Fender Studio Pro 8 : le Test Complet (ex-Studio One)

9.0/ 10

Qualité sonore - 9

Fonctionnalités / Interface - 9

Rapport Qualité/Prix - 9

POUR
Le workflow puissant et les nombreuses fonctionnalités, l'intégration de Fender Studio, les nouvelles simulations d'amplis, l'assistant de progressions d'accords, Studio Verb, la version Linux, le bundle de plug-ins tiers, les possibilités de personnalisation, la facilité de prise en main, le mode projet avec export DDP, l'intégration de Splice

CONTRE
Certains aspects rudimentaires sur les simulateurs d'amplis, moins de grosses nouveautés qu'avec la sortie de la version précédente, certains effets encore un peu en-dessous de la concurrence

Ah, Fender Studio Pro 8.

Oui, vous avez bien lu. Studio One a changé de nom. PreSonus est désormais pleinement intégré à l’écosystème Fender, et le DAW s’appelle aujourd’hui Fender Studio Pro.

Sur le fond, rien de révolutionnaire ni de marketing creux : c’est toujours le même logiciel, la même philosophie, le même workflow, une des conséquences de l’acquisition de la marque en 2021. Mais il fallait commencer par le dire, histoire d’éviter toute confusion.

À l’époque de la première review de Studio One sur Projet Home Studio, en 2017 (version 3.5), il était écrit que Studio One faisait partie des DAWs « montants ».

Ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui : Fender Studio Pro fait désormais partie des DAWs les plus utilisés au monde.

Une position acquise à force d’évolutions cohérentes, de fonctionnalités intégrées intelligemment à chaque version, et surtout d’un workflow qui reste l’un des plus réfléchis du marché.

Le DAW Fender Studio Pro 8

Comme d’habitude avec les DAWs, écrire une review est un exercice complexe : il y a énormément de choses que l’on voudrait dire, car il y a un nombre incalculable de fonctionnalités et de possibilités.

Je vous propose donc ici une review de Fender Studio Pro 8, avec tout d’abord un focus sur les nouveautés et les évolutions marquantes par rapport aux versions précédentes, et ensuite un aperçu des fonctionnalités plus “générales” du logiciel.

Nouveautés de Fender Studio Pro 8

Relooking et ergonomie

Le changement le plus immédiat dans la nouvelle version est évidemment le relooking et le rebranding Fender.

La majorité des éléments de l’interface et les raccourcis claviers n’ont pas bougé, et il faudra ouvrir l’œil pour repérer ci et là les quelques relocalisations de commandes et d’icônes, l’aspect plus 3d ou “skeuomorphique” de certains contrôles ou du design des plug-ins stocks habituels.

Il sera également question de chercher ces plug-ins dans la liste des effets et instruments, dans la catégorie Fender au lieu de Presonus.

Plus intéressant, les effets sur les pistes peuvent à présent être affichés d’une manière qui nous rappelle Ableton Live, avec un aperçu voire la totalité du contenu des plug-ins stock qui s’affichent sur une vue latérale pour chaque piste, et la possibilité de changer l’ordre des effets par drag & drop.

Visualisation des effets dans Fender Studio Pro 8

De plus, une vue supplémentaire accessible d’un clic permet d’apercevoir et de naviguer dans l’arrangement complet, montrant la totalité des pistes et des clips sur une surface minimale, ici encore inspiré de ce que l’on peut faire dans le fameux DAW berlinois à boucles.

Bien sûr, toutes ces nouvelles visualisations sont optionnelles : si vous souhaitez utiliser uniquement l’interface telle qu’elle était en version 7, c’est globalement possible.

En fait, il faut voir ces nouveautés comme des options, qui raviront sans aucun doute certains utilisateurs, mais ne seront bien sûr pas indispensables pour tout le monde.

Un mot sur Fender Studio

Pour pousser plus loin la comparaison, Fender Studio Pro dispose de fonctionnalités qui permettent de communiquer avec l’extérieur, que ce soit avec Ableton Link pour la synchronisation des instruments et barres de transport sur réseau local, ou l’intégration de l’application iOS Fender Studio, gratuite pour disposer de quelques fonctionnalités de mixage avec enregistrement et gestion de clips.

