Tokyo Dawn Labs Molot GE : le Test Complet | Projet Home Studio

Tokyo Dawn Labs Molot GE : le Test Complet

8.5/ 10

Qualité sonore - 9

Fonctionnalités / Interface - 7.5

Rapport Qualité/Prix - 9

POUR
La qualité des algorithmes de compression, les nombreuses options permettant d'accéder à différentes textures sonores

CONTRE
Trop de réglages tuent les réglages (ou du moins ils mériteraient d'être mieux catégorisés visuellement)

Peut-être connaissiez-vous le plugin « Molot », conçu par vladg vers 2011 et qui fait régulièrement partie des listes de compresseurs gratuits ?

Eh bien, Vlad travaillant désormais avec l’excellente marque Tokyo Dawn Labs (aka Tokyo Dawn Records), celle-ci a sorti récemment le Molot GE — pour Gentleman’s Edition, une version approfondie et modernisée dudit Molot.

Il est vrai que ce dernier commençait à dater un peu, a minima au niveau de l’interface graphique, et que du coup cette mise à jour est bienvenue.

Etant déjà utilisateur de l’ancien marteau, je me suis donc penché avec intérêt sur le nouveau.

Oui, molot (молот) signifie ‘marteau’ en russe… 😉

Et comme nous allons le voir dans ce test, la nouvelle version proposée par TDR est un compresseur complexe, doté de nombreuses fonctionnalités, et offrant des possibilités sonores vraiment diversifiées.

Une interface à la fois claire mais difficile à utiliser

L'interface de Molot GE de Tokyo Dawn Records

A l’ouverture du plugin, on retrouve aisément la patte de Tokyo Dawn Labs en ce qui concerne le design : tout est très propre, plutôt épuré, et très lisible.

Certes, la couleur vert militaire n’est peut-être pas la mieux choisie, mais je trouve le plugin sympathique (notamment le VU-mètre, plutôt esthétique).

L’interface est redimensionnable, et différents indicateurs visuels ou bulles d’aides contextuelles sont prévues pour vous aider à vous y repérer.

Cependant, à l’utilisation, je trouve cette interface graphique difficile à manipuler : en effet, il y a beaucoup de boutons différents, et rien ne les différencie visuellement ou presque. Du coup, en testant Molot GE, j’ai ressenti une certaine gêne pour régler correctement le plugin.

Rien d’insurmontable, mais peut-être y a-t-il trop d’options.

Ou a minima, elles devraient être regroupées de façon plus logique — peut-être en s’appuyant sur des boutons de couleurs différentes en fonction des catégories de réglages.

De nombreuses options pour affiner le son

Sans surprise, on retrouve tout d’abord les réglages usuels des compresseurs : niveau d’entrée, attaque, release, seuil, ratio, gain de sortie (make-up gain) et sidechain interne ou externe.

Jusque là, rien d’original.

Mais Molot GE ne s’arrête pas là, et impressionne par le nombre de réglages différents qu’il propose, et qui sont autant d’outils vous permettant d’ajuster le caractère de la compression audio.

Par exemple, entre les boutons Attaque et Release, vous retrouvez un curseur « α–σ » (Alpha–Sigma) qui permet de basculer entre deux modes de compression, avec tous les intermédiaires possibles :

  • en mode Alpha, le compresseur est particulièrement rapide, ce qui est très pratique pour supprimer les transitoires ;
  • en mode Sigma, l’attaque est plus lente, ce qui permet de laisser passer une partie des transitoires et d’agir plutôt sur la texture du signal.

Un égaliseur est également présent, agissant sur les médiums de façon un peu particulière :

L'égaliseur de Molot GE

Comme vous pouvez le voir sur la courbe ci-dessus, au-delà des variations entre les canaux gauche et droit du signal stéréo, l’égaliseur booste certaines fréquences et en coupe d’autres. L’approche est très intéressante : plutôt qu’un simple EQ en cloche, il faut voir cette fonctionnalité comme un moyen d’influencer la tonalité et l’attitude de la piste.

