Blue Microphones – Yeti (USB) : Le Test Complet

7.5/ 10

Qualité sonore - 7

Fonctionnalités / Fabrication - 8

Rapport Qualité/Prix - 7.5

Voir le prix sur
Thomann - Woodbrass - Amazon

POUR
La simplicité d'utilisation, le prix

CONTRE
Pas de connectique XLR, l'enregistrement en 16 bits uniquement

Le Yeti, vous connaissez ?

Il s’agit d’un micro multi-directivités disposant d’une connectique USB. (Oui, j’évite une blague un peu facile 🙂 , même si l’abominable homme des neiges est présent un peu partout sur le packaging et dans le manuel sous la forme d’une mascotte bien sympathique).

La marque ?

Blue, une marque américaine connue aussi bien pour ses partenariats avec des éditeurs de jeux vidéos que pour sonoriser Sting sur certains concerts.

Le Yeti, de par le fait qu’il se branche en USB, ne fait pas à proprement parler des microphones de studio. Toutefois, j’avais depuis longtemps l’idée de le tester pour voir ce que l’on pouvait en tirer en contexte home studio.

C’est vrai, tout le monde n’a pas le budget pour acheter à la fois une interface audio ET un microphone.

Disponible aujourd’hui à un prix d’environ 120 €, le Yeti semble d’emblée intéressant pour les petits budgets ou pour enregistrer rapidement des idées de compos ou une démo.

Voyons ce qu’il en est…

Nota Bene : cette review a été écrite au regard d’une utilisation home studio, pour laquelle ce type de matériel a nécessairement ses limites. Toutefois, le Yeti est beaucoup plus adapté à une utilisation pour des podcasts ou pour des vidéos YouTube. Et pour ce type d’utilisation, je le noterais un peu plus haut… 😉

Le microphone USB Blue Yeti

Déballage : un micro bien construit

Au déballage, j’ai été tout de suite surpris par la taille du Yeti (là, la blague est volontaire).

Je m’attendais en effet à quelque chose d’assez léger, alors que le microphone et son pied sont plutôt massifs : 30 centimètres de haut, 11 centimètres d’embase.

La fabrication est très solide et inspire confiance : les finitions sont très bonnes, et même si les potentiomètres semblent un peu légers je n’ai, durant mes tests, eu aucune sensation négative quant à leur fonctionnement.

Le Yeti est lesté, ce qui est vraiment pratique puisque c’est typiquement le type de microphone que vous allez laisser posé sur votre bureau. Aucun risque qu’il tombe, donc.

Par ailleurs, il se connecte via une prise USB située en-dessous du microphone. Pas de prise XLR, donc, sauf dans la version « pro » qui coûte tout de même un peu plus cher. De fait, j’ai trouvé ça un peu dommage, surtout si vous avez déjà un peu de matériel chez vous et que vous aimeriez l’utiliser au choix en USB ou via XLR en passant par une interface audio.

En termes de home studio, on sera donc sur un outil plutôt orienté débutants ou bien pour des enregistrements rapides. Si par exemple vous êtes un youtubeur ou un podcaster, par contre, ça ne posera pas vraiment de problème.

Sur la face avant du microphone, on retrouve un réglage de volume pour le casque (lequel se branche en-dessous, à côté de la prise USB) ainsi qu’un bouton « mute », qui peut être très pratique pour couper le son du micro au besoin.

Le microphone Blue YetiEn face arrière, on retrouve :

  • un réglage de gain du préampli intégré
  • un réglage de la directivité du microphone, sachant que quatre directivités sont disponibles :
    • Cardioïde
    • Omnidirectionnelle
    • Stéréo
    • Figure en 8

Pas mal d’options, donc, ce qui offrira donc une certaine flexibilité pour l’enregistrement.

Par contre, le deuxième point négatif du Yeti, c’est que la carte son qu’il intègre ne permet que l’enregistrement en 16 bits. Et comme vous le savez, je recommande d’enregistrer par défaut en 24 bits.

Ceci dit, cela ne veut pas dire qu’il est inutilisable — loin de là ! Il n’y a pas si longtemps, beaucoup de hardwares ne permettaient l’enregistrement qu’en 16 bits et tout le monde s’en accommodait.

Il faudra juste garder cela en tête et ne pas oublier de pousser un peu le gain pour s’affranchir du bruit de fond de quantification…

Et le son ?

L’avantage du Yeti, c’est qu’il fonctionne vraiment en mode « plug-and-play ».

Vous le branchez, et il fonctionne immédiatement. Il n’y a pas besoin de régler quoi que ce soit pour qu’il soit reconnu (sur Windows du moins), sauf peut-être le gain d’entrée du microphone car le préampli intégré au Yeti est assez puissant.

En termes de son, on est pas sur quelque chose de parfait mais ça reste exploitable pour une utilisation ponctuelle, par exemple pour enregistrer une maquette lorsque vous êtes sur la route.

C’est-à-dire que je n’ai pas l’impression d’un son excessivement mauvais, mais en même temps, pour une utilisation home studio, c’est un peu limite.

Sur les voix, par contre, c’est plutôt correct.

J’éviterai de vous faire l’affront d’un enregistrement de moi en train de chanter (mes collègues chanteurs n’étant pas disponibles à l’heure où j’écris cet article).. alors à défaut, voici un poème de Lamartine, À une Fleur séchée dans un album :

Le Yeti est ici réglé pour suivre une directivité cardioïde.

Comme vous pouvez l’entendre, ce n’est pas mal du tout dans ce cas. Le son est assez chaud — je suspecte que l’électronique intégrée soit conçue pour booster/raffermir les bas-médiums de façon à donner une impression de chaleur.

Il n’y a pas énormément de détails dans la voix, et le son est un peu sourd, mais cela reste complètement exploitable. D’où mon commentaire plus haut en fait : pour les podcasts, ce microphone est très bien !

Pour aller plus loin, j’ai bien sûr fait des tests sur d’autres instruments, dont la guitare acoustique.

Voici un enregistrement de ma Lâg Tramontane, réalisé à nouveau selon une directivité cardioïde :

Ici, on entend plus les limites du Yeti.

Le bruit de fond ressort, et les transitoires de la guitare ne sont pas reproduits de façon très harmonieuse. Le son reste un peu sourd, et la brillance dans les aigus semble artificielle, n’apportant pas vraiment de détails.

Par contre, j’aime plutôt ce que j’entends dans les médiums/bas médiums, qui même s’ils manquent parfois de précision s’avèrent être plutôt solides.

En Conclusion

Au final, je suis très partagé sur ce microphone.

D’un côté, le Yeti est sans aucun doute excellent pour enregistrer des podcasts, des vidéos YouTube, ou ce genre de choses. Autrement dit, si vous cherchez quelque chose simple à faire fonctionner et dont la fabrication est de qualité, le Yeti est super.

Par contre, pour une utilisation home studio, vous serez vite limité(e). Le microphone manque de détails, mais reste correct sur la voix et notamment pour tout ce qui est spoken words.

Donc, j’imagine plutôt une utilisation pour enregistrer rapidement des idées de mélodies ou de paroles, sans avoir à brancher interface audio et câbles XLR… 🙂

► Comparez le prix du Blue Yeti sur : Thomann – Woodbrass – Amazon

Laisser un commentaire