un baffle 4X12 doté de 4 types de haut-parleurs différents.

La simulation de baffle d'Euphoria

A l’utilisation, le système est très pratique : vous sélectionnez le baffle de votre choix puis un ou deux microphones (SM57, R121 ou MD421). Chaque microphone peut alors être positionné à votre guise en termes de distance à la grille du baffle mais aussi de position latérale (du centre du baffle à son extrémité).

Vous pouvez donc littéralement sculpter votre son au millimètre près et de façon particulièrement intuitive.

La boucle d’effets

Enfin, au-delà des fonctionnalités déjà évoquées, Euphoria vous propose trois pédales d’effets que vous pouvez ajouter après le circuit de préamplification : un chorus stereo, un delay et une réverbe.

Je n’ai pas de commentaire particulier à faire sur ces pédales : elles sonnent bien et font plutôt bien leur job.

Si vous utilisez cette simulation pour jouer chez vous, elles suffiront largement. Si par contre vous enregistrez votre guitare et que vous utilisez Euphoria comme simulation dans votre mix, alors je pense qu’il sera intéressant de regarder d’autres plugins pour faire office d’effets post-ampli.

Un ampli super-polyvalent et au son merveilleux

Parlons maintenant du son.

En termes de qualité de simulation tout d’abord, j’ai été vraiment bluffé. Certes, je n’ai pas le vrai ampli Bogner pour comparer — donc je ne me risquerai pas à vous dire que « ça sonne comme le vrai » — mais ce qui est sûr, c’est que la simulation est réaliste et crédible sans aucun problème dans un mix.

Le plugin est également très polyvalent, et c’est l’un des points que j’ai particulièrement apprécié durant mes tests : que vous soyez amateur(-trice) de jolis sons clairs ou de metal extrême, vous pourrez sans aucun doute créer un super son avec Euphoria.

Niveau sons cleans (donc sur le canal vert), on obtient un son très propre et très détaillé, avec toutefois un peu de saturation si vous tapez assez fort dans l’ampli. Le caractère est agréable, et vous pouvez aussi bien obtenir une texture de guitare très brillante ou au contraire très sombre.

En passant sur le canal bleu, on passe tout de suite sur des sons crunchs/hard rock — clairement, le territoire sur lequel on sent que l’ampli commence vraiment à s’exprimer et à démontrer sa puissance.

Vous voulez un crunch moderne et frais pour un petit morceau rock ?

Aucun soucis.

Vous voulez un crunch brut, terrestre, profond pour votre reprise de Black Sabbath ?

Aucun soucis non plus : Euphoria vous propose presque toutes les textures de crunchs que vous pourriez imaginer.

Voici quelques exemples enregistrés avec ma Ibanez RG (micros SD Duncan Distortion), avec à chaque fois une version à une seule guitare, puis une version en double prise :

Enfin, sur le canal rouge, on passe aux choses sérieuses. Plus de compromis : on passe sur le gros son.

Et je dois avouer qu’à nouveau, Euphoria m’a offert des tonalités exquises et variées, mais surtout très expressives car l’ampli réagit très bien aux variations de volume d’entrée.

Par exemple, il est possible d’accéder à des sons modernes de metal avec un gros creux dans les médiums, ou au contraire d’aller sur un son plus old-school.

En vous appuyant sur les pédales d’overdrive ou de distorsion intégrées, vous pourrez d’ailleurs aller encore plus loin (comme sur un vrai ampli, je vous conseille de tester la TS808 pour obtenir un son plus précis et légèrement compressé avant de rentrer dans l’ampli).

En conclusion

Au final, Mercuriall frappe très fort avec cette simulation d’ampli, qui risque même de concurrencer ses autres plugins déjà disponibles ! 😉

Les fonctionnalités sont nombreuses (malgré quelques manques pardonnables), le son est dense et précis — mais surtout je reste impressionné par la polyvalence des textures sonores que peut générer Euphoria.

Quoi qu’il en soit, si vous êtes à la recherche d’une nouvelle simulation d’ampli ou si vous souhaitez simplement explorer de nouveaux univers sonores avec votre guitare, je ne peux que vous conseiller de tester a minima la démo.

Attention, l’essayer, c’est prendre le risque de l’adopter…

3 commentaires sur “Mercuriall Euphoria, la Simulation d’Ampli Ultime ?

  1. groslezard Répondre

    Article intéressant et très bien fait (comme d’hab).

    Je rejoins ton avis, j’ai jamais compris l’enthousiasme autour de la boss metal zone… On m’en avait donné une dans les années 90 que j’ai refilé à d’autres guitaristes… et tout le monde a trouvé le son dégueu sur pleins d’amplis différents (HiWatt, Vox, Peavey, Marshall, Blackstar)… Bon après : gouts, couleurs toussa… Mais Bigmuff ou OCD c’est quand même autre chose !

    L’émulation de la fameuse TS808 Tube Screamer est par contre une très bonne chose, vu le nombre de pedalboards qu’elle équipe ! 😉

    Après avoir écouté tes démos, c’est intéressant : on est sur du son « moderne » avec en effet une belle précision + profondeur. Ce n’est pas trop le son que je recherche mais cela peut être intéressant sur certains mixs (en particulier pour utiliser la piste DI et apporter de la précision sur un enregistrement trop « gras »).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *