PreSonus Studio One 3.5 – Le Test Complet

9.2/ 10

Qualité sonore - 9

Fonctionnalités / Interface - 9.5

Rapport Qualité/Prix - 9

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POUR
L'interface limpide, les nombreux outils, le nouveau mode de monitoring faible latence, les MixFX novateurs

CONTRE
Les simulations de compresseurs vintages pas très convaincantes, pas d'automation en mode projet

Studio One, le DAW de la marque américaine PreSonus, est assez récent sur la scène des stations audionumériques puisqu’il n’existe que depuis 2009.

Toutefois, malgré cette apparente jeunesse, Studio One s’est très rapidement hissé parmi les meilleurs logiciels d’enregistrement et de mixage disponibles pour le studio et le home studio.

La version 3.5, mise à jour majeure sortie fin mai 2017, embarque un certain nombre de nouveautés, telles qu’un nouveau moteur audio incluant un mode « monitoring à latence faible » particulièrement mis en avant par la marque.

Mais de quoi s’agit-il ? Le logiciel est-il aussi performant qu’on le dit ?

Voici une réponse dans ce test 🙂

Note : j’ai testé ici la version Studio One Professional, et non pas la version Artist simplifiée. Pour voir la différence entre les deux, rendez-vous sur cette page du site de PreSonus.

Interface et Fonctionnalités

Comme vous pouvez le voir sur l’image ci-dessous, Studio One 3.5 a un design moderne et clair, qui s’avère de plus complètement modulable.

En effet, la plupart des panneaux peuvent être redimensionnés ou masqués à volonté. De cette façon, le logiciel s’adapte à votre « workflow » tout en gardant une certaine organisation.

L'interface de Studio One 3.5

Toutes les fonctionnalités auxquelles on peut s’attendre pour un DAW professionnel sont incluses : armement des pistes pour l’enregistrement, boutons de transports, indicateurs temporels… les deux principaux panneaux étant bien sûr la vue d’arrangement et la console.

La vue d’arrangement

C’est l’endroit où les différentes pistes correspondant aux instruments audio ou midi sont affichées.

Contrairement à d’autres DAWs (je pense à Ableton Live par exemple), elles peuvent toutes être masquées au besoin. De même, les lignes d’automation peuvent être affichées en-dessous de chaque piste et leur édition très facile permet de réaliser des ajustements assez complexes.

Pour une même piste, on peut avoir plusieurs « couches », c’est-à-dire plusieurs enregistrements superposés. Cela permet :

  • d’enregistrer plusieurs idées, et de choisir plus tard laquelle doit être conservée ;
  • de faire du comping (ou compilation), cette technique d’enregistrement consistant à combiner plusieurs prises pour obtenir une piste idéale.

Dans le dernier cas, le comping est particulièrement aisé avec Studio One 3.5, car en quelques clics on peut sélectionner les parties de chaque couche que l’on souhaite retenir.

Enfin, au-dessus de la vue d’arrangement, un certain nombre de panneaux d’édition peuvent être affichés : aide, étirement temporel, quantification ou encore suppression de silences. Le tout s’avère particulièrement pratique, notamment pour éditer à la volée des pistes de chant.

La console

La console de mixage peut être affichée ou non en appuyant sur la touche F3.

Elle reprend toutes les pistes, les buss, les canaux d’effets et les canaux VCA (fonctionnalité sympathique de Studio One qui permet de contrôle le volume de plusieurs pistes en s’inspirant du fonctionnement des tables de mixage analogiques). Sans surprise, vous pouvez sélectionner quelles pistes doivent apparaître et lesquelles doivent être masquées.

Par défaut les effets d’insert sont positionnés sur le côté des pistes, mais il est possible via un réglage de les mettre au-dessus, comme sur l’image ci-dessous. Je trouve ça beaucoup plus pratique, bien que cela prenne de la place sur l’écran et que ça ne soit donc sans doute pas le plus pratique pour les petites résolutions.

