PreSonus Studio One 6 : le Test Complet | Projet Home Studio

PreSonus Studio One 6 : le Test Complet

9.7/ 10

Qualité sonore - 10

Fonctionnalités / Fabrication - 9.5

Rapport Qualité/Prix - 9.5

POUR
Le workflow au global et les nombreuses fonctionnalités, les possibilités de personnalisation, les nouveaux effets, la présence d'un mode projet avec export DDP

CONTRE
Les outils d'enveloppe de gain en mode projet pourraient être améliorés, les nouvelles fonctionnalités très bien mais peut-être un peu trop orientées débutants

Ah, Studio One 6.

Il était temps que je vous prépare une review de ce DAW, que j’utilise au quotidien, aussi bien pour la production musicale que pour le mixage et le mastering.

Si à l’époque où j’écrivais ma première review de Studio One (en 2017, version 3.5) je disais de mémoire que Studio One faisait partie des DAWs montants, ce n’est clairement plus le cas : aujourd’hui, Studio One fait déjà partie des DAWs les plus utilisés dans le monde, sans doute grâce aux nombreuses fonctionnalités intégrées à chaque montée de version et au workflow très bien pensé d’une façon générale.

Aussi, je vous propose aujourd’hui cette review de Studio One en version 6, avec un petit focus notamment sur les fonctionnalités apportées par cette nouvelle version

Comme d’habitude avec les DAWs, ceci dit, écrire une review est un exercice complexe : il y a énormément de choses que l’on voudrait dire, car il y a un nombre incalculable de fonctionnalités et de possibilités.

Un mot sur les templates

Dans sa version 6, Studio One propose un moteur de templates (« modèles » en français) plus évolué, et qui peut servir de point de départ lorsque vous lancez une nouvelle session du logiciel.

Les templates dans Studio One 6

En effet, ces templates vous permettent bien sûr d’accéder facilement à des sessions vierges de mixage, mastering ou pour jouer en live (les trois « vues » autour duquel le logiciel est structuré : morceau, projet et show — sur lesquelles nous allons nous concentrer dans cette review).

Mais ce n’est pas tout : un certain nombre de templates « intelligents » ont été intégrés, pour importer rapidement des fichiers audio ou tout simplement créer une session et pouvoir jouer instantanément du piano ou des percussions avec une surface de contrôle MIDI.

Ca ne changera sans doute pas fondamentalement la vie des utilisateurs aguerris, mais pour les débutants ça sera probablement très pratique et permettra d’aller à l’essentiel.

Et bien entendu, rien ne vous empêche de créer vos propres modèles pour avoir des sessions correspondant immédiatement à votre façon de travailler…

La vue Morceau, pour le mixage

La vue morceau, c’est tout simplement la vue standard à laquelle on s’attend lorsque l’on parle d’un DAW.

C’est à partir de celle-ci que l’on fait son arrangement, que l’on enregistre les différentes pistes et que l’on fait son mixage.

Des pistes sur Studio One

La gestion des pistes

Niveau interface, Studio One 6 nous propose une expérience de grande qualité, avec un design très propre et moderne — ce qui permet dès le début de se mettre en bonne condition pour travailler efficacement.

Bien sûr, on retrouve nos pistes audio et midi, nos groupes ou buss, nos lignes d’automation… ainsi que toutes les fonctionnalités standards nécessaires au mixage, mais aussi beaucoup d’options et de fonctionnalités visant à améliorer au maximum le workflow.

Remarque : si vous êtes un peu perdu(e) parmi la quantité de fonctionnalités disponibles dans Studio One (parce que, c’est vrai, il y en a beaucoup), la version 6 vous permet de customiser un peu l’affichage pour masquer au besoin toutes les fonctionnalités que vous n’utilisez pas. Très pratique pour les utilisateurs débutants, mais aussi pour les pros qui souhaitent gagner du temps.

Ainsi, l’édition dans Studio One est particulièrement aisée, avec un grand nombre d’outils permettant de gérer à volonté vos pistes.