Vous pouvez de plus rendre l’égalisation dynamique, pour qu’elle soit plus ou moins prononcée en fonction du niveau du signal en entrée — mais aussi coupler l’effet au limiteur ou à l’algorithme de saturation intégré au plugin pour toutes sortes de joyeusetés sonores plus ou moins évidentes à l’oreille.

Dans la même idée de « sculpter le son », Molot GE va encore plus loin et propose un mode « dual stage », qui permet d’avoir un compresseur « program-dependant » dont le release va varier en fonction du signal en entrée — une fonctionnalité appréciable mais qui nécessite d’avoir une réelle expérience avec la compression pour pouvoir vraiment en profiter.

Enfin, il est à noter que différents modes de compressions sont également inclus :

  • Feedback — permet d’avoir un son plus vintage ou plus moderne ;
  • Relaxed — permet d’avoir une compression plus douce, moins frontale et agressive ;
  • LoFi — génère une réduction de bits pour un son plus agressif et plus sale.

Au global, Molot GE vous donne donc accès à tout un panel d’options (vous pouvez même travailler en mid/side !) plus utiles les unes que les autres, mais pour bien les maîtriser il sera nécessaire de bien lire l’excellent manuel et de prendre le temps d’expérimenter.

Des possibilités sonores intéressantes

Niveau son, comme souvent avec les plugins de Tokyo Dawn Records, Molot GE s’en sort très bien : la qualité sonore est là et les algorithmes sont performants, sans artefacts.

On apprécie d’avoir un outil fiable et bien programmé.

La multitude de réglages vous donne nécessairement accès à des textures sonores très variées : vous pouvez aller de la compression extrême à la compression légère, des sons propres et transparents aux sons plein de caractère et saturés. Aucun problème.

En conséquence, Molot GE peut donc être utilisé dans à peu près n’importe quel contexte (compression de piste, de buss voire mastering) et pour contrôler n’importe quel instrument. Durant mes tests, je n’ai pas identifié de situation où le plugin ne semblait pas s’adapter au signal audio que je souhaitais traiter.

Difficile pour moi, par contre, d’illustrer toutes les possibilités de Molot GE sur un seul article car les combinaisons sont infinies. Je vous propose toutefois deux exemples issus du morceau Keeps Flowing d’Admiral Crumple.

Tout d’abord, écoutons l’impact du compresseur sur un beat, avec différents réglages :

Comme vous pouvez l’entendre, la compression est particulièrement efficace et apporte son propre caractère. Rien à voir, notamment, entre les algorithmes Alpha et Sigma : l’un est vraiment très violent, tandis que l’autre a tendance à modeler gentiment les transitoires (même si ici, pour l’exemple, je suis allé sur des réglages assez extrêmes de seuil).

Mais en même temps, malgré ce caractère audible et cet impact sur le son, je trouve que la compression réalisée par Molot GE a tendance à ne pas être trop audible dans le sens négatif du terme : on reste sur des choses assez musicales.

Voici un exemple sur la piste de voix, avec les autres pistes (non mixées) pour le contexte. Faites attention à la façon dont le compresseur capte les crêtes qui ressortaient trop fortement dans la version sans effet :

En conclusion

En conclusion, Molot GE est sans aucun doute un compresseur hors pair car terriblement efficace et doté d’un caractère fort sympathique. Il excelle dans de nombreuses situations, que ce soit sur des pistes individuelles ou des buss.

Par contre, et vous l’aurez compris à travers cet article, il s’agit aussi d’un compresseur très complexe à manipuler, avec de nombreuses options toutes impactantes sur le son final. De fait, malgré son évidente qualité, j’aurais tendance à le recommander à des utilisateurs aguerris : si vous débutez dans la compression, ce plugin ne vous aidera pas à mieux la comprendre.

Si par contre vous comprenez déjà bien les réglages de base, alors vous pouvez vous lancer et profiter de la puissance de Molot GE.

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