Brainworx bx_console Focusrite SC : le Test Complet

8.8/ 10

Qualité sonore - 9.5

Fonctionnalités / Interface - 9

Rapport Qualité/Prix - 8

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POUR
La précision du son, la facilité d'utilisation, la qualité de la simulation analogique

CONTRE
Le prix élevé, le metering en input situé avant le réglage de gain d'entrée, le comportement du release auto

Plugin Alliance est sans aucun doute un acteur incontournable sur le marché des plugins audio, notamment en raison de leurs excellentes simulations de consoles de mixage telles la Brainworx bx_console E que j’avais testé ici même (et désormais remplacée par la bx_console SSL 4000).

Avec la bx_console Focusrite SC, la marque propose désormais une simulation d’une célèbre console analogique conçue par Rupert Neve dans les années 80 sous l’impulsion de Sir George Martin (le 5ème Beatles, comme on dit) et contenant principalement deux modules :

  • ISA110 — un préampli à transformateur avec 4 bandes d’égalisation + 2 filtres ;
  • ISA130 — un compresseur / limiteur / de-esser.

Sachant qu’il existe 9 exemplaires dans le monde de cette console, ce nouveau plugin de chez Plugin Alliance / Brainworx est donc à peu près la seule façon d’avoir accès au même son.

Bon, je dis « au même son », mais je n’ai bien sûr pas pu comparer avec l’original : l’objectif de cette review sera donc de voir si, oui ou non, le plugin sonne bien — plutôt que de débattre sans fin sur son réalisme par rapport au hardware d’origine… 🙂

L'interface de bx_console Focusrite SC

Un module d’EQ musical et précis

L’interface du plugin, très grande, est très agréable car à la fois esthétique et maniable. On y retrouve différents modules bien identifiés, ainsi que deux indicateurs de niveau (VU et PPM) qu’il ne faudra pas manquer de calibrer en cliquant sur le logo « Focusrite » au milieu du plugin.

Dommage, par contre, que le metering en input soit situé avant le réglage du niveau d’entrée. J’espère que ça sera corrigé dans une prochaine version, car ça n’a pas beaucoup de sens.

Bref, commençons par le module d’égalisation « ISA110 », qui peut bien sûr être positionné pré- ou post-compression.

A l’instar du hardware, celui-ci est composé de plusieurs filtres :

  • 1 filtre passe-haut et 1 filtre passe-bas ;
  • 2 filtres en cloche (40-400 Hz et 600-6000 Hz)
  • 1 low-shelf (32-320 Hz) et 1 high-shelf (3300-18000 Hz)

A l’exception des filtres shelf, un bouton « 3X » permet à chaque fois de multiplier les fréquences correspondantes à la bande d’égalisation, ce qui explique pourquoi l’ensemble des bandes de fréquence ne se recouvrent pas.

En termes de son, cet EQ s’avère être particulièrement précis, surtout lorsque l’on joue avec le facteur Q qui sans être ultra-chirurgical permet tout de même de cibler des problèmes dans le mix pour les corriger.

Le son est également très « hi-fi », d’un point de vue à la fois qualitatif et musical.

Bien sûr, si on pousse à fond les réglages, on va générer de la saturation — puisque le plugin simule la saturation analogique de la console d’origine — mais il est possible d’aller assez loin tout en gardant les qualités du signal de base.

Voici un exemple basé sur le morceau « Borderline » de Trevor de Clerq. Faites notamment attention au soulèvement dans les aigus pour faire ressortir les cymbales ainsi qu’au changement de texture de la grosse caisse et de la basse.

Une compression avec beaucoup de punch

Le module de compression « ISA130 » est quant à lui beaucoup plus complexe, et je trouve que ça vaut le coup de jeter un œil au manuel avant de l’utiliser.

On y retrouve tout d’abord une gate avec tous les réglages usuels, qui s’est avérée efficace durant mes tests pour filtrer un signal, ainsi qu’un de-esser plutôt pratique.

Toutefois, le plus intéressant est le compresseur/limiteur, qui possède un ratio pouvant aller de 1.5:1 à ∞:1 et des paramètres d’attaque/release ajustables (sachant que le release peut aussi être mis en position « auto »).

A l’utilisation, ce compresseur est surprenant dans le bon sens du terme, car il est vraiment punchy : ajouter de l’énergie et du claquant à une piste est un jeu d’enfant, quel que soit le réglage d’attaque choisi. En effet, si celui-ci influe bien sûr sur la quantité de transitoires passant, j’ai trouvé durant mes tests que cela ne changeait pas vraiment l’attitude punchy du module.

Je vous conseille toutefois de ne pas utiliser le release automatique, qui a un comportement parfois un peu étrange et est juste inutilisable si vous choisissez de travailler en dual-mono (en cliquant sur le bouton « link », vous pouvez désynchroniser la compression des canaux gauche et droit) puisqu’il génère d’importants problèmes de phase.

Reprenons l’exemple de tout à l’heure en ajoutant cette-fois la compression (je laisse également la version égalisée pour faciliter la comparaison).

Notez comment le kick se raffermit et la basse prend sa place :

Enfin, n’oublions pas que le comportement du compresseur, tout comme celui de la gate, peut être altéré grâce à un puissant circuit de sidechain interne composé d’un filtre passe-haut, d’un filtre passe-bas ainsi que d’un filtre en cloche. Idéal, donc, pour sculpter le son exactement comme on le souhaite.

Une jolie saturation analogique

Réglages TMT sur le pluginPour clore l’article, faisons maintenant un petit focus sur l’aspect « saturation », ou plus exactement « émulation analogique », du plugin.

Comme d’habitude avec les effets de la série bx_console de Brainworx, le plugin s’en sort extrêmement bien dans ce domaine, apportant une coloration à la fois intéressante et réaliste qui donne vie aux enregistrements numériques.

On retrouve certes un réglage du niveau du bruit de fond électrique ainsi qu’un contrôle THD permettant de gérer la quantité de saturation harmonique (super sur la batterie, d’ailleurs je l’ai mis à fond sur les exemples plus haut), mais le point culminant du plugin reste l’implémentation de la technologie TMT.

En effet, celle-ci vous permet d’avoir accès à 72 canaux virtuels différents de la console via une simulation fine des variations électroniques de tranche à tranche. L’intérêt est notamment de pouvoir, en un clic, faire varier aléatoirement les canaux de l’ensemble des plugins bx_console Focusrite SC présents sur le mix jusqu’à ce que vous obteniez la combinaison la plus efficace.

On parle de micro-variations, certes, mais c’est un peu la cerise sur le gâteau. 🙂

En conclusion

Certes, le plugin est très cher. Du moins, hors prix promo, ce qui peut un peu rebuter.

Mais le plugin, mis à part quelques petits soucis avec le release auto du compresseur, est vraiment très bon et permet de mixer de façon extrêmement musicale.

Si cette simulation de console a un caractère propre, celui-ci n’est pas non plus marqué comme par exemple sur une console Neve, ce qui rend le plugin utilisable pour beaucoup de genres différents, tant que l’on s’attend à un effet « hi-fi » et précis.

Bref, à nouveau une très bonne émulation de console analogique made by Brainworx ! 🙂

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