Je pense notamment à l’outil « Crayon », qui permet aussi bien de tracer des lignes d’automation à main levée qu’en suivant des formes carrées, triangulaires, sinusoïdales…

Je pense aussi aux fonctionnalités de rappel du mix : vous pouvez en effet créer des « scènes » pour rappeler en un clic une version du mix. Un rappel qui plus est paramétrable, puisque vous pouvez par exemple ne rappeler que la visibilité, le volume ou le panning des pistes. Idéal pour mixer.

Notons aussi la possibilité pour les pistes d’être multi-couches — chaque couche étant générée à la volée lors des enregistrements successifs, ce qui permet notamment de faire du comping de différentes prises de façon très simple.

On appréciera aussi avoir la possibilité de gérer des enveloppes de gain directement au niveau des stems, ce qui facilite grandement le gain staging, les nouveaux mode de gestion de la panoramique pour les pistes stéréo (Balance, Double et Binaural) ou encore les nouvelles icônes de pistes permettant de se repérer plus facilement.

Et puis, il y a aussi l’éditeur de partition simplifié intégré au niveau des pistes MIDI, basé sans doute sur le logiciel Notion édité lui aussi par PreSonus. Pour moi, c’est vraiment très appréciable — surtout que cet éditeur fonctionne très bien : la prise en main est aisée, l’affichage des notes élégant, et les options suffisamment nombreuses bien qu’il s’agisse d’un moteur allégé.

Enfin, on notera également la présence d’une toute nouvelle fonctionnalité « Paroles », plutôt bien pensée.

En effet, au-delà d’ajouter simplement les paroles des chansons dans vos projets, elle vous permet :

  • de les afficher en ligne au-dessus de votre session de mixage ;
  • de les afficher en gros sur votre écran et de les voir défiler en fonction du morceau, avec une coloration adéquate en mode karaoke (pratique si vous vous enregistrez vous-même par exemple) ;
  • de les affecter à des notes MIDI et de les afficher sur les partitions que vous éditerez.

La console de mixage

Comme tout DAW qui se respecte, Studio One propose une console de mixage qui reprend l’ensemble des pistes ou groupes, et donne accès aux différents faders de volume.

Plus précisément, pour chaque canal, on retrouve :

  • des icônes de canal ;
  • le réglage de gain d’entrée ;
  • un bouton d’inversion de phase ;
  • les effets d’insert et les départs vers les pistes send ;
  • la gestion des retours ;
  • les choix d’entrées/sorties ;
  • les indispensables boutons Mute, Solo ou Record
  • les groupes et VCA (ces derniers permettant de gérer de façon synchronisée les faders de volume de plusieurs pistes) ;
  • et un encart Mémo permettant de mettre quelques lignes de texte.
La console dans Sutdio One 6

A l’utilisation, cette console est extrêmement bien construite : de nombreuses fonctionnalités et réglages permettent de customiser de façon assez poussée l’expérience utilisateur : options de coloration des pistes, affichage ou non de telle ou telle information…

Autrement dit, peu importe votre façon de travailler, Studio One devrait s’y adapter sans problème.

Notons au passage la présence depuis la version 5 de Studio One d’un « Listen Bus », qui est une piste similaire au Buss Master mais sur laquelle vous pouvez ajouter des effets qui ne seront pas pris en compte lors de l’export des pistes. Typiquement, des outils de correction d’écoute comme Sonarworks SoundID ou comme Slate Digital VSX.

Comme ça, plus de risque d’exporter un mix avec encore cet effet dessus !

Les plugins d’effets

Studio One 6 est livré avec véritablement tous les effets nécessaires pour pouvoir aborder le mixage, et même s’ils ne sont pas tous parfaits (du moins à mon goût), on est quand même sur des plugins sérieux que vous pourrez utiliser pour produire des mixages de qualité.