La console de Studio One 3.5

Le fonctionnement de la console est globalement très intuitif, que ce soit pour régler la panoramique, armer les pistes, ajouter des effets ou envoyer le son vers une piste de retour ou un buss particulier.

Le workflow en ressort très fluide, et les nombreuses options du logiciel permettent de customiser sa réaction de façon intéressante : vous voulez que les pistes visibles sur la console ne soient pas les mêmes que celles de la vue d’arrangement ? Vous voulez que les pistes entières se colorent, ou bien juste le titre ?

Aucun soucis, tout ceci est réglable.

Monitoring à latence faible

La grosse innovation portée par la mise à jour 3.5 de Studio One est un nouveau mode de monitoring (écoute de contrôle) à faible latence, qui élimine le besoin de matériel hardware DSP.

En clair, un nouveau moteur audio high-tech.

Le mode de monitoring à faible latence de Studio One 3.5

PreSonus ne précise pas comment cela fonctionne, mais concrètement ce mode abaisse au maximum la latence d’écoute, ce qui facilite l’enregistrement en même temps que l’on écoute le son provenant du DAW.

Pour prendre un exemple réel, j’ai ainsi pu abaisser une latence d’écoute aller/retour standard initialement de 80 ms à seulement 15,7 ms !

Efficace, non ?

Autres remarques sur le moteur audio

Studio One 3.5 inclut également une protection anti-décrochages (dropouts). Cinq niveaux de contrôle sont disponibles (de faible à maximal), ajoutant à chaque fois un peu de latence (sauf en utilisant le nouveau mode à faible latence).

(A ce propos : sans parler de bugs, mais j’ai expérimenté quelques soucis d’affichage de la charge du processeur — qui indiquait 100% — en utilisant la protection anti-décrochage. Je dis « d’affichage », car je n’ai pas vu d’impact réel sur les performances, juste une erreur d’affichage puisque le processeur n’était pas vraiment à fond…)

D’autre part, le moteur audio semble plus performant d’une façon générale que celui que l’on peut retrouver dans d’autres DAWs.

J’ai ainsi effectuer un test rapide en branchant une guitare pour jouer avec le plugin de simulation d’ampli Recabinet 4 de Kazrog, très bon mais assez gourmand en termes de ressources.

Sur Ableton Live, pour pouvoir jouer correctement, je devais régler la taille du buffer à 64 samples (avec 7.89 ms de latence aller/retour).

Sur PreSonus Studio One 3.5, j’ai pu descendre sans problème à un buffer de 16 samples, et donc une latence de 3.8 ms ! 🙂

Après, ça dépend du PC, ça dépend de l’interface… mais Studio One se positionne clairement du côté des moteurs audio efficaces.

Les Plugins PreSonus

Si Studio One 3.5 peut charger tous les formats usuels de plugins (VST, VST3 et AU sur Mac), il inclut nativement 41 effets dans la version Professional et une trentaine dans la version Artist allégée.

On retrouve les classiques (réverbe, delay, limiteur…) mais également des effets plus complexes : créateur d’impulsions (IR), réverbe à convolution et compresseur multibande.

A noter également l’intégration très réussie de Melodyne Essential, version light mais fonctionnelle d’un outil professionnel de correction de hauteur de notes, idéal pour le traitement de la voix.

Globalement, tous sont de bonne qualité et faciles à utiliser. Autrement dit, vous pourrez vous appuyer sur eux pour réaliser vos mixages en toute confiance.

La Fat Channel XT

La nouveauté majeure en termes de plugins dans Studio One 3.5 est la Fat Channel XT, qui est un effet combinant :

  • Filtre passe-haut
  • Gate
  • Compresseur
  • EQ
  • Limiteur

Le tout, dans une seule interface :

Le plugin Fat Channel XT sur Studio One 3.5

Si le gate et le limiteur sont assez classiques dans leur fonctionnement, différents types de compresseurs et d’égaliseurs sont accessibles :

  • EQ — Standard, simulation de Pultec EQP-1A et simulation de Neve ;
  • Compresseur — Standard, simulation de LA-2A, simulation de 1176.