L'application Fender Studio

Celle-ci permet également de fabriquer à la volée des morceaux simples dédiés à la pratique instrumentale, et peuvent s’exporter dans le DAW grâce au fameux format de projets DAWproject qui peut s’ouvrir également dans Bitwig Studio ou Reaper, ce qui permet de travailler ses maquettes sur tablettes ou smartphones et de les exporter sur l’ordinateur de bureau.

Mais la fonction la plus intéressante de Fender Studio qui se retrouve dans le DAW, c’est la totalité des simulateurs d’amplificateurs guitare (Mustang Native) et basse (Rumble Native), payants sur iOS. Ces nouveaux plug-ins stock viennent remplacer Presonus Ampire dans l’offre proposée en bundle avec le séquenceur.

A noter que le bundle en question est toujours aussi fourni, qu’on y trouve des effets et instruments virtuels stock (avec des évolutions du côté des sampleurs), ainsi que des licences de logiciels tiers, notamment chez Eventide, UJAM, Native Instruments ou Newfangled Audio.

Des outils Fender pour la guitare et la basse

Le son de ces simulateurs est très intéressant, et parfaitement suffisant pour réaliser des maquettes, d’autant que l’intégration dans Fender Studio Pro est fluide, et qu’ils ont été conçus pour un usage immédiat, sans nécessité de passer du temps sur les réglages.

Simulations d'ampli guitare dans Fender Studio Pro 8

On y trouve pas mal d’émulations de pédales d’effets, et presque toute la gamme des amplificateurs Fender emblématiques, avec peut être un peu moins de choix que souhaité sur le registre des sons saturés, mais largement de quoi faire notamment niveau presets classés par genre et par usage (ici avec des sons typés Fender classiques et aussi du plus “moderne”).

La gamme disponible pour la basse dans le Rumble Native est d’ailleurs peut être le point fort de la proposition, les bassistes étant souvent les grands oubliés dans les simulateurs logiciels.

Simulations d'ampli basse dans Fender Studio Pro 8

Rumble dispose en effet de beaucoup de choix sur les amplificateurs, et de pas mal de presets correspondant au son de la basse sur des morceaux très précis (on peut en écouter plusieurs dans la démo audio ci-dessous) :

Toutefois, on regrettera le manque de diversité dans le choix des simulateurs d’enceinte proposés, qui ne permettent pas d’aller dans le détail faute de contrôles comme le choix des micros ou leur mixage (ce qui était un peu plus sophistiqué dans Ampire).

Et surtout, il nous a été difficile de trouver notre bonheur niveau sonore, au point de devoir désactiver cette section du plug-in, et la remplacer par le lecteur de réponses impulsionnelles Open AIR de Fender Studio Pro.

Mais nous n’avons pas boudé notre plaisir de tomber sur un preset estampillé vieux Metallica, et de le faire sonner comme à l’époque avec un peu d’égalisation (d’abord avec le preset d’origine, puis avec une autre simulation d’enceinte, et enfin avec du Tone Matching supplémentaire) :

Et il y a de quoi faire quelque soit le type de sonorités recherchées. La simplicité du plug-in, ainsi que les backtracks générés dans l’application iOS, ou l’usage modéré du démixage de la version précédente du DAW, sont des outils parfaits pour travailler son jeu et sa mise en place.

Nouveaux plugins d’effets

Au chapitre des nouveaux effets, il est tout à fait possible d’utiliser ceux de Mustang et Rumble Native seuls sur toutes sortes de sources sonores, qui vont de la pédale de distorsion à la réverbération en passant par les effets de modulations divers et variés.

Voice FX dans Fender Studio Pro

Un plug-in assez singulier se rajoute à cette offre et s’intitule Vocal FX, et permet de charger au choix un effet parmi 6 proposés (Vocoder, délai, distorsion, filtres résonants etc.) dans une liste, avec un set de paramètres assez rudimentaire et une orientation comme son nom l’indique sur le traitement de la voix.

Bon, sur cet effet, je n’ai pas été très convaincu : on va dire que ça servira éventuellement d’effet spécial pour les podcasts, mais pas plus.

La nouvelle réverbe Studio Verb dans Fender Studio Pro

Plus intéressant, la nouvelle réverbération Studio Verb sonne plutôt bien, et semble toute droit sortie d’un rack des années 80 avec ses sliders verticaux et son esthétique graphique.