On retrouve en effet aussi bien :

  • des effets standards, comme tout ce qui est égaliseur, compresseur ou réverbe ;
  • des utilitaires très pratiques pour gérer la panoramique ou pour analyser le spectre de fréquences ;
  • ou des effets créatifs : delay analogique, tap delay, saturation (avec de nombreux modes et couleurs différents), réverbe à convolution…

Tous sont plutôt faciles à utiliser grâce à un design et une interface intuitive, et généralement avec toutes les fonctionnalités qui vont bien. Par exemple, tous les plugins d’effets dynamiques disposent d’une entrée sidechain.

Nouveaux Effets dans Studio One 6

Pro EQ 3 et le nouveau Vocoder

Avec la version 6 de Studio One en particulier, une nouvelle version de l’égaliseur (Pro EQ 3) a été implémentée, et je dois dire qu’elle me semble très pertinente : au-delà de vous donner la possibilité d’égaliser de façon classique vos pistes, vous avez désormais un égaliseur dynamique intégré pour la plupart des bandes et surtout un mode « solo » pour écouter le son d’une bande de fréquences.

Pas encore de quoi faire de l’ombre au fameux Pro-Q 3 de FabFilter, mais par contre largement assez performant pour être utilisé à la place si vous ne l’avez pas. Ce qui me semble top pour les débutants qui s’intéresseraient à Studio One.

Enfin, durant mes tests de cette nouvelle version, j’ai également apprécié le nouveau Vocoder.

Certes, c’est un effet un peu contextuel. Ca ne servira pas à tout le monde.

Mais l’effet sonore intégré est très convaincant et permet d’accéder à de nombreuses textures sonores, ce qui sera sans aucun doute utile aux producteurs de musiques électroniques.

La vue Projet, pour le mastering

Studio One n’est toutefois pas juste un DAW permettant de faire de la production musicale et du mixage : avec la vue Projet, vous pouvez en effet aborder de façon professionnelle le mastering d’albums complets ou de pistes individuelles.

(D’ailleurs, c’est avec ce mode Projet que j’ai construit en presque totalité ma formation sur le mastering… 😉 )

Mode projet dans Studio One 6

Le fonctionnement est assez simple, puisqu’il suffit d’importer vos différentes pistes puis de les organiser sur la timeline en bas de l’interface pour pouvoir commencer à masteriser.

Pour aider le travail, Studio One fournit avant tout différentes visualisations très utiles et suffisamment paramétrables pour répondre à une grande partie des besoins d’analyse que l’on peut avoir lors du mastering.

En tous cas, c’est ce que moi-même j’utilise pour masteriser dans un contexte professionnel, alors je peux sans aucun doute affirmer que pour les home studios, c’est plus que suffisant.

On retrouve en effet un spectre de fréquences avec différents modes d’analyse, un sonomètre avec différentes échelles (peak/RMS, K-System et bien sûr LUFS selon la norme EBU R128), un goniomètre pour visualiser l’image stéréo, la possibilité d’ajouter les codes EAN/UPC ou ISRC…

Et bien sûr, il est possible d’ajouter à volonté des plugins pour pouvoir traiter l’audio et le finaliser proprement.

Depuis la version 5.5, Studio One intègre également la possibilité d’ajouter des courbes d’automation pour les effets et des enveloppes de gain dans ce mode projet, ce qui est très appréciable même si la maniabilité pourrait être améliorée (lorsque l’on fait des ajustements très précis de ±0.5 dB notamment).

Enfin, une fois le mastering terminé, différentes fonctions d’exports vous permettent de préparer votre master pour une distribution sur support numérique ou physique — avec notamment une option d’export DDP, ce qui est indispensable si vous souhaitez faire presser vos CDs.

La vue Show, pour le live

Il nous reste un sujet à aborder : la vue Show.

Intégrée en version 5, elle a permis à Studio One de se positionner de façon beaucoup plus concrète sur l’utilisation dans un contexte de concert ou d’évènement.

Mais de quoi s’agit-il ?

Tout simplement, créer un « Show », c’est créer une session qui va vous aider à structurer votre performance live.

