Pulsar Audio Echorec : le Test Complet

9.2/ 10

Qualité sonore - 9.5

Fonctionnalités / Interface - 9

Rapport Qualité/Prix - 9

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POUR
La merveilleuse qualité du son, le mode "préampli", le design de l'interface

CONTRE
Le manque d'un réglage de niveau d'entrée, les basses un peu trop atténuées lorsqu'on utilise l'effet comme un préampli

Echorec, c’est un nom qui vous parle ?

C’est un module d’écho fabriqué dans les années 60-70 par la marque italienne Binson et particulièrement célèbre parmi les guitaristes, puisqu’il fut utilisé par des groupes comme les Pink Floyd (Echoes…) ou Led Zeppelin.

Mais Echorec, c’est aussi le premier plugin publié par la jeune marque franco-italienne Pulsar Audio.

Aussi, en découvrant que l’équipe était principalement basée à Grenoble (France), j’ai immédiatement cherché à en savoir un peu plus.

C’est vrai, il y a d’excellentes marques françaises dans le marché de l’audio, mais elles manquent parfois d’un peu de visibilité… c’est pourquoi j’ai tendance à être un peu curieux par défaut.

Bref, je m’éloigne du sujet : le fait est que le plugin Echorec de Pulsar Audio émule le matériel hardware du même nom — lequel a une particularité de taille qui, je pense, ne doit pas être facile à modéliser : au lieu de fonctionner grâce à des bandes magnétiques comme la plupart des échos de l’époque, il est en effet basé sur la rotation d’un cylindre métallique magnétique.

Peut-être pas une prouesse technologique au sens strict, mais il fallait tout de même y penser !

Voyons donc à quoi ressemble le plugin…

L'interface d'Echorec de Pulsar Audio

Une interface esthétique

Souvent, lors de mes reviews, j’ai tendance à me baser sur ma première sensation au lancement du plugin pour juger de la qualité de l’interface.

Et je dois bien avouer qu’avec Echorec, j’ai été très agréablement surpris : en effet, on est nécessairement marqué par la qualité et le réalisme de l’interface graphique.

Les différents boutons semblent doux à manipuler  on a presque l’impression de toucher la vraie machine.

Et puis, il y a aussi le « Magic Eye », l’œil vert au centre du plugin, qui indique plus ou moins le niveau de saturation du signal au niveau de l’étage d’amplification à lampes.

Bien sûr, comme il s’agit d’un effet d’écho, on va retrouver un certain nombre de réglages usuels de delay mais aussi quelques particularités.

Globalement, on a deux groupes de contrôles : les boutons blancs et les boutons jaunes/rouges.

Les boutons blancs contrôlent tout ce qui est lié au delay :

  • le feedback (que l’on peut pousser assez loin de façon à générer des phénomènes d’auto-oscillation) ;
  • le choix des têtes de lecture magnétiques (le plugin intègre 4 têtes différentes — toutes les combinaisons sont disponibles et il est même possible de laisser le réglage sur « OFF » pour profiter simplement de la coloration à lampe sans avoir aucun écho, ce qui peut être très pratique) ;
  • la vitesse de rotation du disque, que l’on peut synchroniser avec le DAW (ou régler avec le tap tempo) ;
  • le mode de delay (« Echo », « Rip » ou « Swell » pour différentes attitudes. Par exemple, le mode « Echo » n’aura qu’une seule répétition, mais pas les autres) ;
  • et enfin, le niveau de mix et le volume de sortie de l’effet.

Il manque simplement un réglage du niveau d’entrée : en effet, puisque l’on est sur une saturation non-linéaire, on aimerait pouvoir la contrôler via un bouton « input ». Toutefois, l’attitude globale d’Echorec en termes de saturation et de couleur va tout de même être réglable via les boutons jaunes et rouges :

  • comme son nom l’indique, le « Drive » gère la quantité de saturation ;
  • trois qualités de matériel sont simulées, du module Echorec le plus abîmé (« Used ») à celui sortant tout juste de l’usine (« Mint ») ;
  • le bouton « Tone » permet d’ajuster l’équilibre basse/aigus du delay, pour un son plus ou moins sombre ;
  • enfin, le bouton « Stereo Drift » vous donnera quant à lui la possibilité de désynchroniser légèrement les canaux gauche et droit pour une impression d’image stéréo renforcée.