Un seul algorithme est disponible, mais le moteur sonore est très polyvalent grâce à ses contrôles classiques de decay, de taille, de filtrage, de modulation etc., et quelques originalités comme les paramètres de couleur, de distance, le contrôle de ping qui permet d’envoyer une impulsion au travers du plug-in, et quelques phénomènes amusants qui se produisent avec de l’automation sur le paramètre de size.

Mises à jour de SampleOne & Impact

Avec la version 8, PreSonus a également revu ses deux samplers intégrés, Impact et SampleOne. Sur le papier, il s’agit d’une évolution assez classique — quelques améliorations de synchronisation, des optimisations globales — mais en pratique, certaines nouveautés changent réellement la donne.

La première amélioration notable, c’est l’ajout de fade in et fade out directement sur les samples.

Dit comme ça, ça peut sembler anecdotique, mais dans un contexte de sound design ou même de production électronique, c’est un vrai gain de temps. Avant, il fallait souvent contourner le problème avec des enveloppes ou du montage audio. Ici, l’outil devient enfin plus direct, plus “musical” dans son utilisation.

Mais la vraie évolution se situe du côté de SampleOne, qui intègre désormais une matrice de modulation.

Jusqu’ici, le sampler faisait le job, sans plus — fonctionnel, mais limité dès qu’on voulait aller un peu loin.

Avec cette matrice, on peut maintenant router plusieurs sources vers différentes cibles, ce qui rapproche enfin SampleOne des standards modernes.

Surtout, PreSonus a eu la bonne idée d’ouvrir la modulation à des paramètres qui étaient jusque-là figés, notamment le sample start et le sample stop. Et ça, en pratique, c’est extrêmement puissant.

Pouvoir moduler aléatoirement le point de départ d’un sample permet de créer du mouvement, de la variation, presque “gratuitement”. Sur des textures, des field recordings ou même des loops, on obtient très rapidement quelque chose de beaucoup plus vivant.

Autres améliorations

Pour terminer ce tour d’horizon des nouveautés, précisons que Fender Studio Pro 8, précurseur sur l’ouverture vers l’extérieur avec la participation sur le format DAWProject et le support des plug-ins CLAP, est actuellement en version bêta sur Linux, ce qui ravira les producteurs de musique qui cherchent à s’éloigner de Windows et macOS.

On pourrait parler aussi du métronome qui dispose à présent d’un stock de boucles de batterie dans différents styles pour ne pas avoir à se contenter encore en 2026 de l’immuable clic avec variation de volume.

Métronome dans Fender Studio Pro

Enfin, le DAW cherche à intégrer de plus en plus d’éléments novateurs liés à des usages créatifs de l’intelligence artificielle, ce qui avait été déjà le cas dans la version 7 avec les algorithmes de démixage.

Cela continue encore aujourd’hui avec un nouvel algorithme de transformation de l’audio en MIDI, et surtout avec des évolutions de l’assistant pour les progressions d’accords.

Gestion des accords

Dans Studio One Pro 7, on disposait déjà d’une piste dite d’accords qui permettait de préciser dans l’arrangement la grille d’accords que le morceau est censé suivre.

Tous les outils disponibles dans la dernière version permettent d’aller de plus en plus loin dans la manipulation de ces données harmoniques, puisqu’il est possible aujourd’hui de reconnaître la liste des accords joués dans un clip audio ou MIDI, puis de les inscrire automatiquement dans cette piste spéciale, via une interface modernisée.

Un outil permet alors de recommander des accords à jouer ensuite en fonction de ce qui a été déjà joué, on peut rajouter des notes supplémentaires dans l’accord ou procéder à des inversions.

Et il est possible de modifier les accords existants pour transformer tous les clips MIDI ET Audio en suivant cette nouvelle recommandation, par exemple passer de mineur à majeur ou changer complètement de tonique, sur les pistes où la fonction est activée automatiquement.

De quoi inspirer en phase de composition, ou donner le tournis harmonique — au choix.

La vue Morceau, pour le mixage

Maintenant que l’on a vu en détail les nouveautés de cette version 8, prenons un instant (notamment si vous ne connaissez pas bien le DAW) pour nous pencher sur les fonctionnalités plus “traditionnelles” du logiciel, histoire de bien comprendre comment il fonctionne, en commençant par la vue morceau.