Je m’explique.

Tout d’abord, il convient d’ajouter des « Exécutants ». Un Exécutant, ça peut être une piste d’accompagnement, un instrument réel ou un instrument virtuel. On configure bien sûr chaque exécutant comme on le ferait avec des pistes, en choisissant les entrées/sorties correspondantes si applicable.

L’intérêt de tout ça, c’est que vous pouvez ajouter plusieurs morceaux à la suite, avec des exécutants différents ou non.

Par exemple, vous pouvez dire :

  • sur le premier morceau de mon concert, j’aurai une piste d’accompagnement et un instrument virtuel car je vais jouer avec mon clavier MIDI et un VSTi ;
  • sur le deuxième morceau, j’aurai une autre piste d’accompagnement et par contre un instrument réel car je vais jouer sur ma guitare ;
  • sur le troisième morceau, j’aurai une piste d’accompagnement et je jouerai à nouveau sur mon clavier MIDI.

Et ça ressemblera alors à ceci :

Mode Show dans Studio One 6

Bien sûr, il est possible de réorganiser en un ou deux clics l’ordre des morceaux dans la setlist du concert, mais aussi de gérer des « Patchs » pour qu’un même exécutant joue des sons différents suivant les morceaux. Par exemple, en ajoutant de la réverbe à votre guitare uniquement sur l’un des morceaux de votre setlist.

Mais ce n’est pas tout ! 🙂

Une fois que vous avez paramétré votre setlist et vos exécutants, vous pouvez aller beaucoup plus loin puisque le mode Show de Studio One vous donne accès à différentes commandes que vous pouvez afficher en plein écran durant votre live.

Chaque commande peut de plus se voir affecté n’importe quel réglage : quantité de réverbe, niveau de volume, activation ou non d’un effet, etc.

In fine, une fois le paramétrage effectué, vous pouvez tout gérer de façon simple et visuelle, durant votre concert :

En concert avec Studio One 5

A l’utilisation, ce mode Show me semble donc être très bien pensé, même si on peut encore rêver de fonctionnalités supplémentaires (et pourquoi pas de boucles faciles à déclencher comme sur un des DAWs concurrents).

En conclusion

Au final, Studio One 6 s’avère être un DAW extrêmement performant et doté de fonctionnalités particulièrement nombreuses, avec un workflow toujours très bien pensé.

Les nouvelles fonctionnalités de la version 6 sont de plus appréciables, même si j’aurais tendance à penser qu’elles sont surtout utiles pour les débutants et moins pour les professionnels (quoique, le très bon vocoder…).

En l’état, que vous soyez à la recherche d’un nouveau DAW ou que vous hésitiez à upgrader depuis une version antérieure, Studio One 6 me semble être une option de qualité, moderne et fiable, aussi bien dans un contexte home studio que studio pro.

Personnellement, j’utilise ce DAW depuis 2017 — et ça ne risque pas de changer : je l’adore !

N’hésitez pas, si vous voulez voir le DAW « en mouvement », à jeter un œil à ma playlist Studio One sur ma chaîne YouTube. 😉

Commentaires (3)

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Nico / Répondre

Bonjour Adrien, j’ai besoin d’un conseil éclairé. Je travaille depuis mes débuts (relativement récents tout de même) sur Cakewalk, logiciel avec lequel je suis désormais familiarisé. J’ai installé la version d’essai de Studio One 6 afin de voir si l’herbe n’était pas plus verte ailleurs. Je trouve qu’effectivement le workflow est plus aisé, et que le programme me semble être moins gourmand en CPU (est-ce juste une impression ?). Penses-tu que cela vaille le coup de changer de DAW et de basculer vers Studio One 6 Artist ? Ou conseilles-tu de privilégier le fait que je suis à l’aise avec Cakewalk et de ne pas bousculer les habitudes ?
Pour info, j’enregistre essentiellement guitare / voix, avec des instruments virtuels pour claviers et basses.

Merci de ton avis !

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