Qualité sonore - 9
Fonctionnalités / Fabrication - 9.5
Rapport Qualité/Prix - 9
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Woodbrass
POUR
La technologie Aura vraiment bluffante, la qualité de son générale, la qualité de fabrication
CONTRE
Le non-fonctionnement de Aura si vous utilisez votre propre filtre antipop
On ne présente plus LEWITT.
La marque autrichienne a ces dernières années su trouver sa place, aussi bien sur le marché du matériel de studio que de home studio, avec une gamme allant des micros d’entrée de gamme aux références haut de gamme, mais proposant également des interfaces audio comme la Connect 6 que j’avais eu l’occasion de tester ici-même, sur les pages de Projet Home studio.
Toutefois, parmi toutes leurs propositions de micros, il y en a un qui sort vraiment du lot : le LEWITT RAY.
Un micro qui embarque des fonctionnalités qu’on ne voit franchement nulle part ailleurs, et qui à ce titre marque peut-être le début de nouvelles innovations dans le secteur de l’enregistrement;
A travers cette review, je vous propose donc que l’on regarde ce LEWITT RAY de plus près, la marque m’ayant gentiment prêté un exemplaire ! 🤗

Apparence & Fabrication
Commençons par la boîte, déjà.
On a affaire à un carton solide, dans lequel tout est bien calé, bien fixé, au point que ça pourra potentiellement vous servir de rangement pour stocker le matériel lorsque vous ne l’utilisez pas. Ce n’est pas un détail : trop de micros arrivent dans un emballage qu’on jette immédiatement, et là on sent que LEWITT a réfléchi à l’objet dans son ensemble.
À l’intérieur, on retrouve bien sûr le microphone, mais aussi une bonnette floquée du logo de la marque, un petit filtre anti-pop qui se fixe magnétiquement sur la monture antichoc, et une pochette de protection en similicuir, solide elle aussi.
Bref, tout ce qu’il faut pour l’utiliser directement et le transporter sereinement, sans avoir à racheter d’accessoires à côté.
On déballe le micro, et là tout de suite, on apprécie la fabrication.
Les matériaux sont de qualité, tout est bien fini, ça a l’air solide : zéro souci de ce côté-là.
Le micro est par ailleurs assez léger et compact (autour de 330 grammes), ce qui le rend agréable à manipuler et facile à positionner, que ce soit sur un pied de bureau pour du streaming ou sur une perche en studio.
Côté connectique, on est sur du XLR standard — mais avec deux boutons dont on va reparler dans un instant, parce que c’est là que les choses deviennent intéressantes.

La technologie AURA
Branchons le micro.
Première chose que l’on remarque : les indicateurs LED sur le devant qui s’illuminent (c’est assez esthétique, au passage).
De quoi s’agit-il ?
Eh bien pour faire simple, le micro intègre des capteurs de distance qui identifient en permanence à quelle distance vous vous trouvez de lui.
Pour bien comprendre pourquoi c’est malin, il faut faire un petit détour par ce qu’on appelle l’effet de proximité.
Sur un micro directionnel classique, plus vous vous rapprochez de la capsule, plus les basses fréquences sont accentuées : votre voix devient plus grave, plus “chaude”, parfois trop.
À l’inverse, dès que vous vous éloignez, le son s’amincit.
Résultat : si vous bougez pendant votre prise, le timbre de l’enregistrement et le volume changent en permanence. Le genre de truc pénible à rattraper au mixage…
C’est précisément là qu’intervient la technologie dite “AURA” intégrée : en utilisant les fameux capteurs de distance, le RAY peut minimiser cet effet de proximité pour homogénéiser le volume sonore et la réponse en fréquence même quand vous bougez.
Autrement dit : que vous vous rapprochiez ou que vous vous éloigniez, le son reste cohérent, sur une plage qui va d’environ 5 cm à 1 mètre. Et ça, franchement, c’est bluffant à l’usage.
Gros point positif d’ailleurs, le contrôle est numérique, mais le chemin du signal reste 100% analogique.
On n’a donc pas de conversion qui viendrait dénaturer quoi que ce soit : le traitement agit sur le comportement du micro, pas en trafiquant le signal après coup.
La fonctionnalité est bien sûr débrayable au besoin, ce qui vous permet d’utiliser le RAY comme un micro tout ce qu’il y a de plus standard.
Voici deux exemples audio, avec et sans AURA activé :
Force est d’avouer que c’est très convaincant.
Je dirais même : bluffant.
En termes d’usages, le plus évident est bien entendu tout ce qui est streaming et podcast, où vous-même ou un invité êtes susceptibles de bouger pas mal pendant l’enregistrement.
Mais en studio et en home studio, ça a complètement sa place aussi, notamment pour un chanteur ou une chanteuse qui bouge beaucoup devant le micro. Plutôt que de passer votre temps à essayer de corriger des variations de niveau et de timbre lors du mixage, vous partez sur une base déjà homogène, ce qui est susceptible de vous faire gagner un temps précieux.
Notez au passage que même si les LED qui indiquent la distance prennent la forme de 6 barres lumineuses discrètes, les changements fréquentiels, eux, sont parfaitement fluides : on ne perçoit aucune “étape” de changement, aucun palier. La transition se fait sans qu’on l’entende, et c’est vraiment bien pensé.
Seul petit point négatif : si vous mettez un filtre anti-pop autre que celui fourni, les capteurs de distance ne fonctionneront évidemment plus. Aucun souci bien sûr avec le filtre magnétique livré avec le micro, qui d’ailleurs a bien joué son rôle durant mes tests au studio.
Autres fonctionnalités
Mais ce n’est pas tout : il y a d’autres fonctionnalités intéressantes dans le LEWITT RAY.
Et c’est là qu’on revient sur ces fameux boutons en façade, justement.
Le premier, c’est le bouton AURA, sur l’avant du micro, qui permet donc d’activer ou de désactiver la fonctionnalité dont on vient de parler, d’une simple pression.
Le second, c’est un bouton mute, également en façade, qui vous permet tout simplement de couper le micro. Et rien que ça, sur un micro XLR, c’est suffisamment rare pour être souligné : d’habitude, il faut passer par sa table de mixage ou son interface pour couper le signal.
Mais ce bouton mute cache une autre astuce : si vous le gardez appuyé, vous activez le mode “Mute by Distance”.
Le principe : le son du micro se coupe (très naturellement) dès que vous n’êtes plus devant.
Ça évite les erreurs, bien sûr, mais ça facilite aussi potentiellement l’édition de vos prises de voix.
Imaginez que vous vous écartiez du micro pendant les couplets où vous ne chantez pas, le signal se coupe tout seul, ce qui vous évite de récupérer tous les bruits de fond de la pièce entre vos interventions.
Et dès que vous revenez devant, le son se réactive, sans que vous ayez à toucher quoi que ce soit.