La vue morceau, c’est tout simplement la vue standard à laquelle on s’attend lorsque l’on parle d’un DAW.

C’est à partir de celle-ci que l’on fait son arrangement, que l’on enregistre les différentes pistes et que l’on fait son mixage.

La visualisation des pistes dans l'interface de Fender Studio Pro 8
Exemple de visualisation de pistes sur Fender Studio Pro

La gestion des pistes

Niveau interface, Fender Studio Pro 8 nous propose une expérience de grande qualité, avec un design très propre et moderne, légèrement actualisé comme à chaque montée de version — ce qui permet dès le début de se mettre en bonne condition pour travailler efficacement.

Bien sûr, on retrouve nos pistes audio et midi, nos groupes ou buss, nos lignes d’automation… ainsi que toutes les fonctionnalités standards nécessaires au mixage, mais aussi beaucoup d’options et de fonctionnalités visant à améliorer au maximum le workflow.

Remarque : si vous êtes un peu perdu(e) parmi la quantité de fonctionnalités disponibles dans Fender Studio Pro (parce que, c’est vrai, il y en a beaucoup), il est possible de customiser un peu l’affichage pour masquer au besoin toutes les fonctionnalités que vous n’utilisez pas. Très pratique pour les utilisateurs débutants, mais aussi pour les pros qui souhaitent gagner du temps.

Ainsi, l’édition dans Fender Studio Pro est particulièrement aisée, avec un grand nombre d’outils permettant de gérer à volonté vos pistes.

Je pense notamment à l’outil “Crayon”, qui permet aussi bien de tracer des lignes d’automation à main levée qu’en suivant des formes carrées, triangulaires, sinusoïdales…

Je pense aussi aux fonctionnalités de rappel du mix : vous pouvez en effet créer des “scènes” pour rappeler en un clic une version du mix. Un rappel qui plus est paramétrable, puisque vous pouvez par exemple ne rappeler que la visibilité, le volume ou le panning des pistes. Idéal pour mixer.

Notons aussi la possibilité pour les pistes d’être multi-couches — chaque couche étant générée à la volée lors des enregistrements successifs, ce qui permet notamment de faire du comping de différentes prises de façon très simple. Si vous enregistrez de la voix, c’est une fonctionnalité absolument indispensable

On appréciera aussi avoir la possibilité de gérer des enveloppes de gain directement au niveau des stems, ce qui facilite grandement le gain staging, les différents mode de gestion de la panoramique pour les pistes stéréo (Balance, Double et Binaural), ou encore la possibilité de travailler en Dolby Atmos qui intéressera sans aucun doute de nombreux pros.

Et puis, il y a aussi l’éditeur de partition simplifié intégré au niveau des pistes MIDI, basé sans doute sur le logiciel Notion anciennement édité par PreSonus.

Pour moi, c’est vraiment très appréciable — surtout que cet éditeur fonctionne très bien : la prise en main est aisée, l’affichage des notes élégant, et les options suffisamment nombreuses bien qu’il s’agisse d’un moteur allégé.

Enfin, on notera également la présence d’une fonctionnalité “Paroles”, plutôt bien pensée.

En effet, au-delà d’ajouter simplement les paroles des chansons dans vos projets, elle vous permet :

  • de les afficher en ligne au-dessus de votre session de mixage ;
  • de les afficher en gros sur votre écran et de les voir défiler en fonction du morceau, avec une coloration adéquate en mode karaoke (pratique si vous vous enregistrez vous-même par exemple) ;
  • de les affecter à des notes MIDI et de les afficher sur les partitions que vous éditerez.

Des fonctionnalités pour la production musicale

Au fur et à mesure des montées versions, Fender Studio Pro s’est étoffé en ce qui concerne ses fonctionnalités de production musicale.

En disant ça, je ne pense pas nécessairement aux instruments, dont on reparlera dans un instant, mais plutôt à un certain nombre d’outils qui facilitent la création musicale.

Accords & Transposition

Par exemple, comme indiqué plus haut, il est possible de créer une piste d’accords, qui permet d’un coup d’œil de voir les changements d’harmonie d’un morceau.

