Arturia KeyLab Essential 61 mk3 : le Test Complet

9.3/ 10

Qualité sonore - 9

Fonctionnalités / Fabrication - 9.5

Rapport Qualité/Prix - 9.5

POUR
Le rapport qualité/prix très bon, les fonctionnalités intégrées, le design

CONTRE
La couleur des touches légèrement différente de celle du corps du clavier

En plus d’être une marque française, Arturia est également une marque que j’aime beaucoup — notamment pour son offre logicielle de grande qualité (je pense tout particulièrement à Pigments, un des instruments virtuels que j’utilise le plus souvent) et ses synthétiseurs (hello le Microfreak !).

Mais il n’y a pas que celà chez Arturia : la marque propose aussi des contrôleurs MIDI utilisables aussi bien en contexte home studio que professionnel.

(J’utilise moi-même le Minilab 3 très régulièrement.)

Et le fait est que si vous cherchez un clavier MIDI à prix abordable, vous allez nécessairement tomber sur la série “KeyLab Essential” — laquelle est désormais en version “mk3”.

Mais s’agit-il vraiment de bons claviers MIDI pour le home studio ?

C’est ce que nous allons voir à travers cet article/test du Arturia KeyLab Essential 61 mk3.

Arturia

Premières impressions & Qualité de fabrication

Au déballage, on apprécie tout d’abord le fait que le clavier soit bien protégé puisqu’il est maintenu en suspension dans le carton par des blocs cartonnés et les touches sont soutenues par un bandeau de mousse pour éviter qu’elles ne soient abîmées..

Ca peut être un détail, mais au moins cela permet de s’assurer que le produit arrive chez vous en entier — peu importe le soin des livreurs… 😉

Le clavier MIDI Arturia KeyLab Essential 61 mkIII

Le KeyLab Essential 61 mk3 est au global très esthétique, avec une structure en plastique solide couleur blanc cassé et des inserts latéraux en plastique imitation bois qui sont vraiment sympathiques.

Le design est épuré, classe et moderne — mais étonnamment capable de s’adapter à une ambiance plus vintage (ce qui est le cas dans mon studio, par exemple).

Petit point négatif cependant, le blanc des touches est plus pur que le corps du clavier, ce qui jure légèrement suivant l’éclairage. J’aurais apprécié avoir des touches de la même couleur que le corps.

Mais bon, je pinaille sans doute un peu… et surtout ça me semble moins marqué que sur l’ancienne version mkII de ces claviers.

Au global, la fabrication donne confiance : tout semble de qualité et fonctionne comme prévu dès le déballage — ou du moins dès que l’on a branché la bête avec le câble USB-C/USB-A fourni.

On appréciera aussi la qualité des encodeurs et des différents boutons, qui sont de bonnes qualité pour le prix.

Les fonctionnalités du KeyLab Essential 61

Si l’on se concentre tout d’abord sur le clavier, on est sur un 61 touches avec un touché “synth-action” classique. J’aurais aimé retrouver un touché semi-lesté, mais au vu du prix je ne suis ni surpris ni déçu par celui du KeyLab Essential.

Certes, c’est améliorable, mais pour moi ça reste complètement utilisable : le jeu est agréable et la qualité du toucher suffisante dans la plupart des cas.

Dit différemment : si vous êtes pianiste, ça vaudra le coup de vous orienter vers les propositions plus complètes de la marque (comme le Keylab 61) — mais si vous souhaitez “juste” produire vos musiques avec vos synthétiseurs virtuels ou non, ça sera très bien.

Sur la gauche au-dessus des touches, on retrouve les indispensables molettes de pitch et de modulation, ainsi que différents boutons vous permettant notamment de transposer ce que vous jouez : soit de quelques tons (bouton “Trans”), soit d’une ou plusieurs octaves (boutons “Oct -” et “Oct +”).

Comme la plupart des autres boutons qui le nécessitent, on a un retour visuel : si votre clavier est transposé d’une octave vers le haut, le bouton “Oct +” va rester allumé. Et à chaque manipulation, l’écran numérique au milieu du clavier vous affiche des informations concernant les changements effectués.

Les pads du Arturia KeyLab Essential 61 mkIII

En haut à gauche du KeyLab Essential, on retrouve également 8 pads sensibles à la vélocité qui vous permettront de composer vos beats sans aucun soucis. La texture est douce et agréable, et ils sont assez larges pour travailler.

Pour jouer en live, leur nombre relativement limité sera sans doute un peu gênant — mais pour travailler en home studio ça sera à mon goût largement suffisant.

Notez par contre qu’en utilisant le bouton “Bank” accolé aux pads, vous pourrez avoir accès à 8 autres contrôles, pour 8 sons supplémentaires ou pour d’autres applications dont nous parlerons dans la partie “intégration avec les DAWs” un peu plus tard.