Bref, comme vous pouvez le voir, vous avez à peu près tout pour contrôler l’effet de façon très précise — bien plus que ce que le hardware d’origine vous aurait laissé faire.

Mais comment est-ce que ça sonne… ? 🙂

Un son lo-fi de haute qualité

Mon titre ci-dessus est volontairement un peu ambigu, mais je trouve qu’il traduit plutôt bien la réalité du plugin;

En effet, Echorec est un delay avec un caractère très marqué : on est absolument pas sur un effet transparent, il y a beaucoup de couleur, l’écho a un style qui lui est propre.

Mais en même temps, le plugin de Pulsar Audio propose un son de très haute qualité. On entend beaucoup de détails, et le son est très « 3D » comme on dit : rien qu’en ajoutant le VST et en faisant quelques réglages rapides, il est possible de donner une vraie dimension aux enregistrements.

Écoutons tout de suite quelques exemples de ce que l’on peut obtenir, à partir d’un enregistrement basique réalisé avec une guitare (Ibanez RG320FM, Focusrite 18i8 et simulation de TubeScreamer avant Echorec) :

Immédiatement, en écoutant ce son, ce qui me marque c’est justement cet aspect 3D, qui le différencie des quelques autres plugins du même genre. Instantanément, Echorec donne de la profondeur à la piste de guitare — et les différentes options de qualité permettent d’ajuster le caractère de l’effet.

Je dois toutefois bien avouer être incapable de dire si ce comportement est identique à ce que l’on avait sur le hardware car je ne l’ai pas utilisé moi-même. Par contre, ce qui est certain, c’est que l’effet est très esthétique et met très bien les instruments en valeur.

Parfait, donc, si vous aimez le son des Pink Floyd — ou bien tout simplement si vous aimez expérimenter avec des effets d’écho un peu atypiques, puisqu’il est possible d’utiliser le plugin sur d’autres instruments que la guitare : je pense notamment aux pistes de voix ou de synthétiseurs.

D’ailleurs, puisque l’on parle de synthétiseurs, je trouve que ceux-ci profitent bien souvent de la saturation à lampes apportée par le réglage de drive.

En effet, comme je le disais un peu plus haut, il est possible d’utiliser Echorec comme un préampli à lampes si on met le réglage d’écho en position « off » — ce qui fournit des résultats passionnants.

J’allais presque dire que la saturation apportée plugin a tendance à épaissir le son, mais ce n’est que partiellement vrai dans la mesure où les basses ont tendance à être rabotées de manière non négligeable. Par contre, cela donne de l’éclat au son de façon non-négligeable.

A vous de voir, ensuite, si vous souhaitez pousser l’effet dans la distorsion (pourquoi pas !) ou bien rester sur quelque chose de subtil en jouant avec le bouton « Mix » (ce que je recommande plutôt)… 🙂

Un exemple rapide avec une piste de synthé (U-He Repro-1) :

En conclusion

Au final, ce que je pense de l’Echorec de Pulsar Audio ?

Eh bien, j’ai surtout été impressionné par la très bonne qualité sonore proposée par le plugin. A la fois on est sur un effet simulant du matériel vintage (et donc colorant le son en termes de réponse en fréquences et d’harmoniques), mais en même temps Echorec donne un effet 3D au signal particulièrement appréciable.

Et puis, malgré le manque d’un réglage de niveau d’entrée, le plugin met tout de même à disposition toutes sortes de réglages, ce qui permet d’ajuster comme on le souhaite le caractère de l’effet. Vous pourrez donc l’utiliser sur des styles musicaux variés, que vous ayez besoin d’un delay relativement propre ou au contraire de quelque chose de très lo-fi.

Bref, un très bon produit, donc, de la part de cette nouvelle marque franco-italienne 🙂 !

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