En fonction des réglages appliqués, vous pouvez d’ailleurs transposer certaines pistes ou même tout votre morceau, aussi bien en ce qui concerne les pistes MIDI que les pistes audio : ça prend un seul clic en bas de l’écran sur le réglage “transpose”, et vous pouvez entendre votre morceau 1 ton au-dessus, ou 3 demi-tons en-dessous, si vous le souhaitez.

(et notons le : la transposition de l’audio est de bonne qualité tant que vous restez sur des transpositions raisonnables)

Arrangement

Vous pouvez également créer une piste d’arrangement pour structurer votre morceau, et indiquer “telle partie correspond au couplet”, “telle partie correspond au refrain”, etc.

C’est vraiment très pratique, car d’une part cela permet visuellement de se repérer dans le morceau, mais également vous pouvez facilement déplacer, supprimer, ou dupliquer n’importe quelle partie.

Pour composer des morceaux, c’est idéal, et ça ouvre le chemin à de nombreuses expérimentations.

Séparation de stems

Séparation des Stems dans Fender Studio Pro

Depuis la version 7 du DAW, de façon intégrée directement au logiciel, il est possible de séparer une piste audio en plusieurs stems :

  • Voix & choeurs ;
  • Batterie ;
  • Basse ;
  • et le reste.

C’était une fonctionnalité très demandée car de plus en plus utilisée par les producteurs, notamment dans la musique électronique.

A l’utilisation, ça fonctionne correctement mais ce n’est pas parfait : oui on peut extraire les différentes pistes comme indiqué, et oui c’est avec une qualité quand même assez utilisable si on remixe les pistes derrière ou si on souhaite simplement analyser la composition d’un morceau.

Mais j’espère que les algorithmes seront boostés dans une prochaine version, car la concurrence sur le marché du stem splitting propose à date des choses plus performantes (exemple : moins de réverbe sur l’extraction de voix).

Intégration Splice

Depuis la version 7 également, un panneau latéral dédié permet de naviguer directement parmi les samples disponibles sur la plateforme, sans avoir besoin d’ouvrir un navigateur externe ou d’utiliser une application séparée.

L'intégration Splice dans Fender Studio Pro 8

Si vous possédez un compte Splice, vous avez accès à toute la bibliothèque de samples directement dans Fender Studio Pro, et vous pouvez les importer dans votre session via un simple glisser/déposer.

Mais même sans abonnement actif, Fender Studio Pro 8 inclut des stems gratuits exclusifs.

L’interface offre de nombreuses options de filtrage pour affiner rapidement votre recherche, que ce soit par instrument, BPM, tonalité ou style musical. De plus, les samples peuvent être transposés automatiquement pour s’adapter au morceau en cours.

Une fonctionnalité particulièrement amusante est la possibilité de glisser-déposer un sample dans l’interface pour que Fender Studio Pro analyse son contenu et suggère des stems similaires. J’ai trouvé cette option très pratique pour explorer rapidement des variations d’un son et construire une atmosphère cohérente sans perdre de temps.

Grâce à cette intégration, l’accès aux ressources Splice devient ultra fluide et naturel, ce qui facilite grandement le sound design et l’inspiration rapide lors de la composition (si bien sûr vous aimez utilisez Splice pour vos compositions, mais là j’enfonce les portes ouvertes…).

Launcher

Pendant des années, la communauté des utilisateurs de Fender Studio Pro a réclamé un mode de lancement de clips inspiré d’Ableton Live.

Depuis la version 7 du DAW, une nouvelle vue permettant de construire et tester des arrangements en temps réel à partir d’une grille de loops audio et MIDI :

Fender Studio Pro

L’interface reste relativement simple et efficace pour cette première version : on peut enregistrer ou importer des clips directement dans les cellules, ajuster leur durée, et les utiliser pour structurer un morceau de manière plus dynamique

Le Launcher est également intégré à la fenêtre d’arrangement, ce qui permet de jongler facilement entre les deux modes sans perdre de vue la structure globale du projet.

À noter aussi la possibilité de définir le comportement des boucles : elles peuvent se relancer automatiquement ou s’arrêter après une lecture selon les besoins.