Les boutons de transport du du Arturia KeyLab Essential 61 mkIII

A droite des pads sont positionnés différents boutons vous permettant de contrôler votre DAW.

On retrouve ainsi les classiques boutons de transport, mais également quelques boutons vous donnant par exemple la possibilité de sauvegarder votre travail, d’annuler la dernière action ou d’activer le métronome.

Très pratique, surtout que cela fonctionne nativement dans Ableton Live et est assez facile à configurer dans d’autres DAWs. Par exemple, pour Studio One, il m’a suffi :

  1. d’activer l’option dans le logiciel de contrôle Arturia (dont nous parlerons un peu plus tard) ;
  2. d’ajouter un appareil de type Mackie Control (puisque c’est le protocole utilisé) dans mon DAW ;
  3. et d’ajouter quelques assignations MIDI pouvoir vraiment tous les utiliser (après les deux premières étapes, les boutons play/stop/record fonctionnaient immédiatement ceci dit).

Ensuite, au centre du clavier se trouvent un écran de bonne qualité et différents contrôles bien spécifiques aux claviers Arturia, puisqu’ils permettent de naviguer de façon simplifiée parmi les presets des outils de la marque. Je pense bien entendu à l’Analog Lab fourni gratuitement avec le clavier, mais aussi au synthétiseur Pigments.

Et juste à droite de l’écran, on retrouve plusieurs boutons très intéressants :

  • Hold — pour maintenir des notes ou des accords sans avoir à garder les doigts sur le clavier ;
  • Chord — pour jouer des accords en appuyant sur une seule touche ;
  • Scale — pour restreindre les notes à une gamme, et ainsi éviter les fausses notes ;
  • Arp — pour avoir accès à un arpégiateur assez complet, pratique notamment si vous contrôlez des synthétiseurs directement depuis votre clavier MIDI.
Les boutons et faders du du Arturia KeyLab Essential 61 mkIII

Enfin, sur la droite du KeyLab Essential, 9 faders et de 9 potentiomètres rotatifs assignables vous permettront de contrôler les paramètres de votre choix de vos instruments et effets : enveloppe, filtre, quantité de réverbe, quantité de distorsion… à vous de choisir et d’assigner les boutons à ce que vous voulez.

Notons toutefois que, pour Analog Lab notamment, ces boutons sont pré-assignés, ce qui assure une jouabilité immédiate après déballage et installation du logiciel.

Pour terminer, à l’arrière du clavier, on retrouve bien entendu la connectique USB pour relier le clavier à l’ordinateur, mais également deux connectiques importantes :

  • une entrée jack pour brancher une pédale de sustain ;
  • une sortie MIDI (connectique DIN-5) qui vous permettra au besoin de vous brancher directement à des synthétiseurs hardwares sans passer par votre PC ou Mac.

Paramétrage du clavier MIDI

Le KeyLab Essential 61 mk3, comme les autres appareils fabriqués par Arturia d’ailleurs, nécessite le téléchargement d’un petit outil utilitaire nommé “MIDI Control” qui permet le paramétrage du clavier et l’application des mises à jour du firmware.

Et il faut dire que dans le cas de notre KeyLab, c’est vraiment très utile puisque ça donne accès à tout un tas d’options qui vous permettront de customiser votre utilisation du clavier MIDI.

Le comportement des touches du clavier peut tout d’abord être paramétré, pour définir le canal MIDI utilisé ou une transposition par défaut.

Pour les pads sensibles à la vélocité, différents réglages sont accessibles, dont notamment :

  • ajustement de la note associée au pad ;
  • choix d’un canal MIDI spécifique ;
  • ajustement du fonctionnement du pad (déclenchement d’une note, contrôle on/off…) ;
  • sélection de la couleur de rétroéclairage du pad (16 couleurs possibles, au total).

Enfin, le comportement de chaque potentiomètre et de chaque slider peut également être modifié pour leur associer un numéro de MIDI CC, des valeurs minimales/maximales ou encore définir une courbe d’accélération du potentiomètre.

Bref, tout cela est très pratique — mais encore plus si l’on s’intéresse aux fonctionnalités de mémorisation.

En effet, MIDI Control vous permet également d’enregistrer différents templates et de stocker une configuration donnée dans votre clavier via un système d’import/export simple à manipuler.

Tout fonctionne bien, il n’y a pas de bug.

C’est intuitif.

On apprécie la facilité d’utilisation.

Une intégration poussée avec certains DAWs

L’une des grandes forces de ce clavier KeyLab Essential mk3, cependant, c’est son intégration poussée avec certains DAWs, en l’occurence :

  • Bitwig ;
  • Cubase ;
  • FL Studio ;
  • Ableton Live ;
  • Logic Pro.

C’est à dire que sur ces DAWs, de façon native ou via l’installation d’un petit script, le clavier propose des fonctionnalités plus avancées.