Lors du test, j’ai bien aimé les émulations d’EQ analogiques, qui sont plutôt efficaces et colorent le son de façon intéressante.

Par contre, les compresseurs m’ont nettement moins convaincu : le LA-2A est beaucoup trop rapide et le 1176 n’apporte pas le caractère auquel on s’attendrait (par exemple, sur les voix, il est trop agressif).

En gros, ils sont utilisables, mais il y a beaucoup mieux (comme par exemple ceux de cette liste de plugins de compression gratuits).

Le Mix Engine FX

PreSonus Studio One propose depuis la version 3.2 l’utilisation de « Mix FX ».

Le plugin MixFX Console Shaper de Studio One

De quoi s’agit-il ?

Tout simplement, il s’agit d’un type d’effet spécifique pouvant être appliqué à toutes les pistes simplement en l’ajoutant au niveau d’un buss (et notamment du mix buss).

Quel intérêt ?

L’idée est d’avoir des plugins qui simulent, par exemple, le fonctionnement de consoles analogiques au lieu d’avoir une sommation basique du son.

Ainsi, le plugin livré par défaut avec Studio One s’appelle Console Shaper (image ci-contre). A partir d’une seule interface, vous pouvez régler :

  • la saturation/distorsion de chaque piste
  • la quantité de bruit de fond de chaque piste
  • le « crosstalk » (diaphonie en français), c’est-à-dire la fuite du signal d’une piste dans les autres pistes, qui est l’une des caractéristiques des matériels analogiques.

Cette technologie novatrice étant récente, il faudra du temps pour que les éditeurs de plugins s’adaptent et développent en conséquence. Toutefois, Softube vient de sortir Tape, un plugin de simulation de magnétophone à bande, que je suis en train de tester également et qui fonctionne justement avec ce système (le test arrive d’ailleurs bientôt…).

Personnellement, je trouve le concept formidable, surtout si vous êtes (comme moi) à la recherche d’un son un peu plus chaud ou un peu plus vintage tout en restant dans votre DAW.

Et enfin, le mode projet

Studio One inclut également un outil dédié au mastering, avec une interface différente de celle destinée au mixage.

Ainsi, il est possible de créer un « Projet », dans lequel on importe les morceaux que l’on a mixés (directement dans Studio One, ou bien provenant d’autres fichiers audio).

Exemple de Projet dans Studio One

Il est alors possible d’effectuer le mastering de l’album, en ajoutant des effets pour chaque chanson, ou bien affectant l’ensemble des morceaux.

A noter que la mise à jour 3.5 du logiciel propose un certain nombre d’outils très bien pensés de mesure du niveau sonore (LU, LUFS, true peak…) et de visualisation du spectre audio ainsi que de l’image stéréo.

Petit point négatif : il n’est pas possible d’appliquer des automations à ce niveau. Dommage pour ceux qui aiment rentrer un peu plus dans le détail lors du mastering, par exemple pour élargir légèrement l’image stéréo durant les refrains…

D’une façon générale, l’outil est très utile et permet même de graver un disque ou de réaliser une image DDP pour l’envoyer à l’entreprise qui pressera votre album.

Conclusion

Au final, après l’avoir testé pendant un mois, Studio One 3.5 m’a vraiment convaincu.

C’est un DAW professionnel facile d’accès grâce à une interface fonctionnelle, paramétrable et modulable. Il inclut par défaut tous les plugins nécessaires pour faire un mix solide et diffusable. Même si une petite faiblesse est constatée au niveau de certains compresseurs, l’ensemble est globalement de très bonne qualité.

PreSonus, avec ce logiciel, continue d’innover en intégrant des technologies intéressantes et pertinentes, telles que le très efficace mode de monitoring à faible latence ou encore la possibilité d’utiliser des MixFX pour reproduire le comportement des consoles analogiques.

Un excellent logiciel pour le studio — et bien sûr le home studio !

Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page officielle de Studio One.

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