Enfin, autre point intéressant : certains contrôleurs MIDI sont déjà compatibles avec cette nouvelle fonctionnalité, ce qui facilite l’utilisation en live ou en performance en studio (notamment les Novation Launchpad mini mk3, Launchpad X, et Launchpad Pro mk3)

Aujourd’hui toutefois, je n’ai pas constaté beaucoup de mises à jour sur cette fonctionnalité de Launcher : sur le papier elle est prometteuse, mais à l’utilisation on aimerait qu’elle aille plus loin, sans nécessairement cloner Ableton Live.

La console de mixage

Comme tout DAW qui se respecte, Fender Studio Pro propose une console de mixage qui reprend l’ensemble des pistes ou groupes, et donne accès aux différents faders de volume.

Plus précisément, pour chaque canal, on retrouve :

  • des icônes de canal ;
  • le réglage de gain d’entrée ;
  • un bouton d’inversion de phase ;
  • les effets d’insert et les départs vers les pistes send ;
  • la gestion des retours ;
  • les choix d’entrées/sorties ;
  • les indispensables boutons Mute, Solo ou Record
  • les groupes et VCA (ces derniers permettant de gérer de façon synchronisée les faders de volume de plusieurs pistes) ;
  • et un encart Mémo permettant de mettre quelques lignes de texte.
Console du Fender Studio Pro 8
Un mixage en cours

A l’utilisation, cette console est extrêmement bien construite : de nombreuses fonctionnalités et réglages permettent de customiser de façon assez poussée l’expérience utilisateur : options de coloration des pistes, affichage ou non de telle ou telle information…

Autrement dit, peu importe votre façon de travailler, Fender Studio Pro devrait s’y adapter sans problème.

Notons au passage la présence depuis la version 5 de Studio One d’un “Listen Bus”, qui est une piste similaire au Buss Master mais sur laquelle vous pouvez ajouter des effets qui ne seront pas pris en compte lors de l’export des pistes. Typiquement, des outils de correction d’écoute comme Sonarworks SoundID ou comme Slate Digital VSX.

Pratique : grâce à ça, il n’y a plus de risque d’exporter un mix avec encore ce type d’effets dessus !

Les plugins d’effets

Fender Studio Pro 8 est livré avec véritablement tous les effets nécessaires pour pouvoir aborder le mixage, et même s’ils ne sont pas tous parfaits (du moins à mon goût), on est quand même sur des plugins corrects que vous pourrez utiliser pour mixer vos morceaux.

On retrouve en effet aussi bien :

  • des effets standards, comme tout ce qui est égaliseur, compresseur ou réverbe ;
  • des utilitaires très pratiques pour gérer la panoramique ou pour analyser le spectre de fréquences ;
  • ou des effets créatifs : delay analogique, tap delay, saturation (avec de nombreux modes et couleurs différents), réverbe à convolution…

Tous sont plutôt faciles à utiliser grâce à un design et une interface intuitive, et généralement avec toutes les fonctionnalités qui vont bien. Par exemple, tous les plugins d’effets dynamiques disposent d’une entrée sidechain.

Le Pro EQ 3, un égaliseur sympathique
Pro EQ 3

Depuis la version 6 de Studio One en particulier, une nouvelle version de l’égaliseur (Pro EQ 3) a été implémentée, et pour moi c’est le meilleur plugin du DAW : au-delà de vous donner la possibilité d’égaliser de façon classique vos pistes, vous avez désormais un égaliseur dynamique intégré pour la plupart des bandes et surtout un mode “solo” pour écouter le son d’une bande de fréquences.

Pas encore de quoi faire de l’ombre au fameux Pro-Q de FabFilter qui lui-même est passé récemment en version 4 avec du traitement spectral, mais par contre largement assez performant pour être utilisé à la place si vous ne l’avez pas. Ce qui me semble idéal pour les débutants qui s’intéresseraient à Fender Studio Pro.

Après, sur certains des autres effets, je suis plus partagé : certains comme le Vocoder, le compresseur, la réverbe à convolution ou le chorus me semblent très utilisables — mais par contre le delay est beaucoup moins efficace.

La nouvelle réverbe, dont nous avons parlé tout à l’heure, est d’ailleurs la bienvenue car pour le coup elle sonne bien !