Je n’ai bien sûr pas pu tous les tester, mais j’ai expérimenté avec Ableton Live et il faut dire que suivant votre façon de travailler, ces fonctionnalités peuvent vous faire gagner pas mal de temps.

En effet, grâce aux boutons et faders du KeyLab Essential, vous allez pouvoir par exemple :

  • contrôler nativement les paramètres des plugins et des synthétiseurs de Live ;
  • lancer des clips avec les pads ou en cliquant sur l’encodeur rotatif central ;
  • lancer une scène complète ;
  • ou encore ajuster votre mix en contrôlant la panoramique ou les faders.

Pratique notamment pour jouer en live, ou pour travailler sur de nouveaux morceaux de façon organique.

Tout cela se fait de façon assez intuitive : il faut juste prendre le temps au début de lire le manuel et/ou de regarder les vidéos explicatives sorties par Arturia sur leur chaîne YouTube (je vous ai mis les sous-titres en français) :

Une offre logicielle intéressante

Comme souvent avec ce type de matériel, le KeyLab Essential 61 de chez Arturia est vendu avec un pack de logiciels se voulant suffisamment généraliste pour intéresser un maximum de personnes.

Tout d’abord, on retrouve une licence pour Ableton Live Lite, une version allégée d’un de mes DAWs préférés (surtout si vous faites de la musique électronique) que j’avais d’ailleurs testé ici-même.

Pratique pour débuter.

Ensuite, des licences pour le Model D de UVI (marque française) et pour The Gentleman de Native Instrument sont également incluses : l’occasion d’avoir accès à deux pianos bien échantillonnés pour pouvoir jouer de premiers sons.

Et puis, il y a aussi deux mois d’abonnement à Loopcloud, une quarantaine de leçons gratuites chez Melodics… et j’ai gardé le meilleur pour la fin : il y a le plugin Analog Lab V de chez Arturia.

Analog Lab, c’est un instrument qui en contient plusieurs.

Analog Lab V

En fait, c’est comme si vous aviez à disposition une méga-banque de presets basés sur les autres plugins de la marque.

Autrement dit, vous avez accès à tout un panel de sonorités, des plus brillantes aux plus sombres, des plus modernes aux plus vintages.

Si vous ne pouvez pas modifier en détail chaque preset, vous pouvez toutefois ajuster plusieurs paramètres grâce à des potentiomètres virtuels, qui sont automatiquement mappés à ceux de votre clavier.

Vous allez sans doute me dire, si vous me suivez depuis longtemps, que d’habitude je n’aime pas les presets.

Il est vrai que même pour ma propre musique, j’ai tendance à enregistrer tout moi-même, à tout resampler, à tout recréer “à partir de rien”, d’une certaine façon.

Je m’attendais donc, la première fois que j’ai testé Analog Lab, à un outil basique.

Mais de fait, j’ai été vraiment impressionné par la quantité de sons disponibles et les potentielles utilisations.

D’une part les sonorités sont de grande qualité, mais d’autre part elles sont complètement exploitables / utilisables dans vos propres morceaux.

Certes, on ne peut pas toujours bidouiller les sons autant qu’on aimerait (enfin, que j’aimerais) — mais il s’agit vraiment d’éléments créatifs motivants qui donnent des idées intéressantes lors de la composition.

Bref, clairement un plugin que je garder dans ma collection, installé bien au chaud.

En conclusion

Au final, le KeyLab Essential 61 de chez Arturia me semble être un excellent clavier de home studio.

La fabrication est fiable, le toucher est correct, les fonctionnalités sont vraiment intéressantes et suffisantes, le design est agréable, le pack logiciel est réellement utile… que demander de plus ?

Certes, vous pourriez aller sur des claviers bien plus chers, comme le KeyLab 61 MKII plus haut de gamme. Mais si votre budget est plus réduit et que vous souhaitez tout de même quelque chose de qualitatif, alors sans aucun doute le KeyLab Essential 61 mk3 sera un choix intéressant pour votre home studio.

Commentaires (17)

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Martin / Répondre

Bonjour
Merci pour ce test fort intéressant.
Sais tu si une version 88 touchée va sortir ?
Merci d’avance.
BM

Adrien Administrateur / / Répondre

Hello,
Merci à toi 🙂
Je n’ai pas d’info à date, mais j’imagine que oui ça va venir 🙂

François Lemoniz / Répondre

Bonjour et merci beaucoup.

J’ai Arturia keylab 49, j’en suis très content mais je comprends pas comment éteindre le clavier qui est alimenté via USB.

