Qualité sonore - 8.5
Fonctionnalités / Fabrication - 8.5
Rapport Qualité/Prix - 9
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Woodbrass
POUR
Le câble détachable, la bonne qualité du son de façon générale, le rapport qualité/prix
CONTRE
Le plastique un peu cheap, les basses un peu trop présentes
On connaît bien les casques Beyerdynamic, notamment à travers le fameux DT770 que j’avais eu l’occasion de tester ici-même.
C’est un modèle devenu presque un standard, que beaucoup ont déjà porté au moins une fois sur la tête, que ce soit en studio pro ou en home studio.
Forcément, quand Beyerdynamic annonce un nouveau casque fermé, avec une référence qui évoque directement cette lignée, la comparaison vient immédiatement à l’esprit.
Il y a peu, la marque allemande a en effet sorti le DT 270 Pro, un casque fermé positionné à un tarif plus accessible, et qui semble vouloir faire le lien entre un usage studio et un usage plus polyvalent, y compris nomade.
Mais est-ce vraiment un bon casque ? La réponse dans cet article 🤗 !

Déballage & Fabrication
Première étape : le déballage.
Pas de surprise ici, le DT 270 Pro arrive dans un packaging très minimaliste. Une simple boîte en carton, sans fioritures. Vu le positionnement tarifaire du casque, rien de choquant : on n’est clairement pas sur un produit premium vendu avec un écrin luxueux, et ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demande.
À l’intérieur de la boîte, l’essentiel est là :
- le casque,
- un câble torsadé de 1,3 m, extensible jusqu’à environ 3 mètres,
- un adaptateur jack 3,5 mm / 6,35 mm, classique mais indispensable,
- une pochette de protection en tissu,
- et surtout, un point très positif : un adaptateur USB-C vers jack 3,5 mm, permettant de brancher directement le casque sur un smartphone ou une tablette récente.
Ce dernier accessoire n’est pas anodin. Il montre clairement que le DT 270 Pro se situe entre un casque orienté studio et un usage plus “consommateur”, sans être totalement enfermé dans l’un ou l’autre.
Et dans les faits, c’est surtout très pratique, notamment en déplacement ou pour des écoutes rapides hors du studio.
Côté fabrication, on est sur une construction majoritairement en plastique, avec toutefois un arceau interne en métal au niveau de la tête, ce qui rassure un minimum sur la solidité à long terme.
Le plastique utilisé a l’avantage de ne pas marquer facilement et reste plutôt sobre visuellement. Ce n’est pas un casque qui cherche à en mettre plein la vue, mais il fait le travail.
Le poids très léger du DT 270 Pro peut en revanche donner, au premier contact, une impression un peu cheap.
Cela dit, après plusieurs semaines d’utilisation, y compris en déplacement, je n’ai constaté aucun problème particulier, ni jeu excessif, ni fragilité évidente. À l’usage, il tient bien le coup.
Autre bon point : les coussinets gris sont confortables, enveloppent assez bien l’oreille bien qu’ils ne soient pas très grands, et restent bien en place.
Enfin, détail important et bien pensé : le câble détachable peut être branché indifféremment sur l’oreillette gauche ou droite.
C’est pratique au quotidien, et surtout un vrai avantage par rapport à des modèles plus anciens comme les DT 770, où le câble est fixe. Ici, en cas de problème, le remplacement est simple.
Au global, le DT 270 Pro ne donne pas l’impression d’un casque ultra haut de gamme, et il ne cherche clairement pas à l’être.
En revanche, à l’utilisation, il se montre léger, confortable, suffisamment solide, et le rapport qualité/prix semble cohérent avec ce qu’il propose.

Le Son
Bon, maintenant, comment ça sonne ?
On est ici sur un casque fermé, positionné clairement en dessous du DT-770, aussi bien par son nom que par son prix.
De base, on ne s’attend donc pas à quelque chose de parfaitement neutre ou ultra analytique.
Parlons impédance
Le DT 270 Pro affiche une impédance de 45 ohms, ce qui le rend facile à alimenter. Aucun souci pour le brancher sur à peu près n’importe quel matériel : interface audio, carte son intégrée, smartphone, tablette, etc.
Pour ceux qui veulent creuser le sujet, j’ai d’ailleurs un dossier dédié à l’impédance des casques que je recommande de lire pour bien comprendre les implications selon les usages.
Durant mes tests, aucun problème de volume n’a été constaté, que ce soit sur interface audio ou directement sur smartphone. Le casque se laisse driver sans difficulté, ce qui est clairement un point positif pour un modèle pensé aussi pour la mobilité.
Mon avis sur le son (en première écoute)
Dès qu’on branche le casque, deux choses sautent immédiatement aux oreilles :
- ça sonne bien ;
- mais les basses sont clairement mises en avant.
Globalement, on est sur un son qualitatif, avec un bon niveau de détail pour un petit casque fermé, positionné juste en dessous des 100 €. Ce n’est pas de l’entrée de gamme basique, et ça s’entend.
Le boost dans les basses est assez marqué. Cela dit, il reste globalement maîtrisable avec un EQ, et surtout, ces basses sont punchy sans être baveuses.
C’est-à-dire qu’elles restent relativement définies pour la taille et le positionnement du casque, ce qui est appréciable. En contrepartie, les aigus sont un peu moins en avant, mais ils restent bien présents et ne donnent pas l’impression d’être étouffés.
Les transitoires, quant à eux, pourraient gagner en précision et en rapidité. On sent que ce n’est pas un casque ultra réactif, mais l’écoute reste agréable et plutôt équilibrée dans l’ensemble.
Sur le papier, on pourrait donc résumer mon avis par : “basses un peu trop présentes, transitoires perfectibles.“
Mais dans les faits, le rapport qualité/prix est vraiment bon. On a un casque fermé, agréable à écouter, qui ne cherche pas à être chirurgical.
Son objectif n’est pas l’analyse extrême, mais plutôt un bon rendu sonore pour de l’enregistrement, du monitoring, ou une écoute prolongée sans fatigue. Et là-dessus, il fait clairement le job.