Les plugins d’instruments

Même constat pour les plugins d’instruments : il y a des sons sympathiques, complètement utilisables, et les synthés intégrés sont sympas pour faire des démos, mais je trouve qu’ils peuvent parfois manquer de caractère et de profondeur pour que je sois réellement convaincu.

Le plugin Impact est par contre très sympathique (et ressort du lot je trouve) pour déclencher des samples de percussions.

Dans tous les cas, à titre personnel, je n’attends pas d’un DAW qu’il soit vraiment performant d’un point de vue instruments : j’ai déjà mes plugins favoris chez des éditeurs tiers, j’ai déjà mes synthés… et du coup je préfère que la marque se concentre sur les fonctionnalités de création, de composition et de mixage plutôt que sur la création d’instruments.

La vue Projet, pour le mastering

Fender Studio Pro n’est toutefois pas juste un DAW permettant de faire de la production musicale et du mixage : avec la vue Projet, vous pouvez en effet aborder de façon professionnelle le mastering d’albums complets ou de pistes individuelles.

Mastering sur Fender Studio Pro

Le fonctionnement est assez simple, puisqu’il suffit d’importer vos différentes pistes puis de les organiser sur la timeline en bas de l’interface pour pouvoir commencer à masteriser.

Pour aider le travail, Fender Studio Pro fournit avant tout différentes visualisations très utiles et suffisamment paramétrables pour répondre à une grande partie des besoins d’analyse que l’on peut avoir lors du mastering.

En tous cas, c’est ce que moi-même j’utilise pour masteriser dans un contexte professionnel, alors je peux sans aucun doute affirmer que pour les home studios, c’est plus que suffisant.

(D’ailleurs, c’est aussi avec ce mode Projet que j’ai construit ma formation sur le mastering…)

On retrouve en effet un spectre de fréquences avec différents modes d’analyse, un sonomètre avec différentes échelles (peak/RMS, K-System et bien sûr LUFS selon la norme EBU R128), un goniomètre pour visualiser l’image stéréo, la possibilité d’ajouter les codes EAN/UPC ou ISRC…

Et bien sûr, il est possible d’ajouter à volonté des plugins pour pouvoir traiter l’audio et le finaliser proprement.

On notera par contre la complexité d’utilisation du hardware avec ce mode, car il est impossible à date de mettre le même compresseur analogique sur plusieurs pistes sans qu’il y ait de phénomène de feedback… espérons que ça soit corrigé rapidement pour les utilisateurs pros.

Depuis la version 5.5, Fender Studio Pro intègre également la possibilité d’ajouter des courbes d’automation pour les effets et des enveloppes de gain dans ce mode projet, ce qui est très appréciable même si la maniabilité pourrait être améliorée (lorsque l’on fait des ajustements très précis de ±0.5 dB notamment).

Enfin, une fois le mastering terminé, différentes fonctions d’exports vous permettent de préparer votre master pour une distribution sur support numérique ou physique — avec notamment une option d’export DDP, ce qui est indispensable si vous souhaitez faire presser vos CDs.

La vue Show, pour le live

Il nous reste un sujet à aborder : la vue Show.

Intégrée en version 5, elle a permis à Studio One (maintenant Fender Studio Pro donc) de se positionner de façon plus concrète sur l’utilisation dans un contexte de concert ou d’évènement.

Mais de quoi s’agit-il ?

Tout simplement, créer un “Show”, c’est créer une session qui va vous aider à structurer votre performance live.

Je m’explique.

Tout d’abord, il convient d’ajouter des “Exécutants”. Un Exécutant, ça peut être une piste d’accompagnement, un instrument réel ou un instrument virtuel. On configure bien sûr chaque exécutant comme on le ferait avec des pistes, en choisissant les entrées/sorties correspondantes si applicable.

L’intérêt de tout ça, c’est que vous pouvez ajouter plusieurs morceaux à la suite, avec des exécutants différents ou non.

Par exemple, vous pouvez dire :

  • sur le premier morceau de mon concert, j’aurai une piste d’accompagnement et un instrument virtuel car je vais jouer avec mon clavier MIDI et un VSTi ;
  • sur le deuxième morceau, j’aurai une autre piste d’accompagnement et par contre un instrument réel car je vais jouer sur ma guitare ;
  • sur le troisième morceau, j’aurai une piste d’accompagnement et je jouerai à nouveau sur mon clavier MIDI.