Enfin, il y a le mode lock : gardez les deux boutons appuyés en même temps, et ça verrouille les réglages pour éviter toute modification intempestive.
Bon, cette fonctionnalité-là, c’est surtout utile dans les gros studios je trouve, pour éviter que quelqu’un vienne toucher aux réglages sans faire exprès. Mais il n’empêche qu’à nouveau, c’est bien pensé, et mieux vaut avoir cette option que de ne pas l’avoir.
Le son
Alors comment ça sonne ?
Eh bien vous avez déjà entendu le son du RAY sur la voix parlée, dans les exemples plus haut.
Le constat pour moi est clair : on est sur un son de bonne qualité, avec un bon niveau de détail et une belle restitution des transitoires.
Le bruit propre du micro est par ailleurs très contenu : 8 dB (A), ce qui est vraiment très bas et aide à garder des prises bien nettes même sur des sources intimistes.
Tout ça n’est pas surprenant, puisque le RAY embarque une capsule 3 microns en mylar recouverte d’or, qui à ma connaissance est la même que celle présente sur le célèbre LCT 440 de la même marque.
Résultat : quand vous désactivez le mode AURA, vous retrouvez le son de ce fameux LCT 440, qui a déjà largement fait ses preuves comme micro à tout faire dans énormément de home studios.
On a une densité intéressante dans les basses fréquences, et des aigus certes bien présents, mais pas trop sibilants, ce qui donne au global une vibe assez moderne aux enregistrements, sans cette agressivité qu’on peut parfois reprocher aux micros entrée de gamme dans le haut du spectre.
C’est aussi un micro assez polyvalent dans l’idée.
On pense forcément à la voix en premier, vu ses fonctionnalités, mais il ne se limite pas du tout à ça.
Pour vous en donner une illustration, voici un enregistrement de guitare acoustique (réalisé pour le coup sans le mode AURA, avec une petite guitare Fender Sonoran) :

En conclusion
Au global, le LEWITT RAY est un microphone bien fabriqué, intéressant sur le plan sonore — mais aussi, et c’est ça qui le rend spécial, très innovant dans l’idée.
Il est idéal pour le streaming ou le podcast, mais il a aussi complètement sa place en home studio, en particulier pour celles et ceux qui voudraient une sorte de LCT 440 un peu boosté en termes de fonctionnalités, et donc avec davantage de flexibilité.
Vous gardez le son d’une valeur sûre, et vous ajoutez par-dessus plusieurs possibilités qui vous simplifient la vie.
Et puis, au-delà du produit lui-même, il faut reconnaître qu’il y a assez peu d’innovations dans le domaine des micros ces dernières années, alors je trouve ça vraiment sympathique que LEWITT propose de nouvelles choses, d’autant plus quand ce ne sont pas des gadgets, mais des fonctionnalités réellement utiles au quotidien.
Commentaires (2)
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Merci pour cet excellent test !
Je confirme que le RAY utilise la même capsule que le LCT 440 PURE.
Donc, une fois que la fonction AURA est désactivée sur le RAY, on obtient un LCT 440 PURE qu’on peut utiliser pour les prises de son plus traditionnelles.
Avec plaisir 🙂 Merci pour la confirmation !