Mes notes d’écoute
Comme d’habitude sur Projet Home Studio, j’ai testé ce casque en m’appuyant notamment sur quatre morceaux de référence que vous retrouverez dans tous mes tests.
(remarque : les liens ci-dessous sont des liens YouTube, mais les morceaux sont bien entendu écoutés en version FLAC)
Ed Sheeran – I See Fire
(Cliquez ici pour écouter le morceau)
Très bon niveau de détail sur la voix et la guitare acoustique. La guitare est cependant un peu boomy, assez profonde dans le bas du spectre.
Cet effet se confirme lorsque le kick entre : c’est clairement chargé dans le grave, mais ça reste boomy détaillé, jamais vraiment boueux.
Les violons passent un peu en retrait, conséquence directe de cette présence dans les basses.
En revanche, la montée en intensité du morceau est bien retranscrite : ce n’est pas ultra analytique, mais respectueux de la musique.
Daft Punk – Get Lucky
(Cliquez ici pour écouter le morceau)
Ici, les basses sont clairement trop présentes, très punchy, mais rien d’ingérable avec un EQ. La réverbération, notamment sur la voix, est correctement perçue.
Bonne définition dans les basses fréquences : on distingue bien les notes de la ligne de basse.
Je critique souvent le clap sur ce morceau, que je trouve légèrement trop fort dans le mix, mais ici, étonnamment, il est bien à sa place. Probablement un effet lié à la réponse un peu moins rapide sur les transitoires, qui agit comme une forme de compression naturelle.
Résultat : une écoute très sympa sur un casque fermé.
Rage Against The Machine – Killing In the Name
(Cliquez ici pour écouter le morceau)
Dès l’intro guitare / basse, le mix est déjà très séparé par nature, mais le DT 270 Pro permet de bien distinguer les instruments, même lorsque le mur de guitares saturées arrive.
On a de la puissance et une définition correcte, même si la batterie est un peu calmée par des transitoires pas assez rapides.
Cela dit, ça donne une écoute plus posée, moins agressive, et finalement assez agréable.
Le boost dans les basses vient aussi soutenir le bas du spectre, qui peut parfois sembler un peu léger sur ce morceau.
The Uruk-Hai – Howard Shore
(Cliquez ici pour écouter le morceau)
Ici, l’écoute est un peu décevante, mais sans surprise. On est sur de la musique orchestrale, et vu le prix et le type de casque, ce n’est clairement pas son terrain de jeu favori.
Il manque de dynamique et d’ampleur.
En revanche, sur le plan fréquentiel, malgré des basses encore un peu trop présentes, l’équilibre reste correct et l’écoute demeure globalement cohérente.
Conclusion
Au final, le DT 270 Pro est, à mon sens, un casque intéressant avec un rapport qualité/prix plutôt sympathique.
Il n’a clairement pas le même profil sonore qu’un DT 770, et sa fabrication est aussi plus simple, voire plus cheap dans le ressenti.
Cela dit, à l’écoute, le résultat est agréable, et c’est finalement ce qui compte le plus. Avec un petit EQ pour calmer les basses — sauf si vous cherchez volontairement quelque chose de très punchy — il se prête très bien à une écoute détente, y compris en mobilité.
En studio ou en home studio, il trouve aussi sa place comme casque fermé de tracking à prix correct, qui reste suffisamment précis pour travailler sans frustration. Il ne cherche pas à être ultra analytique, mais il fournit toutes les informations nécessaires pour enregistrer, monitorer et travailler efficacement, sans se battre contre le son.
Bref, ce n’est pas un casque haut de gamme ni un remplaçant direct des modèles historiques de la marque, mais dans sa gamme de prix, le DT 270 Pro fait le job, et le fait plutôt bien.