Et ça ressemblera alors à ceci :

Mode Show dans Studio One 6

Bien sûr, il est possible de réorganiser en un ou deux clics l’ordre des morceaux dans la setlist du concert, mais aussi de gérer des “Patchs” pour qu’un même exécutant joue des sons différents suivant les morceaux. Par exemple, en ajoutant de la réverbe à votre guitare uniquement sur l’un des morceaux de votre setlist.

Mais ce n’est pas tout ! 🙂

Une fois que vous avez paramétré votre setlist et vos exécutants, vous pouvez aller beaucoup plus loin puisque le mode Show de Fender Studio Pro vous donne accès à différentes commandes que vous pouvez afficher en plein écran durant votre live.

Chaque commande peut de plus se voir affecté n’importe quel réglage : quantité de réverbe, niveau de volume, activation ou non d’un effet, etc.

In fine, une fois le paramétrage effectué, vous pouvez tout gérer de façon simple et visuelle, durant votre concert, via un panneau dédié.

A l’utilisation, ce mode Show me semble donc être plutôt bien pensé, mais depuis son implémentation il n’y a pas eu de mise à jour réellement poussée de ces fonctionnalités.

Donc en l’état, bien que ça puisse complètement être utile pour de petits sets, il manque quand même des options et des outils pour en tirer quelque chose de complètement utilisable sur des concerts complexes.

En conclusion

Fender Studio Pro 8 n’est pas une révolution, ni même un changement de direction pour le DAW que nous connaissons depuis des années.

Il s’agit simplement du résultat de l’évolution constante du logiciel, avec un peu de mutualisation des compétences côté Fender.

Le workflow général ne change pas, il s’affine plutôt de manière appréciable, notamment grâce aux nouvelles vues par piste ou globales, et demeure toujours aussi agréable à utiliser, sans changer les habitudes des aficionados des versions précédentes.

Ses nouveautés notables sont évidemment bienvenues, que ce soit le portage des simulations d’amplificateurs et l’intégration des sessions dans l’application Fender Studio, les nouveaux effets qui complètent l’offre “stock” de plug-ins (avec un très bon point pour la nouvelle réverbération), les améliorations des instruments sampler ou de la partie accords.

Vous aurez remarqué aussi une volonté de développer encore plus loin tout un écosystème hardware autour du DAW, que ce soit avec les mises à jour des interfaces audio qui bénéficieront notamment aux guitaristes, ou la sortie de leurs contrôleurs dédiés Motion, qui ressemblent à une synthèse de propositions de chez Akai, Novation ou encore Ableton. Ces signaux montrent l’intérêt porté par les acquéreurs de PreSonus à l’évolution de Studio One Pro, en tant que DAW généraliste.

Donc, comme pour la version précédente, ce nouveau cru nous semble être un logiciel de confiance, aussi bien dans un contexte home studio que studio professionnel, et il continuera à être utilisé de notre côté pour nos besoins en production et mastering !

A propos de l’auteur : Ivan Cohen est développeur de plugins en freelance, créateur de la marque Musical Entropy, spécialiste en simulations Virtual Analog. Il est passionné de grosses guitares saturées et de basses acides, et joueur de flûte à coulisse dans ses heures perdues.

Commentaires (2)

Laisser un commentaire

fabien / Répondre

bonjour.
Désolé de te déranger pour un question aussi trivial, mais j’utilise studio pro et je souhaite changer mon moniteur qui à plus de 15 ans. Je m’inquiète que tout devienne minuscule sur un moniteur 4K de 28 pouce. Est ce que studio pro le prend en compte, ou il va aussi me falloir de nouveaux yeux?
Je n’ai pas trouvé de réponse sur le Web.
merci d’avance
Encore merci pour ton travail

Adrien Administrateur / Membre / / Répondre

Hello,
Pour être sûr je te conseillerais de télécharger la démo, comme ça tu pourrais confirmer dans ta config exacte que tout est OK.
Ceci dit il y a un mode High DPI et un facteur d’agrandissement donc normalement tout devrait être ok

Laissez un commentaire

Nous respectons votre vie privée : votre adresse mail ne sera pas publiée.