MERCI encore
François

Adrien Administrateur / / Répondre

Pas possible effectivement. Via le MIDI Control Center de la marque vous pouvez toutefois gérer le comportement en mode veille (par exemple pour éteindre les LEDs)

Pierlo / Répondre

Salut Adrien,
Je débute sur arturia essentiel 49. J ai quelques questions.
Surtout 2….
La première je souhaiterai mettre un son sur le pas ( genre hélicoptère qu’on a dans les sons de analog lab) pour débuter une intro tout en jouant au clavier un son d’ un synthé d analog…pourrais tu me dire la procédure, j’ai encore du mal a comprendre….
La deuxième : j’aimerai lancer des sons d un Daw Logic pro genre sirène et exemple un simple de voix pendant que je joue et j’aimerai les lancer via les fader a droite. Pareil si tu peux m orienter vers la procédure….c’est cool

Merci a toi

Renaud / Répondre

Très bon test, juste un petit détail le lien pour le prix amène vers le modèle ” normal ” qui est nettement plus cher bien sur.

Christian / Répondre

Bonjour et merci pour cet avis très intéressant(comme pour tous les tests d’ailleurs)
Ma question:j’ai aussi studio one,mais faut – il necessairement un mackie control?
Bonne journee

Adrien Administrateur / / Répondre

Bonjour,
Merci bien 🙂 !
Pas sûr de comprendre la question, pour quoi faire en particulier ?
Adrien

Christian / Répondre

bonsoir
En fait tu écris que tu as Studio one,(moi aussi),et qu’il t’a fallu ajouter un appareil de type Mackie Control…
je débute la mao,je veux acheter un arturia mk3,est ce indispensable ce Mackie?je nage un peu….une courte explication serait bienvenue pour mes modestes connaissances
Merci et bonne soiree

Adrien Administrateur / / Répondre

Bonjour,
Ce n’est pas un appareil, “mackie control” c’est un protocole de communication. Donc juste un réglage dans le DAW 🙂
Adrien

Christian / Répondre

Merci de ta réponse,je me perfectionne et je progresse!J’ignorais totalement….forcement en débutant….merci de tous ces tutos for constructifs.En tout cas l’essai m’a convaincu….
Bonne journee
Christian

Adrien Administrateur / / Répondre

C’est normal en débutant il y a tellement de choses à apprendre 🙂 !
C’est un bon clavier oui, le rapport qualité/prix est top !

Fabrice / Répondre

Bonjour Adrien,
Merci pour ce test. Au titre des reproches qu’on pourrait faire à ce clavier maître en dehors de la couleur des touches (!), c’est le fait qu’il ne gère pas l’afertouch (polyphonique ou pas). C’eut été une très bonne chose, sachant que nombre de générateurs de sons (hardware ou logiciel) prennent en compte ce paramètre.
Si ce clavier avait géré l’aftertouch, il trônerait sans doute dans mon micro studio. Certe il y a son grand frère, mais en terme de prix la marche est quand même bien plus haute ! Je vais donc conserver mon vieux Novation de 2011 qui s’il n’offre pas autant fonctionnalités (hold/chord/scale/arp) gère l’aftertouch.
Musicalement,
Fabrice

Adrien Administrateur / / Répondre

Bonjour Fabrice,
Merci pour ton retour.
Oui il n’y a pas d’aftertouch, effectivement c’est réservé aux modèles de la série plus “haut de gamme” de la marque. Je suis d’accord avec toi, après pour le prix je trouve que ce qu’on a est pas mal. Quel est le novation dont tu parles, par curiosité ?
Adrien

Didier / Répondre

Pas d’interrupteur on/off quand on l’alimente via secteur. Pour soulager le port USB j’en ai mis une mais en fait à quoi bon si on ne peut rien couper !

Fabrice / Répondre

Bonjour Adrien,

Pour satisfaire ta curiosité, un Novation Impulse 61. Tu as déjà commenté dans tes rubriques son petit frère le Impulse 49. Le “morceau de plastique” est assez imposant et sans doute bien moins élégant que le modèle de chez Arturia. Moins de fonctionnalités également mais en grattant un peu l’Internet on peut trouver quelques freeware pour combler les manques…
Le modèle 25 touches de la famille Impulse ne dispose pas de faders par manque de place. Pourtant, comparativement à d’autres claviers de commande 25 touches, l’Impulse ressemble à un bébé bien joufflu 😉
On trouve assez facilement un Impulse 25/49/61 d’occasion à des prix tout à fait abordables. Ca reste un bon achat pour débuter.
Les Novation SL mkII 25/49/61 et ZeRO SL (idem mais sans clavier) qui commencent à dater ne sont pas mal non plus. Novation met toujours à disposition des pilotes pour Mac et Windows (10/11) ainsi qu’une version de Automap non “resizable” hélas ; donc pour les gens qui travaillent avec de hautes définitions d’image ou qui ont la vue qui baisse, c’est pas facile ! Un deuxième écran dédié peut-être… ?

Merci à toi pour tes articles et videos. C’est toujours très clair et instructif.

Fabrice

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